Région d’Agadir : La station de dessalement de Chtouka opérationnelle en juillet 2021

Un investissement de 4 milliards de DH à travers un modèle de partenariat public-privé pour renforcer l’irrigation de la zone de Chtouka et couvrir l’alimentation en eau potable du Grand Agadir.

Vital ! Le méga-chantier de la future station de dessalement, en cours de réalisation dans la province de Chtouka, au niveau du douar de Douira, à une trentaine de km au Sud d’Agadir, est incontestablement un projet indispensable pour les besoins en irrigation de cette zone et ceux d’eau potable du Grand Agadir et ce, en raison du déficit hydrique enregistré au niveau de la région et la surexploitation de la nappe qui atteint un niveau inquiétant. D’après les données recueillies auprès de l’Office régional de mise en valeur (ORMVA) Souss Massa, le déficit est passé de 25 millions de m3 par an entre 1972 et 2000 à plus de 90 millions de m3 par an à fin 2014. D’où l’importance de ce projet, sans qui le risque d’une intrusion du biseau salin est imminent avec une menace de contamination de la nappe de manière irréversible. Sur le plan économique et social, ce projet est déterminant pour préserver les activités économiques implantées dans la région et le million d’emplois qu’elles génèrent.

Initié par le département de l’Agriculture à la demande des agriculteurs et de leurs associations, ce chantier d’envergure, premier du genre en Afrique, se veut ainsi un projet pour endiguer l’inexorable déficit hydrique et offrir une nouvelle alternative en matière de ressources en eau. Doté d’une enveloppe budgétaire de 4,4 milliards de DH, c’est aussi un modèle de partenariat public-privé et le fruit d’un processus de coopération entre le département de l’Agriculture et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable pour mutualiser les moyens fonciers et infrastructures.

Aujourd’hui, et après le lancement des travaux en juillet 2018, les ouvrages vont bon train. Le concessionnaire Aman El Baraka, filiale du groupe espagnol Abengoa, en charge de concevoir, construire et exploiter pendant 27 ans l’unité de dessalement, va mobiliser des sous-traitants pour les travaux de génie civil, de terrassement, la mise en place du matériel technique pour le dessalement et la réalisation des travaux marins pour la prise des eaux salées et les rejets de saumure. Sur le plan technique, les responsables du dossier à l’ORMVA Souss Massa précisent que «le projet consistera en la mise en place des meilleurs procédés, technologies (technologie d’osmose inverse) et équipements existants actuellement dans le domaine du dessalement de l’eau de mer et de la distribution de l’eau». Dans un communiqué relatif au chantier, ils indiquent que le projet comprend la réalisation de plusieurs ouvrages. Il s’agit de deux prises dans l’océan qui amèneront l’eau de mer dans un bassin de captage, à partir duquel elle sera pompée, après pré-traitement, vers la station de dessalement. Il est aussi programmé un réseau de conduites enterrées avec ouvrage annexe pour l’irrigation de 15000 ha au niveau du périmètre Chtouka. Dans le détail, en matière d’irrigation, les infrastructures au programme sont constituées de réseaux de distribution principale et secondaire qui totaliseront 479 km de conduites enterrées. Ces réseaux desserviront environ 1270 bornes d’irrigation par parcelle. En outre, l’implantation de cinq stations de pompage placées le long du réseau afin d’assurer une pression suffisante en tout point de livraison d’eau, est aussi prévu. Pour l’heure, sur l’état d’avancement des ouvrages, les représentants de l’ORMVA Souss Massa avancent que le réseau de conduites interne de la station est réalisé entièrement. D’autre part, les travaux de terrassement de la station sont achevés à 90%. Les travaux marins ont démarré aussi en mai dernier et ceux concernant le réseau d’irrigation ont été lancés le 25 juin dernier, est-il indiqué.

La mise en service de l’unité de dessalement, prévue en juillet 2021, offrira dans la première phase 275 000 m3/jour à raison d’un débit de 150 000 m3/jour pour couvrir les besoins en eau potable, et un débit de 125 000 m3/jour pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. Ses installations permettront à terme une capacité totale de 400 000 m3/jour qui devrait être partagée équitablement entre l’agriculture et l’eau potable, est-il indiqué. La station de dessalement permettra de renforcer l’irrigation de la zone de Chtouka sur une superficie de 13 600 ha et le renforcement de l’alimentation en eau potable de la zone du Grand Agadir.

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