Agadir : une nouvelle zone industrielle en projet pour attirer des moteurs de croissance

Ce sera un parc industriel intégré, attenant à la future zone franche. La première tranche sera d’une consistance de 35 ha et devrait offrir à terme une soixantaine de lots.

Plan d’accélération industrielle (PAI), depuis le lancement de ce programme d’envergure en janvier 2018, sous l’impulsion royale, ce dossier, au cœur de toutes les réunions à Agadir, s’est transformé en du concret. Conscients de l’enjeu de ce chantier à l’échelle régionale, autorités locales et élus de la région suivent de près son évolution.

Parmi les grands chantiers du PAI, le projet de zone franche avance visiblement bien aujourd’hui. Les proches du dossier indiquent que la première tranche d’une consistance de 65 hectares est en cours d’aménagement. Suite à l’appel d’offres lancé en février dernier par la société mixte Parc Haliopolis, gérée par MedZ, filiale de CDG Développement. L’entité est le maître d’ouvrage du projet dont le coût de réalisation est estimé à plus de 110 MDH. C’est l’entreprise adjudicataire, la société des Grands travaux routiers (GTR), qui réalise ces travaux. Ils consistent en la réalisation de l’assainissement, l’eau potable et l’électricité ainsi que la voirie. Ceci sans oublier les travaux relatifs à l’éclairage public et au réseau téléphonique. Pour rappel, pour le développement de cette zone franche, une assiette foncière d’une superficie totale de 300 ha est soustraite du foncier de la nouvelle ville de Tagadirt, à 18 km d’Agadir, dans la commune de Drarga. La première tranche en question est attenante au Parc Haliopolis dédié à l’industrie de transformation des produits de la mer. Outre le projet de zone franche, les 11 projets d’investissement lancés dans les secteurs des matériaux de construction, de la plasturgie, des industries papier et carton et de l’offshoring sont aussi sur les rails. Trois d’entre eux sont aujourd’hui opérationnels et d’autres en cours de réalisation.

La pleine réussite de la déclinaison de ce plan régional d’accélération industrielle repose cependant sur une meilleure disponibilité du foncier dans la région. Et ce, pour drainer dans le Souss-Massa des investissements véritables moteurs de développement. Outre la zone industrielle de Oulad Teima, qui est mieux adaptée aux unités de transformation et valorisation des produits agricoles, une nouvelle zone est au programme. Selon une source proche du dossier, elle sera aménagée à proximité de la zone franche. Ce sera un parc industriel intégré. Sa première tranche sera de 35 ha, qui devrait offrir à terme une soixantaine de lots industriels, indique une source bien informée. En attendant, le PAI Souss-Massa se concrétise également à travers la réalisation d’un technopark et d’une cité d’innovation. Cette dernière sera opérationnelle en septembre 2019. L’inauguration du technopark est prévue en juillet 2020.

Pour rappel, la déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle compte au total huit écosystèmes prioritaires identifiés. Il s’agit de l’agro-industrie, la chimie et la construction navale, considérés comme des écosystèmes historiques, vecteurs de croissance pérenne. Cinq autres secteurs émergents ont été retenus. Il s’agit de l’offshoring, le cuir, l’automobile, les matériaux de construction et la plasturgie. Le tout est estimé à terme porteur à fin 2020 de 24100 emplois industriels. L’OFPPT (Office de la formation professionnelle et la promotion du travail) accompagne cette dynamique à travers le renforcement des formations. Les établissements de formation de l’office devraient satisfaire une grande partie des besoins en ressources humaines. Pour certaines filières cela pourrait atteindre un taux de 100%.

Conformément à la feuille de route de l’OFPPT présentée en avril dernier devant le Souverain, l’implantation dans la région d’une cité des métiers et des compétences est programmée pour accompagner la dynamique économique de Souss-Massa. Pour l’heure, une source bien informée avance que le terrain dédié à ce projet dans la périphérie d’Agadir est identifié. L’établissement sera implanté sur une superficie de 15 ha. Les études d’aménagements ne tarderont pas à commencer. Les premières filières de cet établissement devraient être opérationnelles en septembre 2021.

Sur le plan des infrastructures routières, le Schéma directeur d’aménagement urbain du Grand Agadir prévoit plusieurs voies de contournement. La voie prioritaire retenue est la voie Nord-Est qui va relier la zone de l’aéroport avec la station touristique de Taghazout, en passant près de la zone franche, de la zone universitaire, du stade et en desservant notamment le port d’Agadir. Brahim Hafidi, président du Conseil régional du Souss-Massa, indique à ce sujet que le montant total de cette infrastructure s’éléve à 1,25 milliard de DH. Le montage financier de la première tranche reliant l’aéroport au port est bouclé pour 770 MDH, précise-t-il.

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