Agadir : 160 MDH pour remettre à neuf le Souk Al Had

Trois équipes se relaient chaque jour à tous les postes du chantier pour réaliser au plus vite ce projet de rénovation et réhabilitation.

Gigantesque ! Une superficie de 11 hectares, plus de 50 000 visiteurs, 3000 points de vente, plus de 10000 emplois, le grand souk d’Agadir, communément appelé Souk Al Had, est incontestablement une véritable attraction commerciale et touristique dans la ville. Depuis plus de 18 mois, c’est aussi un des plus grands chantiers d’Agadir. L’intérêt économique, social, urbanistique, culturel et sécuritaire de ce projet de rénovation et de réhabilitation explique cette mise à niveau d’un coût de 160 MDH.

Poumon économique de toute une région avec une portée internationale, ce centre commercial nécessite véritablement cette mise à niveau, malgré de nombreux réaménagements par le passé, car il continuait à poser de sérieuses contraintes en matière d’organisation, de salubrité et de sécurité. D’où l’adhésion de plusieurs partenaires. Même le Conseil communal, dont une partie des membres avait remis en question le projet, s’est impliqué financièrement dans l’opération à travers 60 MDH. Les contributions des autres partenaires sont 20 MDH financés par le ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville et 40 MDH par le Conseil régional Souss Massa. La Société Al Omrane Souss Massa, maître d’ouvrage délégué du projet, contribue pour sa part à hauteur de 40 MDH. Au-delà de ces apports financiers, ce dossier bénéficie d’un suivi au continu et d’une implication toute particulière à toutes les étapes de Ahmed Hajji, wali de la région Souss Massa. La veille permanente sur ce chantier est de fait indispensable. Il faut faire vite et accélérer la cadence pour réaliser les étapes dans le temps. Pas facile dans une structure vivante en activité où se côtoient des milliers de personnes chaque jour. Mais l’adhésion des commerçants, grâce notamment à une communication permanente, contribue aussi à faire avancer ce chantier qui devrait être finalisé courant 2020.

Démarré en octobre 2017, le chantier se poursuit de manière cadencée, avance l’architecte Samira Saoudi en charge avec l’architecte Ali Arizi de la conception et du suivi de ce chantier d’envergure. Il s’agit globalement d’une réorganisation et une mise en valeur de l’espace. A partir du mois d’août c’est le plus gros marché de cette envergure qui sera mis en œuvre. Dans ce processus, ce sont plus de 14000 m² de faux plafond qui sont mis en place. La rénovation des portails, des terrasses et de la muraille continue. Avec ses 1025 mètres de long et ses six mètres de haut, cette enceinte s’élève comme celle des médinas et constitue un véritable hommage à nos murailles historiques.

Il est question également, dans le stade actuel de cette mise à niveau, d’agrandir et de rénover la mosquée implantée dans le complexe commercial. En attendant la réalisation de cette composante, une mosquée provisoire est au programme. Ce sera une structure de 1025 m² en profilé aluminium allemand qui nécessitera un budget de 2,5 millions de DH. Un investissement qui pourra être amplement amorti car l’équipement sera exploité par la suite pour l’organisation d’événements, une fois la mosquée du souk réaménagée, indique Samira Saoudi.

De fait, le projet, dans toutes ses composantes, s’inscrit dans une logique de développement durable. Il est question, en effet dans ce cadre, d’implanter des panneaux photovoltaïques de manière à assurer l’autonomie énergétique du complexe et permettre une économie d’échelle en matière de consommation énergétique. Ce sont ainsi 32000 m² de terrasses qui seront utilisés pour le système photovoltaïque. Toujours sur le plan écologique, il s’agit de mettre en place une gestion environnementale des déchets générés par le souk à travers le tri, la collecte et le recyclage.

Le projet se distingue également par la mise en place d’une charte architecturale dédiée au projet à travers laquelle est mis en valeur le patrimoine architectural du Sud avec l’utilisation des matériaux de la région et les techniques d’aménagements locales. Cette approche se concrétise notamment à travers les faux plafonds mis en place et le design architectural des portes qui met en exergue le savoir-faire des maîtres maâlems du Sud.

Une attention toute particulière a été aussi portée, dans cette mise à niveau, à la sécurité. C’est ainsi que les premiers ouvrages du chantier ont concerné les volets sécurité-incendie. Dans ce chantier d’envergure, la mise à niveau et la modernisation de la zone alimentation du Souk est tout aussi primordiale. Suite à une étude réalisée par le cabinet Mazars pour le compte de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole et en concertation avec l’ONSSA Agadir (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires), il a été décidé la mise en place d’un modèle d’unité d’abattage de proximité de volaille pour le consommateur. «Ce concept d’unité d’abattage est composé de cinq espaces allant de la réception à l’emballage et la livraison, en passant par la saignée, la plumaison, le nettoyage et le séchage ainsi que le stockage des volailles vivantes. C’est une alternative intéressante pour les commerçants de volailles en circuits-courts dans le respect d’hygiène sanitaire», explique l’architecte Samira Saoudi. La zone boucherie et les unités de restauration de poissons ainsi que l’oliverie feront aussi l’objet d’une réorganisation. Ils seront pourvus d’installations frigorifiques modernes. Le tout pour répondre aux normes de sécurité alimentaire. «L’espace de restauration de poissons sera conçue comme une halle populaire», souligne-t-elle.

Cette mise à niveau ne saurait être complète et efficiente sans un réaménagement de l‘environnement extérieur. Le cafouillis des parkings pas assez suffisants pour accueillir chaque jour l’affluence des visiteurs, la saleté et l’insalubrité des places extérieures ainsi que le commerce informel qui ne cesse de se développer aux alentours de ce grand souk entache véritablement son rôle touristique et urbanistique.

Des parkings sous-sols et un aménagement des places extérieures est au programme de la Commune urbaine. Espérons que la collectivité ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

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