Taghazout : Livraison de 2 800 lits entre fin 2019 et 2020

Un nombre de 2100 emplois directs créés à fin 2018. Les actifs touristiques généreront plus de 4 000 emplois directs.

A plus de quinze kilomètres d’Agadir, la station balnéaire de Taghazout ne cesse de se développer. 18 ans après le lancement du Plan Azur en 2001, on peut dire que c’est un des chantiers de cette feuille de route, qui est en passe de se concrétiser entièrement. Après les événements à rebondissements qui ont marqué par le passé l’histoire de ce site, à travers le désistement de deux groupes d’aménageurs étrangers, Dallah Al Baraka et Colony Capital, la reprise de ce dossier en 2011 par l’Etat à travers la CDG, la SMIT, Ithmar Capital (ancien FMDT) est aujourd’hui, une opération qui porte ses fruits.

Sur le terrain, le challenge est en voie d’être relevé, à travers le bras armé de cette aventure, la Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout (SAPST). Rappelons que les différents actionnaires de cette entité sont la CDG qui détient 45% du capital, Ithmar et Sud Partners/Akwa Group qui détiennent chacun une part de 25%, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) dispose de 5% du capital. La réunion et l’implication de ces grosses pointures marocaines a réussi à attirer dans ce projet, d’une assiette foncière de 650 hectares, des enseignes de renom. Depuis 2015, une unité hôtelière sous l’enseigne Hyatt place, d’une capacité de 300 lits, est en activité. En 2016, un hôtel Sol Melia sous l’enseigne Melia Sol House a ouvert ses portes, offrant une capacité de 180 lits. Ceci, sans oublier un golf de 18 trous et un club House opérationnels. A l’heure actuelle, près de 2800 lits touristiques sont en cours de réalisation et devraient être livrés entre fin 2019 et 2020. A fin 2019, ce sont les hôtels RIU Tikida Palace Taghazout, Hyatt Regency, Hilton et Fairmont, tous de catégorie cinq étoiles, qui rentreront en activité. L’ouverture des hôtels Sentido (Pickalbatros) et Mariott est annoncée pour 2020. Des enseignes de prestige qui vont générer des milliers d’emplois. Le Comité local de suivi fait état de 2100 emplois directs à fin 2018. Les actifs touristiques créeront plus de 4000 emplois directs en régime de croisière. A terme, le projet dans sa globalité devrait générer au total près de 20000 emplois directs et indirects. La composante animation contribuera aussi à cette création d’emplois. D’ici 2020, une série de structures d’animation sportive (beach club, académie de tennis, académie de golf, académie de foot et parc d’aventure) et culturelle (Centre d’Argan) viendront renforcer l’expérience touristique proposée par la station.

Dans sa conception, cette station se veut une destination inclusive de son environnement, socialement et éco-responsable. A ce sujet, la station de Taghazout a obtenu plusieurs certifications environnementales et de développement durable, que ce soit pour les volets développement, construction ou exploitation. Sur le plan social, cette orientation se traduit par la mise à niveau et la restructuration des zones limitrophes. «Il s’agit d’assurer un développement harmonieux et intégré de toute une zone», expliquent les représentants de la SMIT. C’est ainsi que la SAPST a été chargée de cette opération qui concerne le village de Taghazout et celui de Tamraght, deux localités attenantes à la station de Taghazout. «Les actionnaires de la station apportent, en plus de l’investissement dans ces zones de connexion et de leur expertise, une enveloppe de 20 millions de DH pour accélérer la réalisation d’un certain nombre d’équipements, notamment un centre socioculturel, des terrains de sports, un centre de formation avec bureau d’information touristique, une maison de la jeunesse et un club des femmes. Les actionnaires ont aussi participé au financement d’une station d’épuration des eaux usées d’Aourir et de la station de Taghazout qui est déjà opérationnelle», précisent les responsables de la SMIT.

Sur le plan infrastructures de désenclavement, le chantier de la rocade financé, à parts égales, par la Direction des routes et la SMIT est également engagé. Cette rocade, qui a vu le jour en 2017, ouverte au public en 2018, a nécessité plus de 190 millions de DH.

Les communes de la localité, premières collectivités bénéficiaires du développement de Taghazout, à travers davantage de taxes locales, devraient pour leur part prendre en charge dans le cadre d’un partenariat le développement des équipements publics.

Aujourd’hui, l’aide des autorités locales et des élus de la région sont aussi un ingrédient d’une grande importance qui permet de mener à bien ce chantier de grande envergure et de nature à booster la région Souss Massa. Pour le tissu économique de la région, la gouvernance locale des communes de Taghazout est appelée à se mettre au diapason des ambitions de cette nouvelle station, qui va devenir une vitrine de toute une région à l’échelle nationale comme au niveau international.

A quoi ressemblera le projet touristique de la future station balnéaire d’Aghroud, à 30 km d’Agadir. C’est à cette question que répondra une étude lancée par la SMIT en mai dernier pour être finalisée en septembre prochain. Ce travail qui devra aboutir à un master plan, a été confié au groupement Atel Paysage International (Atel Pii) et Clé-Millet International architectes. «Ce sont des agences spécialisées en ingénierie touristique, en conception et master planning de resorts touristiques, parcs hôteliers, espaces aqualudiques, parcs d’attractions thématiques. Elles sont aussi expertes en architecture du paysage et en urbanisme de planification avec une approche axée sur l’aménagement durable», précise une note de la SMIT sur le dossier. Pour Imad Barrakad, DG de l’établissement, «le projet d’Aghroud devra s’inscrire dans la nouvelle tendance de tourisme basée sur le concept expérientiel qui vise à se différencier par son originalité. La nature, l’héritage, la culture et le développement durable qui constituent des atouts du site permettent de satisfaire les intérêts changeants du touriste, et d’intégrer le projet dans cette dimension».
L’aménagement de cette future station, d’une assiette foncière de 594 hectares, devrait se faire d’une manière progressive avec l’adoption de plusieurs phases de développement. Il s’agit de «suivre le niveau de croissance de la maturité de la destination Agadir», est-il indiqué.

 

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