Tourisme : Entretien avec Rachid Dahmaz, Président du Conseil régional du tourisme Souss-Massa

Dans cet entretien, Rachid Dahmaz revient sur les priorités de son mandat. Aérien, mise à niveau du parc, promotion… Il explique sa vision.

Vous avez dévoilé récemment votre plan d’action. Où en est sa mise en œuvre aujourd’hui ?
Depuis la présentation de notre feuille de route aux bailleurs de fonds et aux partenaires en avril dernier, nous avons enchaîné les réunions avec les principaux intervenants concernés. Aujourd’hui, je peux dire que nous avons l’adhésion de tous. La mise en place de kiosques d’information en partenariat avec la société de développement régional en charge du tourisme, est le premier chantier au programme. Le plus grand sera implanté sur la promenade du front de mer. Dans cette démarche nous comptons aussi ouvrir le siège du CRT (ndlr : Conseil régional du tourisme Souss Massa) en y implantant un bureau d’information et d’accueil pour le tourisme. Nous travaillons aussi sur un cahier des charges dédié à l’organisation des animations. Un des intérêts de l’action est d’avoir un calendrier précis des évènements organisés dans la région pour mieux le communiquer auprès des voyagistes et tour-opérateurs.

Quid de la mise à niveau de la ville ?
Nous estimons sur ce plan que le point noir, c’est l’amélioration de la propreté de la station balnéaire. Dans ce cadre, nous relevons qu’Agadir est la seule ville à n’avoir pas délégué son nettoyage. A mon avis, c’est, aujourd’hui, une approche incontournable pour le nettoyage de la ville. Nous avons donc, en accord avec les hôteliers et les collectivités membres du CRT, décidé de mettre en œuvre un projet pilote dans le secteur balnéaire qui consistera en la délégation du nettoyage à une PME spécialisée. L’opération devrait se faire avec la contribution des entreprises touristiques du secteur balnéaire. Elle devrait être une étape dans la délégation de la propreté des autres quartiers de la ville à plusieurs entreprises. Il s’agit ainsi de créer une émulation entre les quartiers en y associant les habitants.

A en croire les chiffres communiqués, l’activité de la destination est en croissance. Mais cela reste sans véritables retombées sur l’économie de la ville. Qu’en pensez-vous ?
Agadir est très en retard en termes d’attractivité et de compétitivité par rapport à l’offre concurrentielle touristique abondante en Méditerranée. D’où le rétrécissement de la part de marché de la station balnéaire. Dans ce contexte, les marges des entreprises touristiques de la destination ont chuté, comparativement aux belles années du tourisme gadiri. Il y a donc aujourd’hui beaucoup à faire pour susciter la demande du produit Agadir et éviter que la ville n’attire que des touristes à budget limité. Une ville propre, attractive, accueillante, animée, sécurisée, sans oublier une capacité hôtelière suffisante et entièrement aux normes…, les actions à mener sont multiples et le développement repose sur la synergie de tous les intervenants concernés par l’activité touristique. Et le citoyen n’est pas en reste dans cet effort d’améliorer le produit à travers un comportement civique soucieux de son environnement. Nous envisageons d’ailleurs de lancer bientôt une campagne de sensibilisation à travers la ville pour participer à la propreté de la station

La mise à niveau du parc hôtelier était au centre des discussions lors d’une récente rencontre entre la tutelle et les professionnels. Où en est ce dossier ?
Rien n’est encore précisé jusqu’à présent. Tout ce qui est sûr pour le moment c’est qu’un fonds de soutien va être mis en place. Les mécanismes et tout ce qui a trait à cette opération restent encore à fixer et cela fait l’objet de réunions entre institutionnels, élus de la région et la profession. A mon humble avis, la rénovation des hôtels vétustes de la station nécessite un effort financier mais pas seulement. II est important que les établissements concernés soient aussi accompagnés par des experts en gestion. A travers le monde les professionnels marocains du tourisme sont nombreux et disposent de qualifications qu’ils sont prêts, j’en suis sûr, de mettre à profit du développement de notre industrie touristique. Le temps de les remettre sur les rails et les positionner, il est important que ces unités soient confiées à des sociétés de gestion marocaines accompagnées d’un comité de suivi réunissant à la fois l’Etat, les banques finançant l’opération et les compétences en charge de la gestion.

Le volet aérien est également une de vos préoccupations. Que comptez-vous faire sur ce plan ?
C’est en fait le point névralgique de la situation actuelle de l’activité touristique de la destination. Sans sièges d’avion, un lit est quasi insignifiant. A travers un effort colossal de la part de la Région, nous avons voulu accompagner le développement du tourisme, notamment national, qui constitue aujourd’hui une part conséquente du marché touristique d’Agadir. Mais la compagnie nationale ne répond pas vraiment à nos attentes. Le type d’appareils et les plages horaires retenus ne favorisent pas Agadir. Il serait donc bon de revoir la convention entre nous et la RAM pour renégocier une desserte plus efficiente. Nous attendons encore aussi de la compagnie qu’elle nous accompagne dans le développement de nos marchés internationaux. Concernant ce volet, il est sûr que si nous voulons aller de l’avant, il est aussi important de multiplier les accords co-marketing avec les TO et subventionner des sièges d’avion.

Quelle démarche pour une promotion efficiente avec des moyens limités ?
C’est en fait notre mission première. Nous comptons notamment miser encore plus sur le digital pour mieux communiquer sur la destination. Les défis à relever sont énormes sur tous les plans, mais pas insurmontables. Nous restons optimistes.