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Archives 1996 : G14, une «squadra» de cerveaux

Il y a 30 ans, l’instauration d’un groupe de réflexion auprès de S.M. le Roi était un acte novateur. Mais il s’agissait d’une structure qui n’en concurrençait aucune autre. Il reste les interprétations politiques.

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Un groupe de réflexion de 14 personnes a été institué auprès de Sa Majesté.

Il ne s’agit pas d’un gouvernement de l’ombre, mais d’une structure destinée à constituer une force de proposition à l’usage exclusif de S.M. le Roi. Ces personnes représentent le Maroc de demain, jeunes, compétentes, irréprochables sur le plan de l’éthique, elles ont en commun une vision moderniste du devenir du pays. La société civile ne peut qu’y voir un encouragement.

Ainsi, lundi 1er avril, S.M. le Roi a nommé ce groupe de réflexion composé de 14 personnes. Au menu pour cette nouvelle structure : l’élaboration d’une stratégie de croissance et la réponse à apporter aux échéances à court terme. Cet énoncé et la composition du groupe ont vite fait fuser le commentaire : «C’est un gouvernement shadow».

Pourtant, le communiqué officiel le précise bien : «Ce groupe s’identifie à la démarche d’un “think tank” et n’interférera d’aucune façon avec les instances gouvernementales ou autres».

La démarche est novatrice : il ne s’agit ni de nouveaux conseillers du Souverain ni d’une structure législative et encore moins exécutive. Les 14 personnes ont été nommées et chargées de mission auprès de S.M. le Roi, sans rémunération, précise le communiqué. La transparence a été poussée jusqu’à expliquer les critères de leur choix : homogénéité des formations, complémentarité des profils, même approche des problèmes, etc.

Tenus à la confidentialité
Les intéressés ont aussi la même approche de leur nouvelle mission. «Il s’agit de réfléchir, à la demande de Sa Majesté, sur des problèmes spécifiques ou plus généraux, et de faire des propositions.»

Quels genres de dossiers auront-ils à étudier ? Les réponses se font plus évasives : «L’élaboration d’une stratégie de croissance, c’est très large», ou plus sèchement: «Tout ce que nous demandera Sa Majesté».

On n’en saura pas plus : ils sont tenus à la confidentialité. Le communiqué spécifiait pourtant que leur groupe était créé pour «contribuer au débat en cours». Mais ils ne pensent pas le faire de manière ostensible. Quant au mode de fonctionnement, «il sera collégial, mais nul n’en dit plus.»

Une reconnaissance pour la société civile
Il ne faut pas compter non plus sur les intéressés pour se lancer dans des extrapolations. «Ce groupe est une structure qui n’en concurrence aucune autre». Point. Mais ils concèdent que le fait que la génération des 35-45 ans soit ultra-majoritaire et que deux femmes en fassent partie n’est pas fortuit.

Et les signaux ne se limitent pas à ces deux constatations. Les parcours individuels sont trop évidents pour penser que la sélection est due au hasard.
On retrouve dans ce groupe des hommes et des femmes clairement attachés à la modernisation du pays.

Ils sont tous issus de la société civile, et celle-ci devrait y voir une forme de reconnaissance. Gouvernement et partis ne sont pas visés par la création de ce groupe.

Il ne s’agit nullement d’un désaveu de leurs capacités. C’est du moins ce qu’on assure de «source généralement bien informée». Mais si l’existence d’une telle cellule les incitait à une réflexion plus profonde… personne ne s’en plaindrait.
J.B.

Les membres du groupe de réflexion
• Mourad Chérif
• Abdeslam Ahizoune
• Mohamed Hassad
• Driss Benhima
• Adil Douiri
• Mostafa Terrab
• Saâd Bendidi
• Aziz Akhennouch
• Omar Slaoui
• Ahmed Ghazali
• Aïcha Benamour Bennis
• Saâdia Belmir
• Hassan Ben Abderrazik
• Mohamed Bijaad

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