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Abdelaziz Bendou : «Fédérer toutes les initiatives de recherche liées à l’eau»
Comment fonctionne l’Institut national thématique de recherche en eau, tout récemment créé ? Quels seront son premier budget et son plan d’action de démarrage ? Le président de l’université Ibn Zohr et vice-président de l’INTR-Eau dévoile les contours de ce nouvel établissement.
La création de cet institut entièrement dédié à l’eau s’inscrit dans la vision Royale qui met en exergue l’effort que l’État doit faire sur la question de l’eau.
Il s’agit de fédérer tous les intervenants liés au chantier de l’eau pour trouver des solutions innovantes pour sa valorisation, son épuration, son traitement et son utilisation rationnelle. Abdelaziz Bendou nous en dit plus.
Concrètement, comment fonctionnera cet institut ?
L’établissement est constitué sous forme de groupement d’intérêt public qui réunit 23 partenaires multidimensionnels et multidisciplinaires. La gestion sera ainsi participative.
Le choix des axes de recherche et des équipements sera arrêté dans le cadre du GIP. Une équipe d’enseignants-chercheurs et une autre d’administrateurs seront dédiées à cet institut. Des postes budgétaires seront ainsi créés et un budget de fonctionnement sera alloué à la structure.
Quels sont les partenaires de cette structure ?
L’INTR-Eau réunit dans son tour de table le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Équipement, le département ministériel en charge du Budget, ainsi que douze universités publiques, des instituts spécialisés et d’autres établissements institutionnels.
La structure compte également parmi ses membres Bank Of Africa. En outre, l’institut va regrouper des enseignants-chercheurs et des étudiants doctorants de l’ensemble du Royaume travaillant sur la problématique de l’eau. Ce sera donc une plateforme dont le nœud central est Agadir. Ainsi, l’INTR-Eau est désormais une composante de l’université Ibn Zohr.
Quel sera le budget de démarrage de l’INTR-Eau ?
Une enveloppe de 20 millions de dirhams a été accordée comme première dotation dédiée à l’investissement.
Dix postes budgétaires sont aussi consentis. Maintenant, le ministère de l’Enseignement supérieur comme les autres partenaires sont tous d’accord sur une exécution rapide du programme de l’institut, suite à la sonnette d’alarme tirée par Sa Majesté le Roi quant à la situation des ressources en eau.
Pourquoi le choix d’Agadir pour l’implantation de l’INTR-Eau ?
Ce n’est pas un choix fortuit. La question de l’eau est au cœur des programmes de développement de la région.
La réalisation du chantier d’envergure de la station de dessalement de Chtouka, dans le cadre de la vision royale, est un événement phare à l’échelle nationale dans ce contexte. Il y a aussi l’importante production scientifique cotée et classée de l’université Ibn Zohr.
En outre, Agadir est le centre du Maroc et la région exploite beaucoup d’eau à travers son activité économique portée par les secteurs clés que sont l’agriculture, l’agroalimentaire, la pêche et le tourisme, tous fortement consommateurs d’eau, donc concernés par l’innovation hydrique.
Quelles seront les premières actions de l’Institut ?
Évidemment, les premières actions à mettre en œuvre consistent à fédérer toutes les initiatives de recherche liées à l’eau. Il s’agit de regrouper l’ensemble des doctorants travaillant sur la question de l’eau.
Ils sont au nombre de 150. Il est prévu à l’échelle nationale des bourses d’excellence pour les nouveaux doctorants qui vont s’inscrire dans la thématique de l’eau. Elles seront mensuellement de l’ordre de 7.000 DH par bourse.
Tous les chercheurs auront par ailleurs la possibilité de la mobilité à travers le Royaume au niveau de l’ensemble des structures de recherche partenaires de l’INTR-Eau. Nous insistons, par ailleurs, pour que tous les étudiants chercheurs concernés aient une année de mobilité à l’international.