Pouvoirs
RNI, la continuité de la modernité
À cinq jours des élections législatives, les Marocains ont le choix entre la continuité avec un RNI qui a fait ses preuves sur les grands chantiers, ou le pari d’une alternance dont les promesses interrogent plus qu’elles ne séduisent. Le bon sens finira par l’emporter…
Dernière ligne droite avant le scrutin législatif du 23 septembre ! Le paysage politique marocain s’anime alors, pour ne pas dire s’échauffe – tant certains y mettent une ardeur qui confine à l’incandescence – autour d’un enjeu que l’on voudrait croire existentiel, mais qui relève surtout du simple bon sens : reconduire une dynamique de développement qui a fait ses preuves, ou s’aventurer dans les eaux mouvantes d’une alternance dont le principal argument de vente serait, précisément, de n’avoir encore rien prouvé.
Dans cette compétition, le Rassemblement national des indépendants (RNI) affiche un bilan si consistant qu’il se dispense, fait suffisamment rare en politique pour être noté, de tout besoin d’enjolivure.
Sous la conduite d’Aziz Akhannouch, la majorité sortante a su mener des réformes structurelles d’envergure, consolidant la résilience économique du pays tout en concrétisant les grands chantiers de l’État social. Qu’il s’agisse de la généralisation de la protection sociale, de la modernisation du système de santé avec la couverture médicale généralisée, du dialogue social et du pouvoir d’achat ou du soutien à la compétitivité économique…, le parti a fait la démonstration d’un sens aigu – et suffisamment rare pour être souligné – de la bonne gestion publique.
Fort de cette maîtrise des dossiers et de sa campagne menée avec professionnalisme, autour d’un programme réaliste et réalisable (Dignité et opportunités pour tous), le RNI dispose de tous les atouts pour renouveler la confiance des citoyens et sortir victorieux des urnes.
Face à lui, le Parti authenticité et modernité (PAM), partenaire au sein de la coalition sortante, affiche des ambitions légitimes pour prendre la tête du futur Exécutif. Mais la fin ne justifie pas les moyens : il est désolant de voir les cadors de la formation verser dans l’invective, les contre-vérités et les fausses promesses. Il n’y a qu’à voir les sorties tonitruantes et les envolées lexicales de leur dernière recrue, hissée figure omniprésente de la campagne pamiste.
Que ce parti voie dans ce tempérament colérique et ces écarts de langage à répétition les qualités d’un atout de poids pour son projet de gouvernement en dit long sur l’idée qu’il se fait de l’exercice du pouvoir : gérer un pays, après tout, ce n’est pas rater des penaltys. L’échec, à ce niveau-là, ne se rejoue pas aux prolongations…
Il faut le concéder au PAM : le parti a été un partenaire assez fiable dans l’accompagnement de l’action gouvernementale durant ce mandat. Mais soutenir une majorité et la diriger sont deux exercices que seule la rhétorique de campagne peut confondre.
Le PAM manque encore – et ses derniers recrutements ne plaident pas en sa faveur – du recul politique et de la maturité institutionnelle indispensables pour piloter seul la machine gouvernementale.
Confier la direction de l’État à des responsables en phase d’apprentissage, aussi bruyants soient-ils, reviendrait à prendre le risque d’un coup de frein – ou pis, d’un coup de sang – au moment même où les chantiers stratégiques du Maroc exigent rigueur, fluidité et continuité.
Dans la trajectoire ascendante qu’il poursuit, le Maroc ne peut se permettre ni le moindre répit ni la moindre expérimentation tactique. La stabilité politique et l’expérience de gestion du RNI demeurent, à la veille de ce scrutin, le choix de la raison. Celui du PAM ressemble surtout à un pari sur le tempérament. Alors, si telle est donc la nouvelle définition de la modernité, comme certains de ses thuriféraires voudraient le faire accroire : non merci !
