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Pouvoirs

Castaner : « L’ambition de renouveau portée par Akhannouch en 2016 s’est concrétisée »

Pour l’ancien ministre français de l’Intérieur, l’arrivée de l’Exécutif d’Aziz Akhannouch a accompagné une évolution de la relation entre Paris et Rabat, qui est passée d’un cadre essentiellement institutionnel à une coopération plus opérationnelle, davantage centrée sur les projets, l’investissement et les enjeux économiques, logistiques et énergétiques.

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À quelques jours des élections législatives du 23 septembre, Christophe Castaner, Président du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille-Fos et ancien ministre français de l’Intérieur, a livré à Hespress son regard sur l’évolution des relations entre Paris et Rabat.

Pour l’ancien responsable français, la solidité de la relation franco-marocaine ne repose pas uniquement sur les alternances politiques ou les affinités entre gouvernements. Elle s’appuie sur des fondations plus profondes, nourries par l’histoire commune des deux pays et par une coopération sécuritaire qu’il qualifie d’« essentielle » à la sécurité de la France.

Christophe Castaner relève néanmoins une inflexion notable depuis l’arrivée de l’Exécutif dirigé par Aziz Akhannouch. À ses yeux, ce qui a changé tient avant tout à « l’intensité et à la nature du dialogue » entre les deux pays. La relation, longtemps dominée par les échanges institutionnels et diplomatiques traditionnels, aurait progressivement pris une dimension plus opérationnelle, articulée autour de projets concrets et d’investissements communs.

Cette évolution est particulièrement visible, selon lui, dans les domaines économique et portuaire. À la tête du conseil de surveillance de Marseille-Fos, Christophe Castaner dit avoir constaté l’émergence, ces cinq dernières années, d’une méthode de travail davantage orientée vers la réalisation de projets et la recherche de complémentarités industrielles.

Deux enjeux structurent désormais cette coopération : la souveraineté stratégique et la transition énergétique. Des sujets qui ont progressivement pris une place centrale dans les échanges entre les deux rives de la Méditerranée et qui, selon lui, ouvrent de nouvelles perspectives en matière d’investissement.

L’ancien ministre défend ainsi une vision de la Méditerranée occidentale qui ne se limiterait plus à son rôle traditionnel de couloir de transit entre l’Asie et l’Europe. Elle devrait, selon lui, devenir un espace de production et de création de valeur à part entière.

Cette ambition passerait notamment par le développement d’unités de production complémentaires, la création de corridors logistiques intégrés et le renforcement des investissements croisés dans des secteurs stratégiques comme l’hydrogène vert ou l’électrification des infrastructures portuaires.

Dans cette configuration, Castaner récuse également l’idée d’une concurrence frontale entre Tanger Med et Marseille-Fos. Il privilégie au contraire une logique de complémentarité. Le port français pourrait constituer une porte d’entrée vers le marché européen, tandis que les infrastructures marocaines offriraient un accès privilégié aux marchés africains et atlantiques.

Au-delà de la coopération économique, Christophe Castaner porte également un regard favorable sur l’action du gouvernement marocain sortant. Il salue « l’engagement total » du chef du gouvernement et de ses ministres, tout en revenant sur sa rencontre avec Aziz Akhannouch à l’époque de la création d’En Marche en France et de la refondation du RNI au Maroc.

Pour l’ancien ministre français, cette ambition de renouvellement portée par le RNI « s’est traduite en résultats ». Une appréciation qui intervient à quelques jours du scrutin législatif et qui inscrit, dans son analyse, les cinq dernières années dans une dynamique plus large de rapprochement économique et stratégique entre Rabat et Paris.

À ses yeux, la relation franco-marocaine ne se résume donc plus à un héritage historique. Elle tend désormais à se construire autour d’intérêts partagés, de projets communs et d’une coopération davantage tournée vers l’investissement et les transformations économiques à venir.