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L’Internationale socialiste repense le monde à Rabat
Ils sont venus des quatre coins du globe pour prendre part au congrès de l’Internationale socialiste : plus de 200 représentants de 70 partis politiques provenant d’une soixantaine de pays. Un engouement inédit.
Après Madrid en novembre 2023, les socialistes du monde entier se sont donné rendez-vous dans la capitale du Royaume, et ce, du mardi 17 au dimanche 22 décembre.
Pour une première dans sa longue histoire, qui remonte à 1951, l’Internationale socialiste (IS) a tenu trois réunions de haut niveau dans le même pays, nous disent, non sans fierté, des membres de la direction de l’Union socialiste des forces populaires (USFP).
À savoir celle de son Comité Afrique, une première marocaine, celle de l’Internationale socialiste des femmes, ainsi que celle de son Conseil mondial. Cette dernière ayant été marquée par la présence du président de l’IS, Pedro Sanchez, en sa qualité de président du parti socialiste des ouvriers espagnol (PSOE).
Pour ce membre du bureau politique du parti de la Rose, «cette première historique en dit long sur le fort positionnement politique du Maroc sur le plan international», de la même manière qu’il s’agit d’un gage de confiance» corrélativement avec «son ouverture, son modèle de vivre-ensemble et de tolérance».
Plus encore, confient plusieurs congressistes parmi les 220 participants venus des quatre coins du globe (Afrique, Asie, Europe et Amérique latine) qu’ils étaient «agréablement surpris de voir un tel engouement sans précédent» pour cette grand-messe où se sont côtoyés socialistes, sociodémocrates et autres partis travaillistes.
D’engouement, justement, ce sont pas moins de 70 partis politiques, en provenance d’une soixantaine de pays, qui ont envoyé leurs délégués au Maroc.
Les sociodémocrates avancent leurs réponses
Et tout, ce beau monde s’est appesanti sur les grandes problématiques «d’un monde en mouvement» pour proposer des «solutions progressistes», comme l’évoque le thème générique de cet événement. Pêle-mêle, il était question des changements climatiques qui taraudent les esprits pour le présent tout comme pour le futur de l’humanité.
Sujet non moins important, la migration illégale et son corollaire de la traite des êtres humains. Ou encore les problématiques relatives aux droits de l’Homme et aux inégalités.
D’ailleurs, dans son allocution d’ouverture, samedi 21 décembre, le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), parti hôte de cet événement d’envergure internationale, Driss Lachguar, se fera fort de relever toutes ces problématiques en insistant sur le fait que l’Afrique a tous les potentiels pour «faire partie de la solution», malgré «les défis auxquels le continent fait face».
Des défis qui ont pour nom les menaces politiques, économiques et sécuritaires qui pèsent sur les différents pays et en particulier sur le continent africain. La réunion du Comité Afrique de l’Internationale socialiste en a largement débattu au siège central de l’USFP.
Pour Driss Lachguar, qui a co-présidé la séance d’ouverture en compagnie du président de l’Internationale socialiste, Pedro Sanchez, l’Afrique, qui est «au centre de la politique étrangère du Royaume», pourrait prétendre «au rôle de locomotive pour un développement économique durable, voire un nouveau modèle pour un monde plus équilibré et plus juste».
Or, estime le chef de file des socialistes marocains, le «monde a besoin d’une stratégie holistique» «de stratégies globales qui s’attaquent aux causes profondes de ces problématiques», dans «un monde qui consacre la souveraineté nationale des États», et qui «sécurise leur intégrité territoriale», loin de «tout interventionnisme ou hégémonisme étranger».
Dans cette même allocution, Lachguar n’a pas manqué de souligner les évolutions que le Royaume ne cesse de connaître, que ce soit sur le plan économique, avec les grands projets réalisés ou en cours de réalisation, ou encore au niveau de son «singulier modèle démocratique». Ce qui en fait «un pilier de stabilité» autant sur le plan régional que continental, relèvera-t-il.
Pour sa part, Pedro Sanchez, qui aura réussi à repositionner l’Internationale socialiste sur l’échiquier politique mondial, tout en pointant les défis que connaît le monde, insistera sur l’importance du rôle que pourront jouer les formations sociodémocrates pour bâtir «une vision sociale intégrative et tolérante».
Le président du PSOE, et chef du gouvernement espagnol, relèvera, néanmoins, que «la montée en puissance des discours rétrogrades», portés par les extrêmes droites en Europe, demeure «une source d’inquiétude», tout en soulignant qu’il n’est pas question de baisser la garde, mais d’«élaborer des stratégies transnationales et de consolider les liens de fraternité entre les gouvernements et les partis politiques», et ce, en se basant sur «les valeurs» de la social-démocratie.
Il est à noter que, outre les travaux de ce grand rendez-vous, certaines délégations ont fait état de leur désir de découvrir autrement le Maroc.
C’est dans ce sens, d’ailleurs, qu’une délégation est allée à la découverte de Laâyoune, alors qu’une autre s’est dirigée vers Tanger où elle a visité et la ville et son infrastructure portuaire, Tanger Med, au moment où une troisième a opté pour le Mausolée Mohammed V ou encore l’enceinte du Parlement. Un joli coup de ce que peut faire la diplomatie partisane en somme.
Maroc-Espagne sous le signe de l’excellence
Toutes les opportunités sont bonnes pour vanter l’excellence des relations entre Rabat et Madrid. Le chef du gouvernement l’a une nouvelle fois rappelé dans des déclarations à la presse en marge du Congrès de l’Internationale socialiste.
Pour Pedro Sanchez, il s’agit de «deux pays frères et voisins qui partagent des projets et une vision similaire quant aux dossiers et défis auxquels le monde et nos sociétés font face».
Et de relever que «ces liens de coopération, de fraternité et d’amitié sont vitaux pour permettre aux sociétés de réaliser leurs aspirations de manière efficace et équitable».
