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Deuxième force parlementaire, le RNI reste incontournable

Le scrutin du 23 septembre n’a pas été un désaveu du RNI, encore moins du gouvernement. Les trois formations de la coalition disposent toujours d’une majorité confortable.

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Les résultats définitifs des élections du 23 septembre, publiés par le ministère de l’Intérieur, vendredi, confirment deux choses. La majorité sortante a été reconduite, avec un poids confortable : 228 sièges. Un quitus, si l’on peut dire ainsi, du peuple marocain pour le gouvernement sortant. Les électeurs ont clairement dit ce qu’ils pensent de l’action du gouvernement de ces cinq dernières années.

Avec la reconduction des trois partis de la majorité qui gardent un écart notable avec le quatrième parti -11 sièges entre l’Istiqlal et le PJD-, les électeurs n’ont fait que renverser la hiérarchie à l’intérieur de la même coalition sortante. Il n’y pas eu d’effondrement de celle-ci, et encore moins un vote-sanction  de l’Exécutif dirigé par Aziz Akhannouch.

Ce sont les chiffres qui parlent, pour le moment le nombre de sièges et certainement aussi le nombre de votes exprimés. Il y a aussi les 15 ministres qui se sont livrés à l’épreuve des urnes et qui ont quasiment tous remporté haut la main leurs sièges parlementaires.

Si les électeurs avaient voulu sanctionner le gouvernement et les trois formations de la coalition sortante, l’on aurait assisté à un effondrement simultané du RNI, du PAM et de l’Istiqlal. Ce n’est pas le cas. Le projet de la majorité sortante n’a pas été battu, non plus, par un contre-projet.

Ceci étant dit, les résultats des législatives du 23 septembre, et c’est un deuxième point, confèrent au RNI le rang de deuxième force parlementaire du pays. Rappelons-nous, en 2021, le chef de file de la majorité sortante avait dégringolé de 125 sièges à 13, et donc à peine 10%, tout en chutant de la première place à la 8e.

Avec 66 nouveaux députés élus, le RNI conserve près de 65 % de sa force parlementaire de 2021. Cela dans un contexte qui a vu le changement de certaines règles électorales. Le calcul du quotient électoral sur la base des inscrits et non des votants, et la suppression du seuil électoral ont fait en sorte qu’il est devenu de plus en plus difficile pour un parti de remporter deux sièges et plus dans la même circonscription.

Parler aujourd’hui de la débâcle, de désaveu ou de l’humiliation du RNI relève donc de l’exagération, pour ne pas dire plus. Le RNI, les chiffres le confirment, a obtenu des résultats équilibrés, un peu partout dans le pays, aussi bien en milieu urbain que rural. C’est un parti qui dispose d’un ancrage territorial incontestable.

Il perd certes la première place, pour des raisons -et cela tout le monde le sait- qui n’ont rien à voir avec sa gestions des affaires publiques à la tête du gouvernement, mais il n’en reste pas moins une force parlementaire majeure. Le parti conserve donc une capacité parlementaire considérable et, surtout, reste un acteur incontournable dans les négociations de majorité.

Par ailleurs, ses résultats confirment que le fait d’assumer la Primature durant un mandat marqué par des chantiers complexes, une sécheresse persistante et une inflation importée génère mécaniquement, entraîne immanquablement une usure politique pour le parti qui incarne la tête de l’exécutif.

D’autant que ce même parti, et surtout ses dirigeants, ont fait l’objet, cinq années durant, d’une campagne d’acharnement, de critiques souvent infondées et d’accusations de toutes sortes sans l’ombre d’une preuve. Nous l’avons d’ailleurs constaté au long des semaines qui ont précédé le jour du scrutin, le RNI a été au cœur du débat public. On l’a imité, on l’a contredit, on l’a critiqué, on l’a accusé,… Il a fait, d’une manière ou d’une autre, la campagne électorale de la plupart des formations politiques.