Pouvoirs
Gouvernement. Ces chantiers qui attendent encore (2/2)
Le gouvernement continue de poursuivre son action jusqu’au dernier jour. Des chantiers en cours, dont certains vont commencer à donner leurs fruits, appellent à une attention particulière.
Dialogue social
Réforme de la retraite et du Code du travail
La ministre de l’Économie et des finances devait présider, jeudi 18 septembre, une réunion de la Commission technique relative à la réforme des régimes de retraite.
Aucune communication officielle n’en a fait suite à cette réunion. Pourtant, cette réforme demeure l’une des principales priorités de cette fin du mandat du gouvernement. Cette rencontre, avec les syndicats, a été précédée par deux autres.
La situation est aujourd’hui telle que le gouvernement a une vision sur la réforme et les syndicats en ont une autre, différente. Les deux sont d’accord sur certains points, dont notamment la question de la gouvernance des régimes de retraite.
Concrètement, même si la réforme demeure urgente, le régime des retraites civiles, principalement la CMR, allait se trouver en situation d’épuisement des réserves en 2028. Cette échéance a été repoussée à 2031, grâce aux dernières augmentations des salaires accordées aux fonctionnaires.
«Mais tant que nous avons encore un peu de temps et que nous ne sommes pas sous pression, nous pouvons arriver, ensemble, à un terrain d’entente sur des solutions innovantes, avec les syndicats», affirme le chef du gouvernement. «La réforme, souligne-t-il, ne peut passer que sur la base d’un consensus, au terme d’un débat sérieux».
«Nous ne sommes pas tenus par les échéances électorales sur ce dossier, nous sommes prêts au gouvernement et au sein de la majorité gouvernementale à mener le débat jusqu’au bout», explique Aziz Akhannouch, qui soutient qu’il n’y aura de réforme qu’après un consensus avec les partenaires sociaux. En termes du dialogue social, ce n’est pas la seule priorité.
La réforme du Code du travail en est une autre. Là encore, les partenaires sociaux devaient soumettre leurs propositions au ministre de l’Emploi avant le 26 septembre. La réforme de ce texte promulgué il y a plus de 20 ans, en mai 2004, devrait épouser les évolutions socioéconomiques de la société marocaine.
Elle sera déclinée d’après certaines sources en deux composantes, une amélioration des dispositions de la loi 65.99 telle que modifiée et un enrichissement de ce texte par de nouvelles dispositions.
La première partie est censée garantir plus de justice à certaines catégories de travailleurs, alors que la seconde vient encadrer les relations de travail dans les domaines de l’économie numérique, notamment les plateformes numériques, ainsi que le travail à temps partiel et le travail à domicile ou encore l’intérim.
La réforme doit répondre aux défis imposés par l’utilisation croissante des nouvelles technologies et son impact sur le domaine du travail. L’amendement du Code du travail touchera également le volet social avec plus de dignité pour les travailleurs, mais aussi la santé et la sécurité des employés au sein de l’entreprise, en plus d’une plus forte intégration de la femme dans le domaine du travail.
Elle doit aussi répondre aux attentes des entreprises, plus particulièrement les investisseurs étrangers. La réforme devrait également encourager les conventions de travail et améliorer ainsi les relations, individuelle et collective.
Pour le gouvernement, et c’est un défi qu’il compte relever, «la réforme du Code du travail ne vise pas uniquement à stimuler la création d’emplois, mais entend aussi consolider les fondements d’une société équilibrée».
La législation du travail, comme l’a d’ailleurs souligné le ministre, doit également favoriser la compétitivité de l’entreprise nationale, «à travers une flexibilité encadrée, notamment pour les secteurs à forte saisonnalité, tout en garantissant les droits fondamentaux des travailleurs».
Croissance
Pouvoir d’achat, emploi et lutte contre les disparités
Croissance et inflation. Deux termes qui vont sans doute occuper, dans quelques mois, une part importante dans l’argumentaire électoral des partis politiques. Mais en attendant, c’est déjà une des principales priorités pour cette année, tout comme les quatre années passées.
La première crée des richesses et surtout de l’emploi et la seconde maintient le niveau du pouvoir d’achat des ménages et conforte la politique de l’État social du gouvernement.
Et si le gouvernement peut déjà compter sur un taux de croissance moyen de 4,6% à la fin de l’année avec une inflation qui devrait se situer autour de 1 à 1,2% à la même échéance, il est appelé à faire encore mieux au cours de l’année qui reste de son mandat.
Et comme la croissance vient de l’investissement, qui crée également de l’emploi, la tendance va se poursuivre, notamment grâce à l’environnement favorable créé par la mise en œuvre d’un nouveau cadre juridique, avec le déploiement de la nouvelle Charte de l’investissement, mais aussi à l’investissement public.
Rappelons qu’en 2022, le gouvernement s’était fixé comme premiers objectifs de générer 550 milliards de dirhams d’investissement privé et créer 500.000 emplois pérennes à l’horizon 2026, ainsi que de porter la part de l’investissement privé à 50% de l’investissement total à l’horizon 2026.
Entre 2022 et 2024, l’on estime à environ 320 milliards de dirhams l’investissement privé. Il y a quelques jours, et c’est un indicateur, lors de la réunion de pilotage de l’Offre Maroc, relative à l’hydrogène vert, le volume des investissements annoncés est de l’ordre de 319 milliards de dirhams.
D’autre part, pour 2025, l’investissement public au Maroc est fixé à 340 milliards de dirhams, une hausse de 1,5% par rapport à 2024, et le gouvernement prévoit de maintenir à un niveau soutenu l’investissement public (environ 6,6 % du PIB) pour stimuler la croissance. Les efforts en la matière se sont déjà traduits par la création de centaines de milliers d’emplois.
Le chef du gouvernement a évoqué le chiffre de 600.000 postes créés tout en soulignant que l’objectif d’un million annoncé dans le cadre de son programme est tout à fait soutenable.
La preuve : rien que la récolte record des olives, cette année, qui a doublé, et celle des dattes (+50%), ainsi que la production des agrumes (+25%) vont totaliser quelque 200.000 emplois, en plus de ceux créés dans le BTP. Les chantiers en cours, que ce soit dans l’infrastructure ou l’industrie ou encore dans les nouvelles technologies et les télécoms, vont permettre de créer davantage de postes d’emploi.
Ainsi, l’on peut déjà finir l’année avec un taux de chômage inférieur à 12,8%. Il est appelé à baisser encore davantage l’année prochaine, avec l’entrée en service de nombreux projets industriels, notamment dans le domaine des batteries électriques.
C’est pour dire que, comme l’a d’ailleurs souligné le chef du gouvernement, «la problématique ne réside pas dans la création de l’emploi, mais dans la destruction des postes de travail, notamment dans le domaine agricole».
C’est pour cela qu’une politique d’urgence en matière d’emploi a été lancée et qui sera sans doute confortée par la nouvelle génération des programmes de développement et de résorption des disparités sociales et territoriales que l’Exécutif s’apprête à lancer dès les prochains mois.
La composante “emploi” occupe, en effet, une place de taille dans ces nouveaux programmes qui seront lancés au niveau de chaque province.
