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Pouvoirs

En Couv’. Armée : Prête et équipée pour la guerre moderne

Nous les avons vues à l’œuvre dans les missions de maintien de la paix de l’ONU, dans la lutte contre les intempéries et les feux de forêts, lors de la pandémie du Covid… Les FAR sont aussi bien préparées pour leur mission suprême : défendre le territoire national.

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Plus de technologie et moins de soldats sur le champ de bataille. Ainsi se fait déjà la guerre de demain. Ce début de décennie aura connu deux conflits majeurs qui ont bouleversé la manière de concevoir et planifier la guerre. Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en septembre 2020 et l’invasion, en février 2022, de l’Ukraine confirment également la pertinence de la politique de renforcement des capacités militaires, entamée depuis quelques années, et le renouvellement de la doctrine des Forces Armées Royales.

Dans le conflit du Haut-Karabagh (qui a duré 44 jours), les drones ont constitué ce que les initiés appellent un «game-changer», remplissant des missions autrefois attribuées aux forces aériennes. À savoir le renseignement, la coordination, l’appui-feu, les frappes verticales.

On retiendra par exemple que les Harops de l’Azerbaïdjan ont dévasté les forces terrestres arméniennes, en détruisant plusieurs des systèmes de missiles de défense aérienne S-300 construits par la Russie. Les FAR disposent d’une vingtaine d’appareils de ce genre. Selon les experts, les Harops pourraient potentiellement constituer une menace sérieuse pour les systèmes de défense aérienne à longue portée S-300, S-350E et S-400 de fabrication Russe, ainsi que pour ses Pantsir-S1/SM, Buk-M2 et même Tor-M2 à plus courte portée.

Le conflit en Arménie, et plus récemment en Ukraine, a montré donc qu’il est possible de neutraliser tout l’arsenal traditionnel acquis à coup de centaines de millions, voire de milliards de dollars pour un coût bien moindre, aussi bien en termes de vies humaines qu’en financement de l’effort de guerre. On peut avancer que le Maroc a bien compris cela. Le Royaume a adopté une démarche anticipative dans l’acquisition d’armes et de technologies de rupture, il a été précurseur dans l’achat et l’utilisation de drones dans la région. Il en avait déjà fait usage durant la moitié des années 80. Aujourd’hui, il est l’un des pays africains, sinon le pays africain le plus doté en drones de tous genres : renseignement, MALE, Kamikaze… En la matière, le Royaume dispose d’une bonne longueur d’avance sur tous les pays de la région.

Il a même été question dernièrement de l’acquisition par les FAR d’une arme de pointe qui est utilisée par quelques pays dans le monde. Il s’agit du drone nano FLIR Black Hornet 3, mais aussi de «nanodrones» de combat de dernière génération, développés par la société norvégienne Prox Dynamics, filiale du groupe américain FLIR, utilisés pour des missions de reconnaissance et d’identification des cibles. Ils sont d’une utilité hors pair pour les unités terrestres, en particulier l’artillerie. Plus encore, le Royaume est sur le point de disposer de ses deux premières unités de fabrication de véhicules volants sans pilote, les UAV, qui sont une autre appellation des drones.
Selon un récent rapport du sénat français, la guerre d’Ukraine confirme «le rôle devenu prééminent des drones, en particulier l’importance de disposer de munitions télé-opérées, de coût modéré, considérées dans une certaine mesure comme des équipements consommables au même titre que les autres munitions».

Interopérabilité opérationnelle
Le conflit de Nagorny-Karabakh nous apprend également l’importance de la défense sol-air et particulièrement de la lutte anti-drone. En ce sens, assurent les experts, le Maroc a déployé au cours de ces dernières années une panoplie de défense aérienne complète. Du système anti-aérien français VL MICA au puissant système américain MIM-104F (PAC-3) Patriot (un accord a été négocié en ce sens en 2019 pour un début de livraison en 2022) en passant par les systèmes chinois Sky Dragon et FD-2000B, le Royaume diversifie ses acquisitions pour contrer toute menace aérienne. À cela s’ajoute le système israélien antimissiles Barak MX, et tout récemment le Spyder développé par Rafael Advanced Defence Systems, ce qui permet au Maroc de disposer désormais d’un puissant bouclier capable de sanctuariser son ciel contre tout type d’attaques aériennes et même contre les missiles sol-sol.

Certains de ces dispositifs ont déjà été déployés, d’autres font l’objet de contrats récents d’acquisition. Secret défense oblige, on ne peut évidemment pas être au courant de toutes les acquisitions des FAR. Et si certains médias mentionnent l’achat de certains systèmes de défense ou même offensifs, c’est sans doute voulu dans le cadre de ce que l’on appelle «la guerre de dissuasion». Bref, le conflit du Haut-Karabakh est l’exemple-type d’une guerre de «haute intensité». Une tendance confirmée par le conflit en Ukraine. La guerre de haute intensité met en œuvre toute la gamme de matériels à disposition des armées, avec un système de commandement et de coordination qui doit fonctionner parfaitement. Coordination et interopérabilité. Ce sont justement les thématiques principales des récentes éditions de l’Exercice militaire maroco-américain, African Lion. Pour les FAR, ces manœuvres sont l’occasion de réaliser au moins trois objectifs : «Améliorer l’interopérabilité opérationnelle, technique et procédurale, l’intégration des hommes et la synergie des moyens ». Il s’agit, en effet, d’un exercice global où toutes les composantes des armées sont engagées. Des exercices terrestres, maritimes et aériens sont menés conjointement. Les FAR entendent également développer leur capacité d’appréciation des situations, dont dépend beaucoup la prise de décision. C’est aussi une occasion d’apprendre à faire la guerre ensemble.

En d’autres termes, l’African Lion a pour vocation de simuler des opérations adaptées à ces menaces dans le cadre d’une coalition. C’est là un autre enseignement du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Nous savons désormais comment, grâce à son alliance notamment avec la Turquie et Israël, ce pays a pu avoir une supériorité tactique dans ce conflit qui illustre l’efficacité des partenariats militaires. Nul besoin de souligner à ce sujet que le Maroc est signataire d’accords de défense stratégique avec plusieurs pays, à leur tête les États-Unis, Israël, mais aussi les pays du CCG. Le Royaume est évidemment un allié stratégique de l’OTAN. Plus encore, en partenaire de premier plan de l’AFRICOM (le commandement militaire américain pour l’Afrique) le Maroc s’apprête à intégrer très prochainement le CENTCOM, le Commandement du Moyen-Orient. Cela figure même dans le projet de loi américaine sur la défense pour l’année 2024. L’objectif, estime-t-on, est «d’améliorer la coordination entre les États-Unis et les partenaires régionaux».

Champs de bataille plus transparents
En plus de la confirmation de guerre de haute intensité, le conflit ukrainien renvoie à une nouvelle dimension : une guerre globale. Les affrontements se déroulent, observent les analystes, sur tous les champs : terre, air, mer, espace, cyber, mais aussi sur les champs informationnels et électromagnétiques. Et si par exemple les cyberattaques russes n’ont pas été efficaces, c’est que l’Ukraine s’était préparée en protégeant les systèmes d’information de ses infrastructures vitales. Là encore, le cloud, la souveraineté nationale en termes de bases de données, la création DGSI, pilotée justement par l’armée, en disent long sur la préparation du Royaume dans ce domaine. Selon une précédente édition de La Revue des FAR, le Maroc dispose déjà d’une «cyber-stratégie, dont la gouvernance est assurée par un comité interarmées spécialisé, est basée sur trois piliers fondamentaux. D’abord, une organisation bien réfléchie axée sur les centres opérationnels de la sécurité des SIC (pour Systèmes d’information et de communication) des trois composantes (terre, air et marine) et les responsables de la protection des SIC des organes et formations des FAR». De même, faut-il le préciser, la riposte à une cyberguerre fait également partie de l’édition de cette année de l’African Lion.

Tout récemment, l’on évoque même la possibilité pour le Maroc de se doter d’un “cyber-drone”. Un véritable rempart contre les cyberattaques. Cela dit, l’enseignement le plus important à tirer du conflit qui fait rage actuellement en Ukraine, c’est ce que les spécialistes appellent «la transparence du champ de bataille». Grâce aux nouvelles technologies, les opérations sont devenues transparentes. Avec les satellites militaires et civils, les drones, le renseignement d’origine électromagnétique et les sources ouvertes comme les médias ou les réseaux sociaux, il est de plus en plus difficile de se cacher sur le champ de bataille. Ce qui n’est pas sans rappeler d’abord l’effort déployé par le Maroc en termes de connectivité internet, la 4G et bientôt la 5G, mais également dans le domaine du renseignement avec l’envoi dans l’espace de deux satellites et l’acquisition d’une large palette de drones et surtout de dispositifs de renseignement et de communication. Il faut dire qu’à ce niveau, l’Équipe de développement informatique des Forces Armées Royales dispose déjà d’une longueur d’avance. Plusieurs systèmes d’informations permettant aux trois branches de l’armée de communiquer en temps réel ont été mis en place depuis quelques années déjà. Ils répondent à des acronymes aussi inconnus que novateurs comme SIC, SIGT, SICOB ou encore SICO, dont la plupart ont été testés avec réussite lors des manœuvres de «Tafilalet 2018».

Certains en sont déjà à des générations beaucoup plus évoluées et plus efficaces. Il s’agit des Systèmes d’information et de communication, Système informatique de guidage terrestre, Simulateur de combat blindé… certains de ces systèmes ont été présentés pour la première fois en 2015. Il y en a d’ailleurs qui ont été développés, comme bien d’autres aspects dans le domaine militaire, dans le cadre du partenariat avec l’OTAN. Depuis, l’évolution et la modernisation se poursuivent. Cette évolution des Forces Armées Royales est très suivie, non sans inquiétude, par les médias et les experts espagnols par exemple. C’est justement à ces derniers que l’on doit ce constat : récemment «les FAR ont fait du développement et de la modernisation de leur technologie leur feuille de route.» Au-delà de l’augmentation de sa capacité militaire, poursuit-on, l’armée marocaine a réussi à mettre ses systèmes défensifs et offensifs à la pointe de la technologie. Et il n’échappe à personne que les bonnes relations du Royaume avec des puissances militaires, telles que les États-Unis, la Chine ou encore Israël, qui ont soutenu l’intérêt national du Maroc en mettant à sa disposition les systèmes de défense les plus modernes, ont été déterminantes dans la modernisation et le perfectionnement continus des Forces Armées Royales.


Les FAR à l’heure des nouvelles technologies

Les jeunes officiers stagiaires ont joué un rôle clé en développant des applications novatrices pour automatiser les processus logistiques, les renseignements, les situations opérationnelles et la gestion des ressources humaines. Ces nouvelles applications offrent des avantages considérables en termes d’efficacité et de productivité. Florilège.

1- L’application logistique opérationnelle des FAR est conçue pour automatiser et informatiser les processus de toutes les composantes de la chaîne logistique des forces armées. Grâce à ses fonctionnalités avancées, peut-on lire dans La Revue des FAR elle permet de fournir une visibilité en temps réel sur les flux logistiques et d’aider les responsables à prendre des décisions éclairées en matière de planification et de conduite des manœuvres. Cette solution offre également des avantages tels que la réduction des coûts, la gestion optimisée des stocks et une amélioration de la réactivité des forces armées sur le terrain.

2- La solution de suivi, d’analyse et de gestion du renseignement a été développée pour recouper et analyser des données provenant de différentes sources. Cette plateforme fournit un renseignement opérationnel grâce à ses fonctionnalités et modules intégrés. Cette solution contribuera à l’amélioration de la qualité et de la pertinence des renseignements militaires en fournissant des informations cruciales pour leurs prises de décision.

3- Le suivi de la situation opérationnelle. Dans le but d’améliorer la gestion de la situation opérationnelle, une solution informatique appelée «Suivi de la situation opérationnelle» a été conçue. Cette solution a la capacité de générer automatiquement des statistiques, des synthèses et de visualiser les données géographiques, fournissant ainsi aux commandants un outil d’aide à la décision pour une gestion optimale de la situation opérationnelle.

4- Dans le domaine de la gestion des ressources humaines, les stagiaires ont conçu un portail d’aide à la décision pour le compte du 1er Bureau. Cette application web innovante permet l’automatisation des processus RH tout en proposant une palette d’outils d’aide à la décision incluant des statistiques et des rapports précis et régulièrement mis à jour. Le but ultime étant d’optimiser la gestion du personnel non-officier des FAR.