Pouvoirs
Coupe du monde 2030: Les détails du dossier d’Agadir
Infrastructures d’hébergement, transport, mobilité, connectivité, dispositif sanitaire…, les atouts de la capitale du Souss pour être une ville hôte de l’événement planétaire de football en 2030.
La capitale du Souss veut être une ville hôte de la Coupe du monde 2030 et y met les moyens. «Avantagée par son Grand Stade, construit dans le cadre de la candidature du Royaume à l’édition 2010 de cette grand-messe mondiale du football, la ville était déjà en lice pour accueillir cet événement planétaire», est-il indiqué dans le document de la candidature de la ville, présenté la semaine dernière. C’était lors de la réunion élargie tenue mercredi 3 juillet consacrée à l’examen de l’état d’avancement des préparatifs de la ville pour l’organisation de la Coupe du monde de football 2030. Forte de ses potentialités et de sa mise à niveau, Agadir se sent en effet capable de figurer parmi les villes hôtes, prête à se conformer aux exigences nécessaires et relever le pari.
Transport et mobilité
Située géographiquement à 3 heures d’avion de la plupart des capitales d’Europe et d’Afrique, Agadir est une ville désenclavée et connectée. Elle dispose d’un aéroport international, le troisième du Royaume, doté aujourd’hui d’une capacité d’accueil de 13.000 passagers par jour. Cette capacité va être portée à 23.000 passagers par jour grâce à la construction d’un nouveau terminal. En outre, la ville abrite l’aéroport militaire d’Inezgane auquel peut éventuellement avoir recours l’aviation d’affaires. Bus, taxis, flotte de location, l’aéroport comme la ville sont bien desservis en transport. Rappelons dans ce contexte le projet de BHNS réalisé dans le cadre du programme de développement urbain qui devrait entrer en activité fin 2024 avec une ligne dotée de 30 bus pour un réseau de 15,5 km. En attendant, Agadir dispose d’une offre importante en transport public urbain collectif à travers 38 lignes de bus actuelles couvrant 699 km avec 201 bus. Il y a aussi une ligne dotée de trois bus pour relier la ville à l’aéroport. Au total, le dispositif de transport public devrait atteindre 42 lignes et 240 bus pour couvrir 714 km. En outre, le parc des transports en commun compte un grand nombre de véhicules (1.881 taxis 1re catégorie, 1.522 véhicules 2e catégorie et 988 véhicules de transport touristiques). Concernant la mobilité, Agadir abrite aujourd’hui un réseau actuel très développé en voie d’être étoffé. Voie de contournement de 21 km reliant l’aéroport au port et à la marina, une voie express urbaine et plusieurs pénétrantes, une autoroute Agadir-Marrakech de 250 km, l’existant permet une mobilité dans la ville et une connexion avec les autres villes du Royaume. En outre, d’autres voies de contournement sont projetées pour mieux relier la ville à sa périphérie à travers des investissements de plus de 1,7 milliard de dirhams au total. L’extension de l’autoroute vers Tiznit est aussi au programme. Pour l’heure, ce projet est au stade d’étude.
Hébergement et sites d’entrainement
Sur le plan hébergement, l’offre recensée pour le moment à Agadir au niveau des hôtels 3, 4 et 5 étoiles est de 9.517 chambres dont 693 en construction actuellement. Le tout dédié aux FIFA constituants et le grand public. En dehors de ces catégories d’établissements, Agadir compte aussi dans le détail 11.398 chambres dont 1.045 en construction actuellement. L’offre en hébergement est constituée par ailleurs de 5.783 chambres à travers les résidences universitaires et les appartements Airbnb. Soulignons également que la destination soigne son parc hôtelier à travers la mise en œuvre de plusieurs programmes de rénovation. Pour l’hébergement des joueurs et les sites d’entraînement, 11 hôtels sont sélectionnés offrant 2.620 chambres, ainsi que quatre terrains d’entraînement dans la zone touristique d’Agadir. À Taghazout Bay, l’offre en la matière est de 6 hôtels sélectionnés, soit 1.174 chambres et 12 terrains d’entraînement. Ce sont ainsi au total 17 établissements sélectionnés offrant 3.794 chambres pour les équipes et leurs staffs dans Agadir et Taghazout Bay réunies.
Stationnement, fan zone et développement durable
En matière de parking, l’offre est aussi importante. Les autorités locales indiquent que dans le périmètre extérieur du stade, 6,5 ha sont dédiés à un parking FIFA. Pour les bus, ce sont 3 ha qui sont alloués pour le stationnement dans l’aire extérieure du stade. Pour les véhicules légers, 6,5 ha sont proposés. Un parking de 3.000 m² est en outre réservé pour les taxis. Le périmètre du stade sera aussi une zone verte et un sanctuaire de sécurité. Une surface extérieure de 400 ha sera aménagée en parc urbain. Les autorités locales mettent aussi en avant dans ce contexte les projets réalisés dans le cadre du programme de développement urbain d’Agadir pour faire de la métropole une ville verte. Une démarche initiée dans un cadre de développement durable à travers des investissements dans la réutilisation des eaux usées épurées. Rappelons à ce sujet que le programme initié à ce niveau par la RAMSA permet aujourd’hui l’arrosage entier des espaces verts et des golfs de la région par les eaux usées épurées. Dans le dossier de candidature d’Agadir, les fan zones sont aussi identifiées. Deux sites sont proposés. En outre, neuf sites sont prévus pour l’installation d’écrans géants.
Connectivité et infrastructures sanitaires
Agadir et sa région sont aussi bien équipées en matière de connectivité. Les autorités locales annoncent que la ville dispose de l’infrastructure télécom nécessaire pour le déploiement du réseau 5G, qui sera assuré dès obtention des licences 5G par les opérateurs télécoms, après délivrance par l’ANRT, indiquent-ils. En outre la connectivité́ des sites privés de la Coupe du monde est assurée par les opérateurs télécoms et pilotée par l’ANRT. Les travaux de connectivité du Grand Stade d’Agadir sont en cours de réalisation, ajoutent-ils.
Côté infrastructure sanitaire, l’offre Agadir compte 6 hôpitaux publics existants abritant 1.030 lits et 15 cliniques privées dotées de 800 lits au total. En outre, un hôpital public de 250 lits est en projet. Le tout est à proximité du stade, entre 5 à 20 min de trajet.
Au niveau du domaine de la formation, les besoins seront importants pour abriter cet événement planétaire. Les autorités d’Agadir annoncent l’ouverture dans ce contexte, dès septembre prochain, de l’académie de formation aux métiers de la sécurité d’Agadir. La formation de 900 stadiers par an est au programme. Rappelons que la ville compte 20 établissements universitaires enregistrant 150.000 étudiants chaque année et 20 établissements de formation professionnelle accueillant chaque année 27.000 stagiaires. Les établissements de la région pouvant ainsi répondre aux besoins prévisionnels en ressources humaines de l’événement en perspective.
Organisation et gouvernance
Pour l’heure, il faut s’atteler à mettre en place les outils de gouvernance et d’organisation. Un comité central de pilotage et un comité régional de suivi ainsi que 5 comités thématiques de suivi de la mise en œuvre des chantiers programmés sont envisagés. Ainsi la mobilisation est de mise et c’est l’affaire de tous. L’implication de tous, y compris des citoyens, est essentielle pour faire aboutir cette candidature.
La ville d’Agadir, grâce à son fort potentiel en matière d’infrastructures structurantes et d’accueil, son riche patrimoine culturel et civilisationnel, sa solide offre sanitaire publique et privée, renforcée par son grand CHU aux standards internationaux, ainsi qu’une jeunesse formée et qualifiée, a bien des atouts majeurs. De plus, la latitude tempérée d’Agadir en fait une destination idéale pour les grands événements sportifs et bien sûr pour accueillir les rencontres de la Coupe du monde 2030.
