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Automobile : Pourquoi le marché carbure-t-il autant ?

Après avoir comptabilisé plus de 176.000 unités vendues l’année dernière, le marché du neuf, en cumul annuel, enregistre une croissance de 35% à fin août 2025. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette performance remarquable. Décryptage.

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Le marché des ventes de véhicules neufs affiche un dynamisme très remarqué. Les données de l’année 2024 ainsi que les chiffres de 2025 confortent nettement l’excellente santé de cette branche porteuse qui, de l’avis de plusieurs experts, affiche encore une marge de progression en termes de volume de voitures écoulées.

Cette appréciation est d’autant plus compréhensible si l’on sait que le taux de motorisation du pays ne dépasse guère 100 véhicules pour 1.000 habitants. Ce qui est en net retrait par rapport aux États de l’UE et d’Amérique du Nord. À titre illustratif, pour un pays comme les États-Unis, ce ratio dépasse 800 véhicules pour 1.000 habitants.

Au-delà de ce rappel, il convient de préciser qu’en 2024 le secteur des ventes de véhicules neufs au Maroc a affiché une croissance de 9,22%, à plus de 176.000 unités écoulées. L’année dernière a été marquée par la très bonne tenue des ventes de citadines et des SUV (de plus en plus prisés par les acquéreurs).

La location courte durée qui représente le tiers du marché automobile a été le principal vecteur de la hausse des immatriculations de citadines en 2024. En 2025, le même trend haussier des ventes de voitures neuves s’est poursuivi au cours des huit premiers mois. Chiffres à l’appui: en cumul annuel, les immatriculations ont concerné 146.590 unités à fin août 2025 (contre 108.552 un auparavant), marquant une progression de 35,04% par rapport à la même période de 2024.

Notons que cette forte croissance a été tirée par le segment des véhicules particuliers (VP), dont les ventes ont progressé de 24,79%, avec 12.997 unités écoulées en août 2025. L’augmentation des ventes de véhicules utilitaires légers (VUL) a aussi été notable, comme en témoigne la croissance de 13,6%, avec à la clé 1.854 immatriculations en août 2025.

De l’avis de plusieurs professionnels, l’année 2025 est bien partie pour battre le record des ventes de 2018, avec 177. 359 unités écoulées. Plusieurs facteurs d’ordre économique concourent à la forte hausse des ventes en 2025.

Une conjoncture économique favorable

Le marché du neuf est sensible à l’évolution des principales variables macroéconomiques du Royaume. La croissance, l’inflation, les niveaux des taux débiteurs (coûts du crédit et du financement), arrimés à l’évolution du taux directeur de BAM et les prix à la pompe, sont autant de paramètres qui ont une incidence sur le dynamisme de ce marché prometteur.

Or, pour l’année en cours, l’analyse des prévisions et des réalisations montre que plusieurs indicateurs cruciaux sont favorables. Rien qu’au deuxième trimestre 2025, le Maroc a enregistré une croissance de 4,6% du PIB en glissement annuel, tirée, entre autres par la demande intérieure, les services et le BTP (chantiers structurants).

Pour rappel, le taux de croissance enregistré en 2024 est de 3,8% du PIB, s’affichant ainsi en net retrait par rapport aux prévisions du HCP pour 2025 qui situent le niveau de croissance à 4,4% du PIB.

Autre indicateur militant en faveur de la progression des ventes du neuf en 2025 : le faible taux d’inflation, de nature à limiter la hausse des prix. À titre illustratif, entre juillet et août 2025, le taux d’inflation qui s’inscrit sur une trajectoire baissière est passé de 0,5 à 0,3%.

Sur l’ensemble de l’année 2025, la banque centrale (BAM) table sur un taux d’inflation moyen annuel de 1% (bien en deçà du seuil cible de 2%). Dans le même ordre d’idées, l’accès au financement (crédit) pour l’achat de véhicules neufs, semble être plus aisé en 2025, comme en témoignent la baisse du taux directeur par BAM (-25 points de base, à 2,25% en mars 2025) et son incidence sur certains taux débiteurs qui ont reculé.

À titre d’exemple, entre le deuxième trimestre 2024 et celui de 2025, le taux débiteur des crédits à la consommation est passé de 7,03 à 6,88%. Pour sa part, le taux débiteur des crédits à l’équipement a aussi reculé, passant sur la même période de 5,02 à 4,83%.

L’autre donne propice, cette année, à l’explosion du marché du neuf a trait aux prix raisonnables des carburants. Le litre de gasoil et celui de l’essence à la pompe s’affichent respectivement autour de 10DH (jusqu’à 11 DH) et 12 DH.

En clair, la conjoncture économique plus clémente en 2025 a impacté très positivement le marché du neuf, caractérisé par une offre très étoffée en véhicules à motorisation thermique, hybride ou électrique.

Une kyrielle d’aubaines pour le secteur

Les performances exceptionnelles du secteur touristique, principal levier de la location de courte durée (une activité qui représente près du tiers du marché du neuf), ont impacté positivement les ventes de véhicules particuliers.

À fin août 2025, le Maroc, qui abrite en décembre la Coupe d’Afrique des nations (autre grand évènement pourvoyeurs de visiteurs étrangers), a accueilli près de 13,5 millions de visiteurs, soit une hausse de 15% par rapport à la même période de l’année dernière.

Dans l’optique d’anticiper l’augmentation de la demande sous l’effet de la forte hausse du nombre de touristes, les loueurs de véhicules se sont employés à étoffer et renouveler leurs flottes automobiles, au bénéfice du segment du marché des véhicules particuliers.

D’ailleurs, tout porte à croire que d’ici la fin de l’année (haute saison touristique), qui coïncidera avec la CAN 2025, les ventes de véhicules particuliers (représentant près de 90% du marché du neuf) gagneront davantage en dynamisme.

Dans le même ordre d’idées, l’année en cours atteste d’un foisonnement très marqué des projets d’investissement au Maroc. Le pays est pleinement engagé pour la réalisation de projets d’infrastructures structurants pour l’organisation de la CAN 2025 et du Mondial 2030. Cette donne n’a pas été sans impact salutaire sur le marché des véhicules utilitaires légers.

D’ailleurs, Cédric Veau, DG de Bamotors Maroc, importateur exclusif de KIA au Royaume, faisait remarquer, en substance, dans les colonnes de «La Vie éco», les performances notables du marché des véhicules utilitaires légers, avec une croissance de 57% des ventes en avril 2025.

Les astres sont parfaitement alignés afin que 2025 entre dans les annales de l’histoire du marché automobile, à l’instar de l’année 2018, avec le record de plus de 177. 359 unités écoulées.


Le trio de tête

Il ressort de la publication d’août 2025 de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) que les trois marques les plus prisées des acquéreurs au Maroc, notamment pour le segment des véhicules particuliers, sont Dacia, Renault et Hyundai.

Avec 2.645 unités vendues en août 2025 (soit une croissance de 8,89% en comparaison à août 2024), Dacia occupe la première place des ventes. La marque au losange et Hyundai arrivent respectivement en deuxième et troisième position avec 2.216 unités vendues et 930 véhicules écoulés sur le marché domestique.