SUIVEZ-NOUS

Archives

Archives LVE 1974. L’économie nationale selon la BMCE

Il y a 50 ans, le Maroc, confronté à une sécheresse et donc une faiblesse de récolte, a décidé de revoir ses priorités : un plan a été élaboré sur cinq ans avec pour objectif 14,4 MMDH d’investissements publics.

Publié le

Le conseil d’administration de la BMCE lors de l’assemblée générale ordinaire de cet important établissement a présenté un rapport économique du plus haut intérêt dont voici la partie consacrée à l’économie nationale dans son ensemble.

Au Maroc, l’année fut caractérisée par la faiblesse de la récolte, due à la sécheresse et aux importantes décisions prises par les pouvoirs publics en vue de la consolidation de l’économie et de son ouverture sur l’extérieur.

Bien que certains secteurs conservent leur caractère prioritaire, l’accent a été mis avec vigueur sur la promotion des autres branches. Cette politique globale du développement vise la mobilisation des énergies disponibles en vue d’exploiter toutes les ressources du pays. L’État, pour stimuler l’initiative privée, qu’elle soit locale ou étrangère, consent pour sa part un effort considérable en matière d’investissements.

Son action sert ainsi d’amorce en créant des pôles d’attraction susceptibles de drainer l’épargne et de servir de base à la mobilisation des capitaux en quête d’emplois.

Par souci d’efficacité, on a voulu également assouplir et alléger les formalités administratives afin que les investisseurs puissent mettre en exécution leurs programmes sans perte de temps.

De plus, en promulguant toute une série de mesures à la fois, on crée ainsi un cadre cohérent au sein duquel l’action peut s’exercer en connaissance de cause, alors que la mise en œuvre de dispositions prises isolément, même si elles aboutissent à un résultat finalement identique, risquerait néanmoins d’avoir une moindre portée, d’abord parce que leur intervention, lorsqu’elle n’est pas simultanée, peut inhiber quelque peu l’énergie des entrepreneurs, d’autre part, leur effet psychologique serait moins frappant.

D’un côté, l’accent a été mis sur une plus grande volonté de développement. Le plan quinquennal pour la période 1973-1977 et le budget de l’État pour l’exercice 1974 mettent en relief cette orientation. Dans ce contexte, les agents économiques sont invités à fournir un effort accru en vue d’atteindre les objectifs fixés. De nombreuses missions se rendent, par ailleurs, à l’étranger pour faire connaître le potentiel économique du pays et les moyens qui sont utilisés pour son exploitation.

De cette manière, nous assistons à une action concertée et coordonnée conduite avec détermination et dont les résultats bénéfiques ne tarderont pas à se faire sentir. Comme nous le faisions observer, l’année 1973 a été marquée par d’importants évènements économiques dont les principaux sont la promulgation du plan quinquennal, la réforme du Code des investissements et la publication des textes relatifs à la marocanisation de certains secteurs économiques.

Compte tenu de l’impact de ces dispositions, il nous paraît nécessaire de les analyser en raison de l’influence qu’elles sont appelées à exercer sur les structures de l’économie et sur l’évolution de celle-ci. Elles ont en commun l’empreinte du désir délibéré de promouvoir le progrès en donnant un élan sans précédent à l’appareil de production.

Le plan en particulier prévoit un volume d’investissements égal à 26,293 milliards de dirhams (en prix courant 1969) dont 11,176 milliards à la charge de l’État, 3,251 milliards réservés aux établissements publics, 5,448 au secteur privé et 6,418 milliards par appel au crédit. L’effort public atteint au total 14,427 milliards de dirhams, soit une proportion supérieure à 50% de l’ensemble des dépenses d’équipement. Il en résulte que l’accroissement de la part du PIB atteindra, durant cette période, un taux moyen annuel de 7,5% calculé en termes réels, soit 2 points de plus que durant le précédent plan et le double du taux enregistré pendant la décennie 1962-1972. Il s’agit d’un effort important qui marque une volonté ferme d’expansion et rompt avec le profil de développement adopté jusqu’alors. D’autre part, le taux ainsi arrêté représente deux fois et demie celui de la progression démographique, ce qui permettrait d’améliorer le niveau de vie. D’un autre côté, le volume des investissements réservé à l’industrialisation marque l’idée d’introduire de nouveaux atouts dans la structure actuelle de l’économie…

CamScanner 21-06-2024 10.28