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1994 : Transport aérien, panique à bord !

Il y a 30 ans, un séminaire a été organisé par l’Administration de l’Air en collaboration avec l’ONDA et la RAM pour faire la lumière sur les conséquences de la libéralisation sur le Maroc.

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Consciente de l’enjeu de la déréglementation du transport aérien international, l’Administration de l’Air, en collaboration avec l’Office national des aéroports (ONDA) et Royal Air Maroc (RAM), a organisé les lundi 24 et mardi 25 janvier au centre de formation dudit office un séminaire destiné à faire la lumière sur les conséquences de la libéralisation sur le Maroc.

C’est très clair. Le temps est, comme l’a souligné Rachidi El Rhezouani, ministre des Transports, dans son discours d’ouverture, à la préoccupation de la «communauté internationale de l’aviation civile».
Les répercussions de la libéralisation du transport aérien sur l’ensemble des partenaires nationaux (administrations concernées, compagnie aérienne, aéroports, services de contrôle aérien, opérateurs de tourisme, etc.) sont imminentes et suscitent une inquiétude majeure dans ces milieux.

L’on sait en effet, et le ministre de tutelle l’a si bien précisé, que depuis la décision en 1978 du gouvernement américain de déréglementer le secteur du transport aérien, celui-ci a vécu des «bouleversements structurels» qui ne se sont pas limités au seul territoire des States».

Ces bouleversements ont eu des incidences graves sur les accords bilatéraux placés sous le signe du protectionnisme. Résultat : les libertés de l’air commerciales prévues par la convention de Chicago ont été remises en cause.
C’est cette convention qui a donné naissance à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en 1944 et dont le Maroc vient de célébrer le 50 e anniversaire.

Le cas américain
Pour ce qui est de l’Europe, voisin immédiat et partenaire de notre pays, elle vient de mettre en vigueur en 1993 le 3e volet de mesures libéralisatrices visant la suppression des restrictions réglementaires en matière de droits de trafic intra-européen et l’instauration d’une plus grande flexibilité des conditions tarifaires. Ces mesures seraient étendues en 1997 aux droits de cabotage.

Là encore, à l’instar de l’exemple américain, les conséquences de la libéralisation dépasseront les frontières de la récente Union Européenne. Elles interpellent donc sérieusement le Maroc, dont plus de 60% du trafic aérien passager et 80 % de celui du fret s’opèrent à destination ou en provenance de cet ensemble régional. La réflexion sur l’avenir et le type de comportements à adopter face à cette situation, notamment, ont été à l’origine de ce séminaire.

Le cas américain, traité dans l’intervention de Jacques Villiers, ingénieur général honoraire de l’aviation civile, membre de l’Académie nationale de l’air et de la Direction de l’espace françaises, polytechnicien et administrateur d’Air France, entre autres titres, regorge d’exemples de petites compagnies absorbées par les plus fortes.

A tel point que M. Villiers compare, dans un humour que l’assistance a salué, la libéralisation est pour les opérateurs ce qu’est la bouteille de Coca Cola offerte au Bushman dans le film sud- africain «Les dieux sont tombés sur la tête» et dont il ne sait quoi faire.

Comment se préparer ?
Les autres communications, toutes d’intérêt primordial, ont mis l’accent chacune à sa manière sur la nécessité de se préparer à faire face à la déréglementation, car il s’agit d’un processus irréversible. Et donc surtout à la concurrence qui constitue la principale conséquence directe.

Par ailleurs, si Bernard Chaffange s’est interrogé sur la manière dont il faut relever ce formidable défi de la libéralisation du ciel européen, force est de constater que sous nos cieux un élément de réponse a été apporté par nombre d’intervenants marocains.

On soulignera, notamment, la position adoptée par l’Office national des aéroports dont Ahmed El Biaz, directeur général, précise qu’il tient à œuvrer «pour un développement harmonieux du transport aérien dans notre pays par la mise en place d’une infrastructure moderne, à même de faire face au développement du trafic aérien et d’assurer sa fluidité dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité».