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Chronique

Une année et cinq ruptures

Le bilan de l’année sur le plan stratégique et macro est plus que positif. Et le trend de l’évolution du pays, de son économie, de sa société suit une courbe ascendante, malgré des contraintes majeures.

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Dans le monde des affaires, quand on veut dresser le bilan d’une année civile, on liste toutes les évolutions de l’actif et du passif pour voir comment le patrimoine d’une entreprise se porte.

Mais en voulant présenter ce même bilan aux actionnaires, on ne rentre pas dans le détail des comptes, des immobilisations corporelles, des non-valeurs et autres, du passif et actif circulant, des comptes clients ou fournisseurs ou de l’état au 31/12 de la trésorerie actif et passif…

On va à l’essentiel, on donne les faits et évolutions majeures qui montrent si le trend est globalement positif ou le contraire, si le management est en ligne avec la stratégie globale de la firme ou pas…

Quand on veut faire ce même exercice pour «l’entreprise» Maroc, cinq faits majeurs, dont certains signant de grandes ruptures avec le passé, nous montrent que le bilan de l’année sur le plan stratégique et macro est plus que positif.

Et que le trend de l’évolution du pays, de son économie, de sa société suit une courbe ascendante, malgré des contraintes majeures, comme la sécheresse, la rareté de l’eau, le contexte géopolitique mondial et leurs conséquences sur la vie des gens et leur portefeuille.

Cette année que nous quittons a été d’abord celle où pour une première dans l’histoire du pays l’État a distribué tous les mois une aide monétaire directe à des millions de familles dans le besoin.

Une révolution sociale, mais aussi philosophique dans la conception même de l’État qui s’est faite en 2024, mais dont les retombées se verront plus clairement sur le moyen et long terme et dessinent d’ores et déjà le visage d’un nouveau Maroc.

Comme cet autre fait inédit, joyeux, qui concerne en premier lieu le monde du foot, mais déteint sur toute la société et l’économie du pays : l’attribution officielle par la FIFA de l’organisation du Mondial 2030 au Maroc et ses deux voisins ibériques, l’Espagne et le Portugal.

Là aussi, nous ne sommes pas simplement face à un acte de gestion qui produit des résultats sur une année, mais sur un véritable projet de société qui changera le visage du pays. Troisième acte de ce petit bilan macro: la reconnaissance par la France de la souveraineté du Maroc sur le Sahara.

Une grande avancée diplomatique pour le Royaume, mais aussi pour les trois régions du Sud, qui vont désormais pouvoir accueillir des investissements d’entreprises françaises, et plus tard européennes, dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, l’agriculture, l’industrie, les infrastructures… Le tout à coup de dizaines de milliards d’euros et avec la création de milliers d’emplois pour les populations locales.

Le quatrième fait majeur est cette fois-ci législatif, un vieux chantier que le Maroc n’a pas réussi à boucler depuis l’indépendance: celui de se doter d’une loi sur la grève.

Le gouvernement en place l’a fait, en obtenant un large consensus de l’ensemble des partenaires sociaux et en le faisant adopter en cette fin d’année au Parlement.

Il ne s’agit pas ici d’une simple loi, mais encore une fois d’une évolution stratégique importante pour le pays, ses travailleurs, ses entreprises, ses administrations et établissements publics et surtout pour l’attractivité du Maroc en termes d’investissements directs étrangers pour les dizaines d’années à venir.

Et la grande cerise sur le gâteau, celle qui rend le Maroc unique dans sa région et en fait une exception dans l’application d’un islam modéré mixé aux exigences des temps modernes : le consensus dégagé autour des propositions de réforme de la Moudawana, qui a passé toutes les étapes de consultations politiques et sociales, pour finir chez les oulémas et être marquée in fine par le sceau royal.

Des propositions qui marquent, dans certaines de leurs dispositions, une véritable révolution sociale et culturelle qui mettra, une fois cette ébauche rédigée en projet de loi et votée au Parlement, le pays sur la marche du progrès, de l’égalité homme-femme, sans pour autant renier l’identité marocaine et son socle religieux.

Dans ce bilan annuel, en toute évidence, on peut aussi lister plusieurs couacs, erreurs et polémiques qui font partie du lot de toute organisation sociale et politique.

Ou essayer de faire le focus sur la partie vide du verre. Mais on ne peut nier, en toute objectivité, que ces cinq faits et évolutions majeurs de 2024 ouvrent à eux seuls de nouvelles (et belles) pages pour l’avenir de notre pays, sa stabilité institutionnelle et sociale et la prospérité de ses citoyens.