Chronique
Le bilan en règle d’Akhannouch vs l’effondrement des règles
«Ce gouvernement a créé plus de valeur ajoutée qu’il n’a empruntée. Et la dimension sociale du bilan n’est pas en reste».
Aziz Akhannouch a clôturé la 12ᵉ étape de la tournée de communication «La Voie des réalisations», consacrée à l’évaluation de quatre bonnes années d’action gouvernementale et partisane du RNI.
Cette série de meetings de communication, qui a duré huit mois, a rassemblé chaque fois des milliers de militants, de sympathisants ou de citoyens venus écouter la portée du bilan de quatre années de gouvernement.
Un bilan qui a drastiquement cassé avec ceux des deux précédents gouvernements où triomphaient verbigération «inchallahesque» et bavardage inepte, mais d’actions positives concrètes, le grand oualou ! L’exact contraire du gouvernement actuel qui a permis d’atteindre un taux de croissance de 3,8% l’année dernière, et vise 5% cette année.
L’inflation qui était de 6,5% auparavant a été réduite à moins de 1% l’année dernière et sera de l’ordre de 0,8% en 2025. Le déficit budgétaire constitue l’un des chevaux de bataille du chef du gouvernement : tombé de 7% en 2021 à 3,9% en 2024, il devrait atteindre moins de 3% cette année.
Parallèlement, le taux d’endettement a reculé de 72,2% en 2020 à 67,7% en 2024. Cela signifie que ce gouvernement a créé plus de valeur ajoutée qu’il n’a empruntée. La dimen-sion sociale du bilan n’est pas en reste.
«Lorsque nous parlons de la généralisation de la couverture sanitaire, du soutien social direct et de la loi sur la protection de l’enfance, cela signifie que nous vivons une véritable révolution sociale», a déclaré le chef du gouvernement dès le mois de juin dernier à Agadir.
«Les Marocains savent très bien qui est loyal et qui ne l’est pas, qui travaille sérieusement et qui cherche juste à faire le “buzz” politique (…). C’est nous qui sommes à la tête de ce gouvernement, c’est nous qui avons la responsabilité de mener à bien ces programmes jusqu’à la dernière minute de notre mandat», a assuré Akhannouch à Tanger.
J’étais particulièrement sensible à la reconnaissance par Akhannouch des priorités encore pressantes, telles que l’amélioration des services publics (santé, éducation), l’accélération de la création d’emplois et la préservation du pouvoir d’achat.
Ce trait d’humilité l’honore et le confirme dans son statut d’homme d’État qu’il a déjà acquis de haute main. Comme j’aurais aimé que feu Hmad Oulhaj, que j’ai connu de très près, soit encore de ce monde pour exprimer sa fierté de son si digne fils !
• Même s’ils campent la totalité de la vie d’une nation, le journalisme et la politique n’ont ni les mêmes impératifs, ni les mêmes contraintes et encore moins les mêmes règles. Jusqu’à il y a peu, les frontières étaient clairement bétonnées entre le monde politique et la sphère journalistique.
La déontologie journalistique basique imposait le respect d’une série de règles touchant à l’intimité de l’homme politique. De leur côté, les politiques observaient une tolérance à toute épreuve aux critiques et même aux provocations des journalistes.
Parce que le journalisme se refusait à l’encartage rigoriste et béat et la politique se bonifiait à travers la critique.
Hélas, le monde a totalement changé au point où les repères se sont volatilisés et les règles déontologiques effondrées, aussi bien dans la galaxie politique qu’au sein de la sphère médiatique. La perversion des rôles et l’usurpation de fonctions empirent de jour en jour.
Et voilà qu’on en arrive à y mêler les institutions ! Après l’épisode tragicomique de la Commission provisoire de la presse, le leader du parti politique créé naguère par l’Amghar Ahardane vient d’offrir aux Marocains – sous la coupole du Parlement SVP ! – une grande première : une flyting musclée non pas à l’encontre d’un adversaire politique, ce qui ne serait dommageable ni pour l’insulté ni pour l’insultant, mais contre un patron de presse.
Ce dernier a répondu presto au leader (manifestement peu) politique… qui a répliqué en plus franco, et le cirque continue. Ithyphallophobie contre phallo-logorrhée et vice-versa. Allez savoir où sont donc passés le sens de l’État chez certains de nos politiques et le respect de la déontologie chez beaucoup de nos confrères !
J’appartiens à la génération linotypiste du plomb, celle qui a succédé aux pionniers dont le froufrou des plumes pouvait faire cesser des guerres ou remuer profondément la société. Les éditoriaux de Mohammed Belhassan El Ouazzani dans «l’Action du peuple» et «Arraiye al ‘Am», d’Abdelkérim Ghallab dans «Al Alam» et les articles magistraux d’autres pointures de cet acabit raisonnent encore.
Ils étaient les égaux pendants d’un François Mauriac dans son célèbre «Bloc-notes» ou d’un Raymond Aron dans «Le Figaro» puis «L’Express». Nous sommes donc les successeurs de la génération des pionniers. La majorité d’entre nous a déjà rejoint l’Au-delà.
Les Abdallah Stouky, Mustapha Iznasni, Abdelkader Chabih, My Abdeslam Al Bousarghini, Nadia Bradley, Mohamed Lachhab… et des dizaines d’autres ont travaillé dans des conditions techniques, pécuniaires et politiques des plus cruelles. Mais ils aimaient tellement leur destin de faiseurs et défaiseurs du monde qu’ils en supportèrent les pires servitudes.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Le torrent de la révolution technologique du monde médiatique a déversé au sein de notre corporation une populeuse race de prétendants culottés, impulsifs et sans le minimum requis de background.
Les pauvres bons et parfois excellents jeunes journalistes formés académiquement ou sur le tas se retrouvent copieusement minorés par cet «air du temps» particulièrement stupide et souverainement fier de l’être !
Ce vent de misère morale et de pénurie d’intelligence doit trouver une solide parade. «Quand tout semble aller contre vous, rappelez-vous que l’avion décolle contre le vent, et non grâce à lui.», avait dit Henry Ford.
