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Chronique

Faire nation ou faire sécession !

L’approche des législatives aiguise l’appétit de certains au point d’oublier qu’un mandat gouvernemental est en cours et doit être mené jusqu’à son terme dans les meilleures conditions.

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Il n’est point une chancellerie au monde qui sache précisément de quoi est fait le futur proche de l’humanité. Le mille-feuille des conflits mondiaux actuels est porteur de menaces lourdes contre l’espèce. Aux conflits russo-ukrainien et israélo-palestinien et leurs impacts sur les grandes voies maritimes du globe se sont greffées les premières escarmouches de la guerre économique sino-américaine.

À côté de cela, le stock de la dette mondiale ne cesse de s’amplifier, réduisant ainsi les marges des États en termes de financement de la paix sociale. Dire que nous vivons des temps extrêmement périlleux est donc une lapalissade.

Dieu merci, en dépit de la modestie de ses moyens financiers, le Maroc s’en sort plutôt mieux que beaucoup de pays comparables. Certes, le chômage persiste, conforté qu’il est par la sécheresse endémique, même si le gouvernement n’épargne aucun effort pour l’atténuer, notamment en milieu rural. Mais, grosso modo, le tableau de bord de l’économie marocaine garde intactes toutes ses promesses de l’horizon 2035.

Pourtant, certains aigris n’en ont cure. Les haineux du «Maroc qui réussit» vont jusqu’à relayer les coups bas de l’ennemi sous le chapiteau de la défense des droits humains ou le label de la moralisation de la politique. Or, aujourd’hui, plus que jamais, alors que le monde est sens dessus dessous, l’urgence des urgences consiste à faire nation.

À quelques enjambées du bouclage définitif de la fallacieuse «affaire du Sahara occidental», à la veille d’une Coupe du monde enfin domiciliée chez nous, au moment où les fondamentaux de l’État social se mettent en place et s’emboîtent de mieux en mieux avec les aspirations populaires, et à une minuscule poignée de points de PIB de l’émergence de notre pays, des âmes sombres se jouent du moral et de la bonne foi de nos compatriotes en continuant à déverser la haine de soi et celle de la patrie à travers les réseaux sociaux.

Au point que les chaînes de télévision algériennes n’ont plus aucun mal à faire leur marché de fake news grâce à ce que leur en offrent certains crétins parmi les nôtres.

Par ailleurs, la guerre génocidaire à Gaza offre l’opportunité aux nihilistes patentés d’emprunter l’occurrence islamo-gauchiste pour mobiliser les foules. Bien évidemment, les objectifs y sont loin de la défense de la noble cause palestinienne, il s’agit uniquement de pousser le Royaume vers la destruction de l’alliance avec les USA qui lui a permis de neutraliser les nuisances diplomatiques et stratégiques longtemps assénées par la camarilla d’Alger au Maroc.

Ce qui reviendrait donc à désarmer notre pays. Et c’est bien cela qui semble seoir à ces «agents sucrés» si dévoués aux agendas étrangers.
Ces «orphelins de la Siba» se refusent mordicus à toute lucidité. Ils refusent de voir agoniser la mondialisation des échanges, périr le multilatéralisme, étouffer le droit international et ses instruments brisés. Ils ne voient même pas les dangers qui rôdent autour de notre aire géostratégique, et qui vont du cyberterrorisme aux préparatifs guerriers.

Si ces parias sont aujourd’hui identifiés et certains d’entre eux dûment poursuivis pour incitation à la haine ou toute autre turpitude du genre, il est des forces politiques démocratiquement établies qui n’hésitent pas, à l’approche de l’échéance législative de 2026, à s’adonner au jeu périlleux de la diabolisation d’autrui. L’exemple d’un vieux parti de gauche est édifiant à cet égard.

Je le dis et en prends personnellement la responsabilité : voici un parti de gauche qui a longtemps copiné avec les islamistes, n’ayant point reculé du temps où le gouvernement Benkirane alignait les contre-performances économiques et les médiocrités politiques, aujourd’hui touché par la grâce de l’éthique et drapé du burnous de la morale.

Précisément là où le leader de ce parti avait calé du côté d’Al-Hoceima, écopant d’une colère bien royale ! On ne jette pas les pierres sur la maison d’autrui quand la sienne est en verre ! Gonflé à bloc, le «Haj rouge» ne cesse de tirer à boulets rouges sur la personne du chef de gouvernement, l’accusant de corrompre les électeurs, de conflits d’intérêts et une série d’autres balivernes.

Sans le début du commencement de la moindre preuve ! De quoi être largement poursuivi au moins pour diffamation ! Heureusement pour notre brave «Haj rouge» que le sens de l’État et le sang-froid ne quittent jamais un chef de gouvernement qui a mis fin aux gamineries qui avaient prospéré avant lui au sein et autour de la primature.

Il est également un travers que la coalition gouvernementale actuelle gagnerait à fuir comme la peste. Il s’agit de la désunion. L’approche des législatives aiguise l’appétit de certains au point d’oublier qu’un mandat gouvernemental est en cours et doit être mené jusqu’à son terme dans les meilleures conditions, en conformité totale avec la vision royale et le programme tripartite librement convenu.

Aucune voix dissonante ne doit aliéner un bilan que les organisations internationales, les premières, jugent d’ores et déjà comme étant «globalement positif». Comme je l’ai souligné plus haut, les temps sont exceptionnellement périlleux et la situation du monde n’incite pas à la quiétude. Notre pays qui a accompli des pas géants vers son développement doit à tout prix préserver ses chances d’émergence.

Le choix est aujourd’hui clair comme l’eau de roche : faire nation ou faire sécession ! Cette dernière option ne consiste pas uniquement à se séparer physiquement de l’État central, à la manière du Sud-Soudan, mais s’en séparer idéologiquement et mentalement. Faire nation, en revanche, consiste à mettre la solidité et la suprématie de la patrie au-dessus de toute autre considération. Tel est le prix de la grandeur !