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Statut des étudiants en médecine : Ce que change le nouveau décret
Le gouvernement acte une réforme majeure du parcours des futurs médecins. Réduction de la durée d’engagement, suppression du statut de bénévole, accès anticipé à l’internat et revalorisation des résidents, le décret n°2.26.342 reconfigure en profondeur le statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire.
La réforme du statut des étudiants en médecine, pharmacie et médecine dentaire est finalisée et actée par le décret n° 2.26.342, publié au Bulletin Officiel du 4 mai 2026. Ce cadre réglementaire vient actualiser l’ancien qui date de 1993 et introduit plusieurs améliorations et nouveautés. «Il s’agit d’une version concertée à laquelle ont participé les étudiants, qui a pris beaucoup de temps, certes, mais qui répond, au final, aux différentes demandes », affirme Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la prévoyance sociale, lors d’un point de presse organisé conjointement avec Azzeddine Midaoui, ministre de l’Enseignement supérieur, pour la présentation de ce nouveau décret.
À travers ce décret, le gouvernement engage une évolution majeure du modèle de gestion des ressources humaines médicales, en passant d’une logique de contrainte à une logique de fidélisation volontaire, structurée et valorisée. Ainsi, cette réforme « stratégique et fondamentale », comme l’a qualifiée Midaoui, s’articule autour de quatre leviers principaux.
Le premier porte sur la révision de la durée d’engagement. Les huit années contractuelles avec l’État ne sont plus d’actualité. Elles sont réduites à trois années seulement et seront applicables progressivement « pour éviter de perturber le parcours des médecins déjà contractualisés et de créer un gap entre les étudiants de l’ancien régime et du nouveau », explique Tehraoui. Non seulement cela, le décret apporte une nouveauté majeure : la suppression du statut de bénévole. Autrement dit, tous les étudiants ayant bouclé leur parcours de spécialisation devront obligatoirement se soumettre à la nouvelle réglementation (trois années dans les hôpitaux publics), avant de choisir leur voie et orientation, public ou privé. « À travers ce réaménagement, et concomitamment à l’augmentation du nombre de sièges dans les hôpitaux et à la création même de nouveaux établissements de santé, la problématique relative à la pénurie de médecins à l’horizon 2030 ne devrait plus se poser », assure Tehraoui. Il ajoute : « Le rendement du système atteindra 2.000 lauréats par an, contre environ 1.300 selon le modèle précédent, auxquels s’ajouteront 700 ex-bénévoles (Ndlr : qui devront intégrer le nouveau système) ».
De façon globale, grâce à une augmentation de 133% des capacités de formation entre 2020 et 2025, cette réforme permettra, selon les simulations prospectives du ministère, d’intégrer 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032.
Accès à l’internat dès la 4e année
Le deuxième volet concerne l’accélération de la spécialisation (accès à l’internat). Le concours d’accès à l’internat est désormais ouvert dès la fin de la quatrième année d’études, au lieu de la cinquième année précédemment. Cette mesure permet d’optimiser le calendrier de formation et de répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes.
Le troisième, lui, est relatif à la consolidation du statut juridique au sein des GST. Le décret précise, en effet, les droits et obligations des différentes catégories d’étudiants en formation (stagiaire observateur, externe, interne, résidant). « Ce qui devra renforcer la gouvernance, puisque ces groupements seront intégrés dans toutes les strates pour prendre des décisions relatives aux besoins en spécialités », souligne le ministre de la Santé.
Revalorisation du statut des résidents
La revalorisation du statut des résidents et l’amélioration des conditions de formation ne sont pas en reste. La réforme met ainsi fin aux situations professionnelles insuffisamment stabilisées en généralisant un cadre statutaire rémunéré et structuré. Les résidents sont désormais nommés, dès la première année de résidanat, au premier échelon du premier grade du cadre des médecins, pharmaciens ou médecins-dentistes, avec attribution de l’indice 509, garantissant une meilleure stabilité administrative, matérielle et sociale. Lors de leur nomination, les résidents signent un engagement de servir, immédiatement après l’obtention du diplôme de spécialité, pour une durée définie conformément aux dispositions transitoires prévues par le décret et aux textes législatifs et réglementaires en vigueur. Enfin, le décret consacre également le principe de préservation des acquis et des droits des promotions actuellement en formation.
In fine, ces évolutions visent à améliorer les parcours de formation, renforcer l’attractivité du secteur public par l’encouragement des lauréats à rejoindre les hôpitaux publics, dans des conditions plus attractives et plus durables et mieux répondre ainsi aux besoins du système national de santé
45 professionnels de la santé pour 10.000 habitants en 2030
Dans ce cadre, Midaoui a précisé qu’à partir de 2030, le pays devra atteindre 45 professionnels de la santé pour 10.000 habitants, contre 25 actuellement et 18 en 2022. Un niveau bien plus supérieur aux recommandations de l’OMS qui situe ce ratio à 23/10.000 personnes.
Une fois ce dossier relatif au statut des médecins clos, le ministère de la Santé, conjointement avec le ministère de l’Enseignement supérieur, se penchera sur un autre chantier majeur. Il concerne « la spécialisation en médecine générale, à l’image de ce qui est pratiqué dans plusieurs pays étrangers », explique le ministre de l’Enseignement supérieur.
Calendrier de transition
La durée d’engagement au travail des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes diplômés des promotions 2024 et 2025 est fixée à six années, à compter de la date de leur nomination.
Pour les résidents, la durée de l’engagement est fixée, selon leur promotion de remise de diplôme, comme suit :
Promotion 2026 : Six ans à compter de la date de nomination ;
Promotion 2027 : Cinq ans à compter de la date de nomination ;
Promotion 2028 : Cinq ans à compter de la date de nomination ;
Promotion 2029 : Quatre ans à compter de la date de nomination ;
Promotion 2030 : Quatre ans à compter de la date de nomination ;
Promotion 2031 : Quatre ans à compter de la date de nomination ;
Dès 2032 : Entrée en vigueur du régime définitif de 3 ans.
Ce mécanisme progressif vise à assurer la continuité de la présence médicale, accompagner la transition du système de santé et garantir une mise en œuvre maîtrisée de la réforme.
