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Au Royaume

Maroc-France : La nouvelle dynamique

Entre Rabat et Paris, il ne s’agit pas uniquement d’un retour à la normale des relations bilatérales, mais du début d’un nouveau cycle soutenu par l’ambition d’aller vers un partenariat stratégique «renouvelé». Les signes.

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Après le purement «diplomatique», place au tout économique. Entre Rabat et Paris, c’est une nouvelle page de l’histoire de la relation bilatérale qui est en train de s’écrire. Et c’est une nouvelle inflexion qui se dessine. En corollaire, la multiplication des échanges de haut niveau entre les deux gouvernements. Or, compte tenu de la diversité des domaines de coopération entre les deux pays, plusieurs ministres se rendent en visite de travail au Maroc.

En effet, après le déplacement du ministre des Affaires étrangères et de l’Europe, Stéphane Séjourné, à la mi-février, puis du ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, début avril, c’était au tour de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, de se rendre dans le Royaume, concomitamment avec la visite de son collègue en charge de l’Agriculture, Marc Fesneau. La ministre de la Culture, Rachida Dati, est également annoncée, alors que le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire, est attendu ce vendredi 26 avril. Une visite de travail qui coïncide avec la tenue du Forum d’affaires Maroc-France, co-organisé par la CGEM et le MEDEF International. Un grand rendez-vous entre les opérateurs des deux pays, où 300 entreprises de l’Hexagone se sont inscrites sur la liste de présence, et qui ne manquera pas d’insuffler une nouvelle dynamique au partenariat économique unissant les deux pays.

Bien plus que le sécuritaire
Mais, s’il est un domaine qui revêt la plus haute importance dans les relations bilatérales, c’est bel et bien celui de la coopération sécuritaire. D’ailleurs, s’exprimant à l’issue de ses entretiens avec le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, Gérard Darmanin s’est fait fort de se «féliciter de l’excellence de la coopération sécuritaire» entre Rabat et Paris, notamment, en raison des «enjeux communs», dont la lutte contre la drogue, les réseaux terroristes et la criminalité. Le responsable français n’a pas manqué non plus de souligner l’excellence de cette coopération, tout en mettant en exergue «l’efficacité de la police marocaine».

Il a indiqué, à ce propos, que «sans nos amis marocains et l’excellence de la police judiciaire marocaine, la France serait plus en danger qu’elle ne l’est». De même qu’il a relevé que «les récentes interpellations qu’a connues le Maroc au nom des demandes formulées par la France montrent la grande efficacité de la police marocaine», tout en soulignant que «sans les services de renseignement marocains, la France serait plus touchée». Il est à rappeler en outre que l’approfondissement de la coopération sécuritaire a été, en décembre dernier, au cœur des entretiens qu’a eus le directeur général du pôle DGSN/DGST, Abdellatif Hammouchi, avec respectivement le patron de la police nationale française, Frédéric Veaux, et Nicolas Lerner, directeur général de la Sécurité intérieure française, pendant deux séances de travail.

Plus encore, évoquant les prochains Jeux olympiques qu’abritera Paris l’été prochain, le ministre français de l’Intérieur a tenu «à remercier le Maroc qui va pouvoir aider très fortement la France dans l’organisation des grands événements sportifs, notamment les Jeux olympiques». Le Royaume a d’ailleurs démontré toute l’étendue de son savoir-faire en la matière, notamment à l’occasion de l’organisation de la Coupe du monde au Qatar en 2022. Paris le sait et pourrait bien compter sur l’expertise marocaine.

Il est à noter, en outre, qu’au cours de son séjour dans le Royaume, le responsable gouvernemental français s’est également entretenu avec le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq. Darmanin a d’ailleurs relevé «l’excellence de la coopération avec les autorités religieuses marocaines», tout en soulignant que «l’Islam tel qu’il est pratiqué au Maroc est un modèle». Aussi a-t-il relevé que la France est «très attentive à la formation des imams et à la façon dont le Maroc peut nous aider dans ce domaine». Là encore, l’expertise du Royaume et son modèle ont fait leurs preuves, notamment quand on pense au nombre grandissant des imams africains qui bénéficient de l’enseignement religieux marocain.

Autant de déplacements qui s’inscrivent dans la droite ligne de la nouvelle dynamique tendant à «mettre en place une feuille de route ambitieuse» couvrant tous les secteurs pour un partenariat stratégique «renouvelé».
D’ailleurs, on a assisté à un nouveau jalon dans l’élan d’intensification de ce partenariat, notamment dans le secteur agricole avec, à la clé, la signature d’une feuille de route pour le développement de la coopération dans les domaines agricole et forestier, lundi 22 avril à Meknès, en marge de la 16e édition du SIAM. Le ministre marocain de l’Agriculture, Mohamed Sadiki, et son homologue français, Marc Fesneau, ont d’ailleurs tenu à souligner l’importance de ce nouveau cadre de la coopération visant à «contribuer à atteindre les objectifs communs de sécurité et de souveraineté alimentaire, et de gestion durable des ressources naturelles (eau, sols, forêts et biodiversité)». Or, en vue de donner du contenu à ce nouveau cadre, plusieurs accords et conventions ont été paraphés entre les professionnels et des institutionnels des deux parties.

 


INFLEXION
C’est le ministre français du Commerce extérieur, Franck Riester, qui le déclarait solennellement, à la CFCIM de Casablanca, lors de sa récente visite de travail dans le Royaume: «La France est prête à investir aux côtés du Maroc au Sahara». Saluant les efforts du Royaume en termes d’investissements dans les provinces du Sud, Riester a déclaré que Paris est «prête à accompagner ces efforts, en indiquant que Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) dédiée au secteur privé, pourrait contribuer au financement d’une ligne de haute tension entre Dakhla et Casablanca. Certes, les détails ne fuitent pas encore, mais il s’agit bel et bien d’une inflexion majeure qui «préluderait» à d’autres. Un signal que la France serait, selon des observateurs, en train d’aller, doucement et sûrement, dans le sens de l’Histoire. Car, autant il est opportun de parler d’histoire, autant il est primordial de bâtir l’avenir sur de nouvelles et solides bases.