Evénement
Santé : La réforme sur la bonne voie…
Sûrement, la réforme structurelle du système de la santé avance. Que ce soit sur le rayon «gouvernance», au volet infrastructures et ressources humaines ou encore au niveau des autres déclinaisons. Comme pour tous les chantiers, Aziz Akhannouch suit de très près le dossier.
En s’attaquant à la réforme de la Santé, le gouvernement n’a pas opté pour le rafistolage. L’approche a été de refonder, de fond en comble, toutes les composantes du système, mais aussi d’en créer de nouvelles. L’objectif étant d’apporter des réponses aux défis qu’impose un chantier dont l’ambition principale, comme pour d’autres, est de s’inscrire dans l’efficience et l’efficacité requises.
Or, parmi les leviers cardinaux figure, en particulier, la question de la gouvernance. Pierre par pierre, l’édifice prend forme. En effet, depuis le lancement de ce chantier, foncièrement inscrit dans le processus de la consolidation de l’État social, on notera la mise sur pied de plusieurs instances de gouvernance.
Ainsi, coup sur coup, on assistera à la naissance de la Haute autorité de la Santé, celle de l’Agence des médicaments et des produits de la santé, et celle de l’Agence du sang et de ses dérivés. Des structures d’importance majeure dans ce processus, puisque leur activation participe du raffermissement des «mécanismes de réglementation et de contrôle de l’action des opérateurs» et du renforcement de «la gouvernance hospitalière et la planification territoriale de l’offre de santé».
Quand l’action se conjugue au suivi de l’action
Or, si cette dynamique réformiste se poursuit dans la sérénité, c’est que, en filigrane, il y a un suivi autant «régulier que rigoureux» de l’évolution du processus. En fait, cela fait partie de l’approche adoptée par le Chef du gouvernement dès le départ et sur tous les dossiers. «On diagnostique, on planifie, on acte et on assure le suivi».
D’ailleurs, la réunion du Comité de pilotage, tenue mardi 11 mars sous la présidence du Chef du gouvernement, entre justement dans ce cadre. À cette occasion, Aziz Akhannouch a souligné que «le gouvernement poursuit en toute responsabilité ses efforts en vue d’améliorer l’offre de la santé».
Car, si la généralisation de la couverture sanitaire est une bonne chose, elle n’aura aucun sens si elle n’est pas accompagnée d’une offre de santé à la hauteur des attentes et des aspirations des populations ciblées. Sachant que «l’enjeu demeure la garantie d’une prestation de santé publique de qualité».
Or, à ce niveau-là, faut-il le rappeler, outre le dispositif de gouvernance activé, l’Exécutif avance sur les autres leviers de la réforme. Ainsi en est-il du volet des infrastructures avec la poursuite des travaux de construction, d’extension et de réhabilitation de six centres hospitaliers universitaires et de 79 hôpitaux provinciaux et régionaux, permettant d’assurer une capacité d’accueil supplémentaire de 11.338 lits.
Toujours est-il que, pour que cette grosse machine marche à plein régime, force est de relever que les efforts consentis ne manquent pas d’accorder tout l’intérêt qui s’impose aux ressources humaines devant porter, parmi d’autres intervenants, leur part de la réforme en cours.
Sur ce rayon, on apprend que lors de la réunion de ce mardi, la question de la promotion de ces ressources a été abordée. En effet, il était question de la mise en œuvre du programme d’augmentation des effectifs des professionnels de la santé à l’horizon 2030.
Sur ce front, «des avancées sensibles ont été enregistrées», notamment en ce qui concerne les engagements contenus dans la convention-cadre y afférente, signée en juillet 2022, et dont l’objectif est de réduire le manque enregistré des cadres, mais aussi la refonte du système de formation.
Dans ce chapitre, le grand chantier tendant à doter chaque région du Royaume d’une faculté de médecine et de pharmacie est sur la bonne voie. De nouvelles ont ouvert leurs portes et celles de Guelmim, Errachidia et Béni Mellal vont suivre.
Dans la foulée, on poursuit aussi le travail en matière de digitalisation du système national de la santé. Ce qui n’est ni un luxe et encore moins une mince affaire! D’autant qu’il s’agit de la mise en place d’un système informatique intégré pour la collecte et le traitement de l’ensemble des données de base.
Dans cette perspective, une convention de partenariat devra être signée entre le département de la Santé et de la protection sociale, le ministère de l’Économie et des finances et la CNSS. Dans le viseur : Assurer la convergence et l’efficience financière pour la mise en œuvre de ce système.
Maintenant, si le chantier est sur les bons rails, Aziz Akhannouch ne voudrait pas que les acteurs en action s’endorment sur leurs lauriers. Lors de la réunion du Comité de pilotage, il a appelé à «faire preuve de diligence et d’efficience» dans l’action.
Le secteur privé bien impliqué
Il y a des fois des prises de position politiciennes qui tentent de clouer au pilori l’implication du secteur privé dans le processus de réforme. Certes, on peut en vouloir à certains intervenants pour certaines pratiques – et les lois existent pour circonscrire les maux – mais, de là à vouer tout un secteur aux gémonies, les «généralisations» devraient avoir des limites.
D’autant plus que certains acteurs du privé se sont inscrits dans une démarche territoriale couvrant les zones les plus reculées du pays. Avec des investissements colossaux dans le matériel comme pour les ressources humaines. Qui plus est, couvrant diverses spécialités. Loin de l’axe historique !
C’est dire que chercher des «arguments» sans fondement relève de la surenchère. Et ce, pour la simple raison que le secteur public, à lui seul, ne pourrait en aucun cas répondre aux exigences de la généralisation en marche. Ensuite, force est de relever que public et privé ne sont nullement dans une logique de confrontation, encore moins de concurrence. C’est la complémentarité qui prévaut et qui est censée prévaloir.
