Au Royaume
Agadir. Mostapha Bouderka : «L’amélioration de l’attractivité de la ville a eu des retombées bénéfiques»
Réalisations, nouveau mode de gouvernance, priorités et chantiers à venir… Le premier vice-président du Conseil communal d’Agadir fait le point sur les dossiers de la collectivité territoriale.
Comment s’annonce la saison estivale ?
Tous ces changements ont été constatés par les habitants comme par les visiteurs de la ville, aujourd’hui plus attractive, avec des retombées bénéfiques sur les établissements hôteliers. L’été de cette année a commencé très tôt. Déjà en juin, le taux de remplissage des hôtels était inédit, semblable au pic du mois d’août. Pour cette saison estivale, nous avons un riche agenda culturel qui va s’étaler sur toute la saison.
Dans ce cadre, le programme Azul Agadir dont la Commune urbaine est partenaire vient d’être lancé. Le grand challenge de notre Conseil après la réalisation des infrastructures est de pérenniser le patrimoine et d’animer la ville.
Quel est le bilan de la Commune urbaine d’Agadir à mi-mandat ?
On peut le voir à travers le changement opéré dans la ville, suite à la concrétisation du Programme de développement urbain d’Agadir 2020-2024 et la mise en œuvre du Plan d’action communal 2022-2027. Pour commencer, sur le plan environnemental, nous disposons aujourd’hui d’espaces verts de qualité, arrosés par des eaux usées. La ville est même passée de deux à quatre mètres carrés par habitant et nous aspirons à atteindre huit mètres carrés d’espaces verts par habitant. Côté culturel, la ville a gagné en attractivité et associe désormais le balnéaire au culturel. Vu son importance, ce volet représente 30% du Programme de développement urbain. Il ne faut pas oublier que la région a une culture amazighe bien ancrée que nous voulons mettre en valeur, et ce, à travers la construction de musées. Au programme : le musée de la culture amazighe, le musée Timitar, le musée des arts contemporains. Pour le moment, la reconstruction du musée dans l’ancien bâtiment de Banque Al-Maghrib est l’un des édifices réalisés. Le grand réaménagement de la Kasbah Oufella est aussi un chantier achevé.
Qu’en est-il de la mobilité dans une ville où apparaissent de nouveaux quartiers ?
Au niveau du transport, la ville abrite aujourd’hui 15,5 km de couloirs BHNS dans tous les grands quartiers, y compris la cité universitaire, car Agadir est une ville universitaire par excellence qui compte plus de 140.000 étudiants. Elle abrite aussi des kilomètres de chemins piétons qui encouragent le transport multimodal et les habitants comme les visiteurs à la promenade.
Plusieurs quartiers ont également été transformés. À travers le Programme de développement urbain, nous avons essayé de réduire les inégalités entre les quartiers. Dans ce contexte, je rappellerai le grand travail de mise à niveau au niveau des piémonts. Nous espérons très bientôt démarrer le même travail à Anza.
Objectif de notre démarche : ne plus avoir de quartiers sous-équipés avant 2027. Nous avons aussi bien avancé dans la mise à niveau des marchés de proximité. Souk Al-Had est aujourd’hui un chantier achevé et réussi.
Après le réaménagement du marché de Talborjt, celui du marché central va bientôt démarrer. Au niveau de Bab Al-Marsa, à notre actif la construction d’un marché de poissons et des restaurants dans le cadre du programme de développement urbain. Les commerçants devraient y emménager dans les semaines à venir. Sur le plan d’éclairage de la ville, nous avons adopté un éclairage intelligent. Tout en augmentant le nombre de points lumineux, nous avons réduit un petit peu la facture énergétique.
Quels sont les changements opérés en matière de gouvernance au sein de la collectivité ?
En matière de gouvernance, nous pouvons dire haut et fort qu’Agadir est un modèle à plusieurs niveaux. Sur le plan de perfor-mance financière, Agadir est l’une des collectivités qui se distinguent. En termes de recettes, elle réalise 165% de ses dépenses obligatoires, alors que la moyenne nationale réalisée par les collectivités ne dépasse pas 80% en la matière. Notre stratégie repose sur l’amélioration des recettes et la rationalisation des dépenses.
Agadir est aussi un modèle de gouvernance en matière de collecte des déchets. C’est une gestion directe de la Commune. L’Aïd Al-Adha est notre dernier exemple en la matière. Nous avons relevé avec brio le challenge de rendre la ville propre le jour même de l’Aïd. Nous sommes également un modèle à ce niveau en matière de coût. Nous sommes dans une moyenne de deux cent soixante dirhams la tonne collectée, alors que d’autres villes nécessitent trois à quatre fois ce prix-là pour la gestion des ordures.
C’est une performance et un modèle de gouvernance dont nous sommes fiers. Nous performons aussi en matière de préservation de nos infrastructures. Le plus difficile n’est pas de créer des espaces, mais de les préserver en bon état et de les maintenir en activité pendant des années. C’est un des challenges de la Commune. La Commune urbaine d’Agadir se distingue aussi en matière de gestion des budgets et le financement de ses projets. Je rappelle qu’Agadir s’est positionnée en pionnière en ayant recours à l’emprunt obligataire pour honorer ses engagements financiers.
La gestion du Programme de développement urbain est aussi un modèle de gouvernance qui distingue Agadir. La ville a réussi aussi à ce niveau à travers le respect des engagements financiers, des délais et de la mobilisation du foncier. L’utilisation des nouvelles technologies pour augmenter nos recettes au niveau notamment des terrains non bâtis et de l’occupation du domaine public est également une démarche dont nous sommes fiers.
Outre le déploiement d’un éclairage intelligent, les nouvelles technologies sont aussi exploitées à travers l’installation de compteurs connectés qui nous permettent de détecter les fuites rapidement. Ainsi, un des objectifs de notre mandat est de faire d’Agadir une ville smart et une cité connectée.
Quels sont aujourd’hui vos priorités et chantiers à venir ?
Premièrement, c’est d’achever tous les projets et mener ainsi à terme le programme royal de développement urbain. La réalisa-tion de notre plan d’action communal est aussi une priorité de notre collectivité. Cette feuille de route vient compléter le programme de développement urbain. C’est un chantier de plus de sept cents millions de dirhams qui va permettre la mise à niveau de presque seize quartiers au niveau de la ville d’Agadir. Le Plan d’action communal va ainsi couvrir tous les quartiers sous-équipés.
Il y a une autre priorité qui s’impose aussi, c’est réussir l’entretien et améliorer le niveau de la propreté de la ville. Il faut assurer la pérennité de toutes les infrastructures qui ont été réalisées. Préparer la ville pour les prochains grands événements que sont la Coupe d’Afrique et la Coupe du monde fait aussi partie de nos dossiers chauds.
Un grand programme à ce sujet sera prêt dans les semaines à venir. Donc l’heure est encore à la mobilisation.