Au Royaume
50 Projets qui ont changé le Sahara (2/5)
Depuis un demi-siècle, le Royaume investit massivement dans ses provinces du Sud pour les équiper d’infrastructures de tout genre à même d’assurer à la population les conditions d’une vie digne. Industrie, culture, agriculture, transport, pêche, sport… des projets à foison ont transformé le mirage du développement en réalité. Florilège.
11- La formation au service du tourisme saharien
Inauguré le 18 décembre 2020, l’Institut spécialisé de l’hôtellerie et du tourisme (ISHT) de Dakhla incarne la volonté du Royaume de faire de la formation professionnelle un levier central du développement des provinces du Sud. Construit sur une superficie de 20.000 m², dont 3.850 m² couverts, cet établissement du réseau OFPPT a nécessité un investissement de 42,5 millions de dirhams. Pensé comme une école d’application moderne, l’ISHT dispose de 14 ateliers pédagogiques, de laboratoires de langues et d’un hôtel-école permettant aux stagiaires d’évoluer dans un environnement professionnel réel. Chaque année, il accueille jusqu’à 1.100 apprenants répartis sur 11 filières, allant de la gestion hôtelière à la restauration, en passant par les métiers de cuisine, de service et de réception. Ce modèle d’enseignement par la pratique répond directement aux besoins du marché local en main-d’œuvre qualifiée, dans une région où le tourisme constitue un pilier stratégique. Véritable pépinière de talents, l’ISHT renforce aujourd’hui l’attractivité de la région en offrant aux opérateurs du secteur une main-d’œuvre formée localement et directement opérationnelle.
12- Filière intégrée d’aquaculture en plein essor
La ville de Dakhla est pionnière dans le développement du secteur aquacole au Maroc. Le groupe Azura, à travers Azura Atlantic, y est implanté depuis 2016 et est spécialisé dans la production de palourdes. Mobilisant un investissement de 300 MDH, le groupe a installé toute une filière intégrée, depuis l’écloserie jusqu’à la mise en marché. D’autres sociétés s’y sont installées à l’instar d’Unimer à travers une joint-venture avec la société maroco-catalane d’aquaculture (SMCA) où sont développées huitres, palourdes et moules, ou encore Gold Sea Australia, spécialisée dans l’élevage et l’exportation de coquillages et palourdes. À cette date, 11 fermes sont actives à Dakhla et 2.400 ha sont attribués à 214 projets de coquillages et d’algues pour une production prévisionnelle de 78.000 tonnes avec la création de 2.500 emplois. Dakhla- Oued Eddahab a même été retenue comme région pilote pour la refonte des plans régionaux d’aménagement et de gestion aquacoles, projet initié par l’ANDA (Agence nationale de développement de l’aquaculture), nécessitant un budget de 4,7 millions de dirhams. Dakhla abrite également la première station d’aquaculture du centre régional de l’Institut national de recherche halieutique (INRH), la première du genre en Afrique du Nord avec une superficie de 8.000 m2 et ayant nécessité un investissement de 65 millions de dirhams.
13- West Africa Free Zone place la barre haut
La zone logistique West Africa Free Zone est une partie intégrante de la future grande zone industrialo-logistique, associée au port Dakhla Atlantique, lequel devrait être mis en service d’ici 2029. Le projet de la zone logistique, implanté dans la commune d’El Argoub et qui s’étend sur 45 ha, reflète l’ambition du pays de faire de Dakhla un pivot central des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
Concrètement, la zone franche sera une plateforme de massification logistique (à destination du continent), de transbordement et de service logistique de niveau mondial, à même d’offrir un niveau de compétitivité élevé aux opérateurs commerciaux. Parmi les avantages comparatifs de West Africa Free Zone figurent son positionnement privilégié sur les grandes lignes maritimes vers l’Afrique de l’Ouest ainsi que ses larges capacités de stockage.
Côté investissement, plus de 150 MDH doivent être mobilisés pour l’aménagement de la zone logistique, laquelle contribuera à améliorer l’intégration régionale à terme.
En somme, la zone logistique West Africa Free Zone aura tous les atouts pour s’ériger en un hub stratégique pour la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont le Royaume est un éminent membre.
14- UM6SS Dakhla : Un hub d’excellence en matière de santé
Inauguré le 23 septembre 2024, le campus de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé (UM6SS) à Dakhla illustre la vision du Royaume de faire des régions du sud un hub d’excellence en matière de santé et de formation médicale. Porté par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé, ce projet s’inscrit dans une dynamique de décentralisation de l’enseignement supérieur et d’ancrage territorial des compétences. L’objectif est clair : rapprocher la formation médicale des régions, répondre aux besoins spécifiques du territoire et ouvrir une passerelle continentale à travers l’Académie africaine des sciences de la santé.
Sur un site de plusieurs hectares, le campus abrite la Faculté Mohammed VI de médecine, la Faculté des sciences infirmières et professions de la santé, ainsi qu’une école supérieure d’ingénieurs en sciences de la santé. Pensée comme un carrefour du savoir africain, l’Académie africaine vise à accueillir jusqu’à 3.000 étudiants venus de tout le continent. Le campus comprend un quartier résidentiel, un centre de congrès et des résidences universitaires totalisant près de 600 lits, un cadre conçu pour favoriser l’échange, la recherche et la vie étudiante.
À terme, le dispositif sera complété par le Complexe hospitalo-universitaire Mohammed VI de Dakhla, futur pilier du système régional de santé. Doté de 300 lits, dont 58 en réanimation, cet hôpital servira à la fois de centre de soins et de terrain clinique pour les étudiants.
15- Des millions de dirhams pour l’assainissement liquide
Avec une enveloppe d’investissement de 245 millions de dirhams, la ville de Dakhla s’est vue doter d’un grand projet d’assainissement liquide en 2016. Ce projet a porté sur la réalisation d’une station d’épuration des eaux usées d’une capacité de traitement de 150.000 équivalent/habitant et un débit journalier de 10.000 m3. Aussi, le projet a consisté en la pose de 21 kilomètres de collecteurs des eaux usées, ainsi que la mise sur pied de cinq stations de pompage et la réalisation d’ouvrages de transfert des eaux épurées pour les besoins de réutilisation. Il est à rappeler que ce chantier est venu parachever un premier projet d’assainissement liquide mis en service en 2008, qui avait mobilisé un investissement de 62 millions de dirhams. Il avait consisté en la réhabilitation et l’extension des réseaux d’assainissement sur un linéaire de 67 kilomètres, la réalisation de 3.750 branchements particuliers et la construction de deux stations de pompage. Et compte tenu du développement urbanistique que connaît la ville, il fallait bien que le renforcement des différentes infrastructures suive. D’autant plus qu’il était nécessaire d’apporter des réponses durables aux défis de l’urbanisation, tout en tenant compte de l’impératif de renforcer l’attractivité touristique de la destination.
16- ENCG Dakhla pour former des cadres polyvalents
Créée en 2016, l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Dakhla, dixième composante du réseau national des ENCG, relève de l’Université Ibn Zohr. Érigée sur une superficie de 16.428 m², elle s’inscrit dans la dynamique d’extension de l’enseignement supérieur vers les provinces du Sud. L’école a pour mission de former des cadres polyvalents dans les métiers du commerce, du management et de la finance. Le cursus, structuré selon le système LMD (Licence-master-doctorat) allie enseignement académique et immersion professionnelle à travers des stages, projets associatifs et séminaires thématiques. ENCG Dakhla organise également le Congrès international sur l’économie du désert, devenu un espace d’échange scientifique autour des enjeux de durabilité dans les zones arides. L’impact de cette école dépasse le champ académique. Elle favorise l’insertion des jeunes diplômés dans le tissu économique régional, renforce les compétences managériales locales et encourage l’entrepreneuriat saharien. En 2024, une enveloppe de 8,2 millions de dirhams a été mobilisée par le Conseil régional pour améliorer les conditions d’apprentissage et soutenir ces projets durables, confirmant ainsi son rôle structurant dans le développement de la région Dakhla-Oued Eddahab.
17- Guelmim : Le barrage qui vise à irriguer 10.000 hectares
S’inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement intégré de la région Guelmim-Oued Noun, signé en 2016, les travaux de construction du barrage Fask ont été achevés en 2024. Cet ouvrage hydraulique, qui s’étend sur une superficie de 628 hectares, dispose d’une capacité de stockage avoisinant les 79 millions de mètres cubes. Avec, en toile de fond, l’objectif d’irriguer pas moins de 10.000 hectares. C’est dire que le secteur agricole dans la région en sortira largement gagnant. Par ailleurs, ce barrage contribue non seulement à alimenter la nappe phréatique à son aval, mais il permet aussi l’approvisionnement en eau potable de la ville de Guelmim et des centres voisins et la protection contre les inondations. Dans la foulée, cette infrastructure hydraulique, qui a mobilisé un investissement de 1,5 milliard de dirhams, devra participer à la création d’un écosystème agricole diversifié et l’attraction de nouveaux investissements. Or, quand on constate la dynamique que connaît Guelmim-Oued Noun dans son ensemble, il va sans dire que le barrage Fask jouera un rôle moteur dans le développement socioéconomique de toute la région.
18- Port Dakhla Atlantique: Futur géant des océans
C’est l’un des chantiers les plus ambitieux jamais lancés au Maroc. Une infrastructure titanesque, le projet de tous les superlatifs. Niché dans la commune de Ntireft, à 40 km au nord de la ville, ce mégaprojet est le fruit d’une convention paraphée en 2016, lors d’une tournée du Souverain dans les provinces du Sud. Neuf ans plus tard, la silhouette géante émerge doucement des eaux. En juillet dernier, les travaux étaient achevés à 40% et le futur pont maritime de 1,3 km finalisé à 85%. Ce port multifonctionnel, d’un investissement global de 12,5 milliards de dirhams (MMDH), disposera notamment d’un bassin de commerce avec un poste pétrolier, d’un bassin de pêche côtière et hauturière, et d’un bassin de réparation navale. Il sera également connecté à la route nationale n°1 (RN1), notamment à la voie express Tiznit-Dakhla, autre grand projet dont les travaux sont presque achevés. Avec un trafic annuel de 35 millions de tonnes, réparti entre le vrac, les conteneurs, la réparation navale et les activités liées à la pêche, Dakhla Atlantique sera, à terme, un des plus grands ports du Royaume. Adossée à l’Initiative royale pour l’Atlantique, l’infrastructure portuaire, qui devrait être opérationnelle en 2029, sera un important levier pour stimuler le commerce intra-africain.
19- Smara se connecte à travers la nouvelle école numérique
Inaugurée le 9 septembre 2025, l’Es-Semara Digital School se présente comme une réponse ciblée à l’enjeu d’employabilité dans la province d’Es-Semara. Financé par le Comité provincial de développement humain (CPDH) à hauteur de plus d’un million de dirhams, cet établissement accueille d’emblée 70 jeunes et fonctionne en partenariat avec l’Anapec, la Fondation Es-Semara et l’opérateur technique Web4Jobs. Pensée comme une plateforme d’apprentissage par la pratique, la Digital School propose des parcours courts en codage, compétences numériques, soft skills et renforcement linguistique, articulant formation technique et accompagnement vers l’insertion ou l’auto-entrepreneuriat.
Opérationnelle dès son ouverture, l’école ambitionne de réduire la fracture numérique locale en dotant les jeunes de compétences recherchées par les entreprises et start-up, tout en jetant les bases d’un écosystème digital provincial. À court terme, elle vise l’insertion professionnelle des premières promotions. À moyen terme, elle veut contribuer à la création de micro-entreprises digitales et à la diversification des opportunités économiques dans la province. Dispositif modeste par son budget, mais ciblé par sa pédagogie et ses partenariats, Es-Semara Digital School illustre comment des investissements locaux concentrés peuvent amplifier l’employabilité et l’inclusion socioéconomique dans des territoires isolés.
20- Une école de police sur mesure à Laâyoune
En septembre 2019, la ville de Laâyoune était à l’heure d’une première dans les provinces du sud du Royaume. Une école de police y était inaugurée. Le 17 septembre, les 400 gardiens de la paix stagiaires ont rejoint les bancs de la formation, avait annoncé, en son temps, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). L’école en question dispose d’une unité pédagogique qui dispense une formation théorique et pratique dans les différents métiers de la police, dont la sécurité publique, les renseignements généraux et la police judiciaire. Sur le volet opérationnel, la formation porte sur des cours d’éducation physique ainsi que sur les règles de maintien de l’ordre public. Derrière, cette unité de formation, qui est dotée de tous les équipements modernes pour assurer une meilleure formation conformément à la politique menée par la DGSN, vise à promouvoir et à perfectionner les ressources humaines de la Direction générale de la sûreté nationale de sorte à leur permettre d’accomplir leur devoir dans les meilleures conditions.
