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Sidérurgie : Sonasid passe à la vitesse supérieure
Le spécialiste de l’acier récolte les fruits de sa stratégie axée sur la diversification des produits, mais capitalise aussi sur la dynamique du secteur du BTP au Maroc. Avec un résultat qui a enregistré un rebond de plus de 4x à fin juin, les analystes prévoient un second semestre bien meilleur.
Sonasid a explosé ses bénéfices au premier semestre de cette année. Le RNPG a en effet enregistré une croissance de 359%, soit un bond de 4,6x pour totaliser 97 MDH, et le RN social de 2,7x à 115 MDH.
Cette performance n’est que la traduction de la dynamique de croissance du sidérurgiste dans un marché porteur. En effet, la société tire profit de la bonne dynamique du secteur du BTP, notamment les infrastructures, l’eau, l’énergie, la santé, l’éducation et le sport, dans le sillage de l’organisation des événements sportifs à venir, dont la CAN 2025 et le Mondial 2030.
La demande est alors plus importante que jamais, compte tenu des nombreux projets et chantiers engagés par le Royaume.
La mise en œuvre du programme d’aide directe aux primo-acquéreurs de logements a permis également au sidérurgiste de porter ses réalisations au plus haut. D’ailleurs, le chiffre d’affaires consolidé affiche une croissance de 25% à plus de 3 milliards de dirhams.
De son côté, l’EBITDA consolidé ressort en progression de 108% pour atteindre 252 MDH, grâce à la dynamique d’augmentation de la production certes, mais aussi à la réduction des coûts et au développement de la distribution. Les efforts en matière de recyclage ont aussi contribué à cette performance.
D’autres facteurs sont à rajouter à ce contexte porteur. Il s’agit de la situation délicate dans laquelle se trouvent quelques concurrents du sidérurgiste (difficultés financières, trésorerie insuffisante…), élément qui joue en la faveur de Sonasid, lui permettant d’être plus présente dans les marchés publics.
Coût de production optimisé
Il faut dire aussi que le sidérurgiste a adopté une stratégie de diversification de ses produits, se lançant dans des produits à forte valeur ajoutée, à l’instar du rond à béton antisismique, des fibres d’acier et le fil précontraint dont la production a commencé en 2024 sur son site industriel de Nador, et qui était jusqu’alors importé.
Rappelons aussi qu’en 2023 Sonasid avait lancé un nouveau produit à haute valeur ajoutée, spécifiquement développé pour répondre aux exigences du secteur automobile.
Le groupe a ainsi concrétisé ses premières ventes sur ce marché stratégique, avec un fil homologué désormais utilisé pour le renforcement des sièges automobiles ainsi que dans les câbles des systèmes de fermeture des portes et coffres.
Cette avancée a permis à l’entreprise d’accéder à une filière caractérisée par de fortes exigences techniques. Dans cette dynamique, Sonasid a engagé une démarche de co-développement avec ses clients, en initiant des tests, actuellement en cours, pour l’extension de la gamme de produits destinée aux constructeurs automobiles, tant au Maroc qu’en Europe.
À terme, Sonasid ambitionne de renforcer davantage sa présence sur ce marché en contribuant à l’augmentation du taux d’intégration locale dans les véhicules produits au Maroc. Et pour finir, la société envisage d’entamer la production du toron précontraint également, à partir de 2026.
À tout cela s’ajoute la valorisation des déchets en aluminium et en cuivre, à travers le recyclage de la ferraille ainsi que l’utilisation massive des énergies propres. D’ailleurs, les usines de Sonasid sont alimentées à 90% par des énergies vertes.
À titre d’exemple, les produits à haute valeur ajoutée développés à Nador, tels que la fibre en acier, bénéficient d’une énergie verte à 100%, grâce au parc photovoltaïque de Nador de 4 MW, en cours d’extension à 6 MW.
Cette diversification permet à la société d’améliorer son efficience opérationnelle, de réduire le coût de production, d’améliorer la qualité et, partant, de renforcer les marges du groupe. En effet, la marge opérationnelle ressort à 8,3% contre 5% à fin juin 2024.
Un exercice au beau fixe
Sonasid ne se limite pas au marché interne. Sur le plan international, la société a élargi sa présence à l’export au cours des dernières années, avec des livraisons vers l’Amérique du Nord, l’Europe, ainsi que vers des marchés africains, comme la Mauritanie et le Sénégal.
Comme l’ensemble des sidérurgistes, Sonasid subit les fluctuations des prix des matières premières, notamment la ferraille, et reste fortement dépendante des cours de l’acier à l’échelle internationale.
Cela dit, son processus visant l’optimisation du coût de production reste bien rodé, de telle sorte à ce que l’évolution des prix à l’international ait un impact non significatif sur sa rentabilité.
Quoi qu’il en soit, des analystes contactés restent positifs sur la société, en phase avec les perspectives favorables du secteur du BTP et de l’immobilier.
Ils prévoient des résultats bien meilleurs au terme du second semestre de cet exercice par rapport au précédent, car l’activité n’est pas interrompue par des événements comme le Ramadan ou la saison des pluies, qui ne commence plus aussi tôt qu’auparavant, réduisant ainsi son impact sur l’activité du second semestre..
Une performance de 290% depuis 2024
Sur le marché actions, le titre a connu l’une des plus fortes performances cette année. Avec un cours de 2.600 DH, la progression annuelle s’établit à 164%. Depuis 2024, le cours a bondi de 290%.
Toutefois, ses ratios boursiers demeurent chers avec un PE de 40 fois en 2025, devant baisser à 32 fois en 2026 et davantage les années qui suivent. C’est que les investisseurs achètent le potentiel de croissance de la société, prévoyant des résultats en augmentation continue les prochaines années.
Il faut dire aussi que malgré des investissements massifs engagés par le sidérurgiste, 147 MDH en 2024 et 100 MDH au premier semestre de cette année, la société continue de rémunérer ses actionnaires, le dividende étant fixé à 39 DH pour cet exercice, représentant un taux de rendement de 2%, pour une moyenne du marché de 2,7%.
