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Budget

Portefeuille public : Des indicateurs au vert sur fond de restructuration

Les prévisions de clôture pour l’exercice 2025 tablent sur un chiffre d’affaires de 393,3 MMDH pour l’ensemble du secteur des établissements et entreprises publics dont certains sont en pleine restructuration.

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La création de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE) traduit la forte volonté, manifestée au plus haut sommet de l’État, d’optimiser le portefeuille public, de rehausser la performance des établissements et entreprises publics (EEP) et d’améliorer la qualité de leur gestion et de leur gouvernance.

Considérés comme le bras armé de l’État en matière d’investissement et de transformation structurelle, les EEP ont affiché des performances financières remarquables en 2024 et 2025.

Le rapport sur les EEP, annexé au PLF 2026, publié récemment, atteste des bonnes réalisations financières du portefeuille public. Le document donne également un éclairage édifiant sur la mise en œuvre de la réforme des EEP, portée par l’Agence publique dirigée par Abdellatif Zaghnoun.

Des performances financières louables
L’une des forces du rapport annexé au PLF 2026 a trait au fait qu’il met en relief les principales informations financières du portefeuille public concernant les exercices 2024 et 2025.

Le chiffre d’affaires (CA) du secteur des EEP s’est établi en 2024 à 363,9 MMDH, soit une hausse de 10% par rapport à 2023. Ce trend haussier découle de la progression du CA du groupe OCP.

Pour l’année en cours, notons que les prévisions de clôture pour l’exercice 2025 prévoient un CA de 393,3 M MDH pour l’ensemble du secteur. Ce qui équivaut à une hausse de 8% par rapport à 2024.

Même son de cloche pour les charges d’exploitation hors dotations, lesquelles s’inscrivent aussi sur une trajectoire haussière. Elles se sont établies à 297,1 MMDH en 2024 (+ 6% par rapport à 2023).

Ceci dit, l’une des progressions remarquables est inhérente au résultat net du portefeuille public, qui a littéralement explosé entre 2022 et 2024, passant de 1,04 MMDH en 2022 à 9,2 MMDH en 2023 avant de culminer à 23,4 MMDH en 2024 (soit une hausse substantielle de 152%).

2025 pourrait être assimilée à une année de correction, puisque les prévisions de clôture en termes de résultat net du portefeuille public font ressortir un repli à 18,4 MMDH.

Ce qui équivaudrait à une contraction de 21% par rapport à 2024.

Un effort d’investissement conséquent
En 2024, les EEP ont investi plus de 101,4 MMDH (+25% par rapport à 2023). Toujours selon le rapport précité, en 2025, le volume global des investissements des EEP devrait dépasser 152 MMDH, soit une progression de 50% par rapport à l’année dernière.

Ces projections reflètent le nombre élevé de projets en cours de réalisation pour l’organisation de la CAN 2025 et du Mondial 2030. Deux compétitions majeures que le pays abritera.

D’ailleurs, les prévisions pour les exercices 2026 (plus de 179 MMDH), 2027 et 2028 sont toutes supérieures à 150 MMDH d’investissements pour chaque année.
la Mise en œuvre sur les rails

Parmi les axes clés du nouveau document annexé au PLF 2026 figure le bilan de la mise en œuvre de la réforme des EEP, définie par la loi-cadre n° 50-21, relative à la réforme des EEP, et la loi n° 82-20 portant création de l’ANGSPE.

Concrètement, la période 2021-2025 a été marquée par le déploiement de plusieurs chantiers stratégiques, en l’occurrence l’adoption du Code des bonnes pratiques de gouvernance des EEP, la préparation d’un dispositif renouvelé de contractualisation et la refonte du régime de la privatisation.

Pour rappel, la réforme du portefeuille public comprend cinq axes cruciaux, à savoir l’élaboration des textes juridiques prévus, la réforme du dispositif de contrôle financier, la politique actionnariale de l’État (PAE), les opérations de restructuration des EEP et la refonte du dispositif encadrant les opérations de liquidation.

Concernant l’élaboration des textes législatifs et réglementaires, prévus par la réforme jusque-là, ce sont 9 textes qui ont été approuvés, deux autres dans le circuit d’approbation (restructuration des SDL, contrat-programme État-EEP) et 6 dispositions sont en cours d’élaboration (contrôle financier de l’État sur les EEP, régime des privatisations, instance centrale de la liquidation des EEP dissous, etc.).

À noter que le projet de loi relatif au contrôle financier des EEP est en cours de finalisation. Il introduit quatre évolutions majeures en lien, entre autres, avec le contrôle financier axé sur l’appréciation des performances, sa génération progressive (avec un degré d’intervention modulé) et la reddition des comptes par des mécanismes réguliers de reporting.

Concernant la politique actionnariale de l’État (PAE), elle fait partie des principaux instruments de la réforme du secteur des EEP, telle que définie par la loi-cadre n° 50-21. Les orientations stratégiques de la PAE ont été approuvées par le Conseil des ministres en juin 2024.

Elles définissent les priorités, les objectifs et les principes directeurs qui guident la gestion et l’évolution du portefeuille public. La PAE et son plan de mise en œuvre sont opérationnels depuis fin 2024.

La restructuration en marche
Dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme des EEP relevant de son périmètre, l’ANGSPE a à son actif plusieurs opérations de pilotage et d’encadrement des restructurations.

Par exemple, dans le secteur audiovisuel, l’acquisition par la SNRT de 86,3% de «Radio Méditerranée Internationale» en avril 2024 et de 100% de «Medi1 TV» en juillet 2024 ainsi que le processus en cours de rattachement de «Soread 2M» constituent les premières étapes de la consolidation des opérateurs publics dans un pôle unique et intégré.

Un protocole d’accord signé en novembre 2024, impliquant l’ANGSPE, a permis de stabiliser la situation financière de «Soread 2M», en portant son capital à 1,1 MMDH. Dans le même ordre d’idées, la mise en œuvre d’un schéma innovant (OPCI et titrisation) est dans le pipe.

Concernant la branche énergétique, l’Agence publique a contribué à la refonte de la convention tripartite État-ONEE-Masen, visant à clarifier les rôles des acteurs publics du secteur.

Dans le secteur financier, bancaire et de l’investissement, une étude est en cours de lancement par l’ANGSPE. Elle vise à assurer la restructuration cohérente et stratégique du portefeuille public dans la branche englobant les établissements de crédit, les véhicules d’investissement, les instruments de garantie et de soutien à l’investissement. Le portefeuille public relatif au secteur logistique est aussi appelé à être restructuré.


La date butoir du 26 juillet 2026
Les établissements publics exerçant une activité marchande relevant du périmètre de l’ANGSPE sont appelés à être transformés en sociétés anonymes au plus tard le 26 juillet 2026.

Dans une logique de conformité, des projets de loi relatifs à l’Ompic, l’Onhym, l’ONDA et à l’ANP visant leur transformation en SA, ont été introduits dans le circuit d’approbation.

Il importe d’ajouter que d’autres projets de textes de transformation ont été finalisés et sont en attente d’intégration dans le circuit d’approbation, notamment ceux concernant le Laboratoire officiel d’analyses et recherches chimiques, le Fonds d’équipement communal et l’Office national des ports.