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Raphael Samson : «L’IMA couvre 85% des métiers de l’aéronautique au Maroc»

Il coiffe depuis avril 2024 la direction générale de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA). Un établissement qui verra sa capacité d’accueil doubler, de manière à être en phase avec l’objectif national de multiplier par deux les emplois du secteur aéronautique.

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L’ancien employé de Bombardier aéronautique se penche, d’ores et déjà, sur l’élaboration du business plan pour l’implémentation du doublement de la capacité d’accueil de l’IMA. Il nous explique comment sa structure compte relever ce challenge.

Pouvez-vous nous rappeler la vocation de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA) ?
L’IMA est le centre des métiers de l’aéronautique pour l’industrie manufacturière. Il se distingue du centre Ismala, spécialisé dans la formation des métiers MRO (maintenance, réparation, opérations).

Notre Institut forme des techniciens et des opérateurs et met sur le marché des profils dans le middle management. Depuis 2011, date à laquelle l’IMA a été créé, c’est au total près de 15.000 personnes qui ont été formées par l’Institut, dont 5.000 en formation qualifiante pour répondre aux besoins des industriels basés au Maroc en capital humain. Il faut savoir que l’IMA couvre 85% des métiers de l’aéronautique au Maroc.

Concrètement, il propose plusieurs filières en lien avec les matériaux composites, l’usinage, le travail des métaux (soudage, chaudronnerie, peinture), les harnais électriques (câbles), la connectique (carte électrique) et l’assemblage métallique et composite.

Comment l’IMA travaille avec les principaux pourvoyeurs d’emplois aéronautiques implantés au Maroc ?
Tout d’abord, il est important de rappeler que l’institut a pour actionnaire principal (à hauteur de 99%) le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas). La composition de ce tour de table justifie le fait que l’IMA propose des filières qui s’alignent sur les besoins du Gimas qui rassemblent les principaux industriels et employeurs du secteur au Maroc.

En clair, notre structure collabore directement avec les grands donneurs d’ordre industriels présents au Maroc et avec les 142 entreprises du Gimas.

Comment mesurez-vous la qualité de la formation dispensée par vos différentes filières aéronautiques ?
L’IMA est une entité publique-privée dans la mesure où il reçoit des financements privés et publics. Outre le Gimas, l’Institut a un devoir de résultats (employabilité des personnes formées) envers les ministères de l’Économie et des finances, de l’Industrie et du département de la Formation professionnelle.

Pour résumer, il existe une orientation client au sein de notre entité. D’ailleurs, des questionnaires satisfaction-client sont envoyés aux industriels pour recueillir leurs avis à la fin de chaque formation. À cela s’ajoutent d’autres questionnaires visant à avoir le retour des entreprises sur les formations qualifiante et continue.

Une telle démarche permet à l’IMA de concevoir et d’adapter ses formations et programmes en fonction des besoins des industriels pourvoyeurs d’emplois dans le domaine aéronautique dans le pays.

Lors de la cérémonie d’ouverture de la 7e édition du Salon Marrakech Air Show, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, a annoncé l’objectif de doubler à la fois la capacité d’accueil de l’IMA et les emplois dans le secteur aéronautique d’ici 2030. Comment l’IMA se prépare-t-il pour relever ce nouveau challenge ambitieux ?
Nous travaillons d’ores et déjà sur la feuille de route 2030. Cette date est cruciale pour le Royaume, en raison notamment de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.

Pour l’heure, nous en sommes à la phase d’élaboration du business plan qui est guidé par deux grandes questions : quelles sont les filières à renforcer au sein de l’IMA ? et quels seront les métiers de demain ? Tout l’enjeu sera, entre autres, de déterminer les priorités des industriels aéronautiques pour demain, notamment en termes de métiers, d’activités, de matériel, d’équipements, d’outils, de technologies, de compétences et de connaissances.

Au sein de l’IMA, nous nous attelons à cerner tous ces paramètres en récoltant les informations auprès des entreprises basées au Maroc. Ceci dit, les objectifs annoncés par le ministre à l’occasion du Marrakech Air Show sont en phase avec la croissance exponentielle qu’enregistre l’industrie aéronautique depuis la période post-Covid-19.

La dynamique de croissance soutenue du secteur milite incontestablement en faveur de l’augmentation drastique de la capacité d’accueil de l’IMA.

Concrètement, quelles sont les filières proposées par l’IMA et qu’il faudra renforcer ?
Il est clair que l’ensemble des filières de l’IMA sont à renforcer, notamment les formations relatives aux matériaux composites, l’usinage, le travail des métaux (soudage, chaudronnerie, peinture), les harnais électriques (câbles), la connectique (cartes électriques) et l’assemblage métallique et composite.

Ceci dit, les métiers prédominants qui enregistrent une forte demande en profils sont, entre autres, l’usinage, l’ajustage et le montage de cellules d’aéronefs et les matériaux composites. L’autre volet important à considérer est que pour le futur, les métiers du secteur seront drivérs par l’automatisation et la digitalisation.

Beaucoup d’opérations seront, dans le futur, de plus en plus menées avec des outils dotés de prédiction de maintenance et d’activité et d’automatisation des tâches. Aujourd’hui, le rivetage se fait manuellement. Demain, il est probable que cette opération se fera avec un cobot (robot collaboratif).

Autre exemple ou éventualité à considérer pour l’avenir: les opérations de contrôle pourraient aussi être menées avec l’aide d’outils de haute technologie, avec la génération des bras de mesure et des MMT (machines de mesure multidimensionnelle).

En somme, les nouvelles technologies auront de plus en plus une grande place dans les opérations menées au quotidien par les techniciens et les différents opérateurs qui devront être formés.