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ONDA : Adil El Fakir présente son plan de vol pour 2030

L’Office national des aéroports devrait se transformer en Société anonyme pour lui faciliter l’accès au financement des investissements colossaux à mener dans un délai record. C’est le point nodal de la réussite d’une stratégie sur cinq ans, censée suivre la cadence du trafic et métamorphoser l’expérience passager. Les détails.

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C’est au cœur de l’aéroport Mohammed V que le directeur général de l’Office national des aéroports (ONDA) a convié les médias, mardi 18 février, pour la présentation de son plan de développement à moyen terme. Baptisé succinctement «Aéroports 2030», il vient répondre à trois challenges.

D’abord, la forte croissance attendue : «Après une hausse du trafic de 32% en 2023 et de 21% en 2024, il est prévu que l’on continue à réaliser des taux de croissance à deux chiffres sur les cinq prochaines années», souligne Adel El Fakir, qui a pris les rênes de l’Office en juin dernier.

Et puis, il y a l’ambitieux plan de développement de la Royal Air Maroc qui envisage de multiplier par 4 sa flotte pour atteindre 200 appareils. «Nous nous devons de préparer les installations qui permettent de répondre aux attentes et objectifs de la compagnie nationale», souligne le patron des aéroports du Royaume.

 

 

Dernier challenge et non des moindres : l’organisation de la Coupe du monde 2030 de football qui sert d’effet booster. «Cette échéance nationale, rendez-vous donné par le Royaume au monde, nous incite à redoubler d’efforts afin d’accélérer la cadence et livrer plus rapidement».

Infrastructures à doubler
Cette course contre la montre a, bien évidemment, contraint l’ONDA à concocter une stratégie à moyen terme, sur cinq ans, alors que, généralement, lorsqu’il s’agit d’infrastructures lourdes comme les aéroports, l’horizon de projection est plutôt entre 10 et 15 ans. Il n’empêche que la stratégie «Aéroports 2030» a été calibrée de manière à être réaliste et réalisable, selon le management de l’Office.

Dans son premier volet concernant les infrastructures, il est prévu de porter la capacité des neuf plus grands aéroports du Royaume à 76 millions de passagers, soit 40 millions de plus que la capacité actuelle. C’est que quatre aéroports sont déjà saturés selon les statistiques révélées par l’ONDA.

Le cas de Marrakech est sans doute le plus parlant, puisque l’aéroport Menara a accueilli 9,3 millions de passagers, alors qu’il est taillé pour recevoir 8 millions de visiteurs seulement. Il est ainsi prévu de doubler et de réaménager le terminal existant de manière à passer à une capacité de 16 millions de passagers en 2028. Idem pour les aéroports de Tanger et Agadir qui tournent déjà à plus de leur capacité, laquelle devrait être portée à 7 millions pour chacune des infrastructures à la même échéance.

Un doublement et un réaménagement du terminal existant à l’aéroport Fès-Saïss sont également prévus en 2028.
Mais le gros de l’effort d’investissement concernera l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Au menu : un nouveau terminal en mode hub, une nouvelle piste, une nouvelle tour de contrôle en plus de l’intermodalité LGV.

Le premier aéroport du Royaume devrait ainsi passer à une capacité de 35 millions de passagers et connaître une véritable métamorphose. Mais avant cela, un test grandeur nature est attendu avec le deuxième terminal de l’aéroport de Rabat, dont l’achèvement est prévu avant la fin de cette année.

Celui-ci donnera le ton de la nouvelle expérience client espérée par l’ONDA et surtout par les passagers habitués à fréquenter ses aéroports.

Bienvenue chez ONDA SA
«Transformer radicalement l’expérience passager, aussi bien dans les installations existantes que dans les futurs équipements, est le deuxième axe de notre stratégie «Aéroports 2030», assure El Fakir. Le directeur général affirme qu’un plan d’action est déjà établi pour fluidifier le circuit des voyageurs, que ce soit au départ comme à l’arrivée.

«À Marrakech, nous avons réalisé une prouesse en improvisant une extension de terminal qui a eu un effet immédiat sur l’expérience passager. À Casablanca, un hub ultramoderne pour le traitement des bagages est en cours de réalisation…

 

 

Plusieurs projets sont dans le pipe pour aligner nos infrastructures aéroportuaires sur les standards internationaux», ajoute le patron de l’ONDA, qui promet des «quick win» concrets dès l’opération Marhaba 2025, ainsi que la CAN prévue en décembre.

Le staff dirigeant de l’Office est néanmoins conscient que l’amélioration du circuit aéroportuaire passe forcément par une collaboration de tous les services impliqués dans ces postes frontaliers : notamment la DGSN, la gendarmerie et les services douaniers. «Construire la confiance avec tous nos partenaires est essentiel pour la réussite de ce chantier.

À cela, il faudra ajouter l’engagement de toutes les femmes et de tous les hommes de l’ONDA en plus de notre ouverture sur les meilleurs talents que nous irons chercher là où ils sont», souligne El Fakir, qui est déjà à la tête d’une armada de 2.600 fonctionnaires.

L’Office aborde ainsi un virage stratégique dont la réussite est tributaire non seulement d’une montée en puissance du capital humain, mais aussi d’une mutation de l’architecture institutionnelle. La transformation de l’ONDA en Société anonyme est ainsi un préalable pour un rehaussement des règles de bonne gouvernance, mais aussi pour faciliter l’accès au financement.

Car de l’argent, il va bien en falloir, en dizaines de milliards de dirhams, pour mener à bien les différents projets aéroportuaires dans les délais impartis.

Le retour d’expérience des établissements publics transformés en SA plaide d’ailleurs pour l’accélération de la réalisation de cette transformation institutionnelle capitale. De toute façon, la stratégie «Aéroports 2030» est déjà lancée à plus que la V1. Tout freinage conduirait à une sortie de piste catastrophique…