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L’innovation, un tremplin vers la compétitivité énergétique

Au Maroc, le photovoltaïque, couplé à la batterie LFP (lithium, fer, phosphate) génère des coûts énergétiques très compétitifs. L’innovation financière participe à l’accélération de la transition énergétique des entreprises, contribuant ainsi à la démocratisation de l’accès à des énergies décarbonées. Éclairage.

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La compétitivité est un facteur déterminant pour l’accroissement du taux de pénétration des énergies propres ainsi que leur démocratisation à l’échelle nationale. Au Maroc, le retour d’expérience de plusieurs acteurs clés dans le domaine de la production énergétique prouve que l’innovation technologique est un vecteur de compétitivité majeur.

«Le photovoltaïque, couplé à la batterie LFP (lithium, fer, phosphate) amène aujourd’hui à avoir des coûts énergétiques très compétitifs au Maroc. En clair, l’innovation permet d’atteindre de nouveaux sentiers et de baisser les tarifs de l’électricité issue de sources renouvelables de l’ordre de 30 à 40%», a expliqué récemment Omar Alaoui Mhamdi, directeur de Acwa Power Morocco, lors de la 4é édition du Forum international des énergies, organisée par le Magazine Industrie du Maroc.

Autre assertion édifiante de l’ancien directeur général adjoint de Taqa Morocco : «Aujourd’hui, dans le domaine du dessalement de l’eau de mer, un secteur important pour le Maroc, nous arrivons, grâce à l’innovation, à baisser à moins de 3 kilowattheures le mètre cube d’eau dessalée produite».

Selon le numéro 1 de Acwa Power Morocco, qui plaide pour l’édification de grands projets générateurs d’économies d’échelle, l’immense potentiel en ressources renouvelables couplé à l’innovation permet d’avoir un mètre cube d’eau dessalée compétitif au Maroc.

Ceci dit, au-delà du fait que le Royaume est prédisposé (en raison de son grand potentiel solaire et éolien) à produire un kilo d’hydrogène vert très compétitif s’affichant entre 2 et 2,30 dollars, nombreux sont les experts qui estiment que des solutions innovantes doivent, dès à présent, être trouvées pour réduire le coût du transport de ce vecteur énergétique propre, notamment pour l’export.

L’innovation, le corollaire de l’efficacité énergétique
L’efficacité énergétique aux côtés des énergies renouvelables et des offres de financement innovantes fait partie de la panoplie de solutions intégrées à même de permettre au Maroc de réduire sensiblement sa facture énergétique, supérieure à 114 MMDH en 2024.

Pour avoir un ordre de grandeur chiffré, l’industrie représente 22% de la consommation énergétique au niveau national. De plus, selon l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE), 70% de toute l’énergie consommée dans les différentes unités industrielles du pays est carbonée.

À elle seule, cette branche secondaire est responsable à l’échelle nationale de 30% des émissions de gaz à effet de serre (GES).
Ces chiffres confortent amplement l’intérêt de décarboner l’industrie nationale, tout en lui assurant la sobriété énergétique, laquelle, selon Soukaina Boudoudouh, cheffe du département des programmes R&D de l’Iresen, n’est optimale qu’avec des solutions innovantes.

En clair, d’après la responsable de l’Institut, spécialisé dans l’innovation verte, l’efficacité énergétique revient, grâce à l’innovation, à garantir aux industries par exemple les mêmes performances opérationnelles, avec une consommation énergétique moindre. Pour certains secteurs comme le transport ou le résidentiel, l’efficacité énergétique est un rempart contre les déperditions énergétiques.

Concrètement, l’Iresen est impliqué, avec d’autres partenaires, dans le projet innovant MSC Bitume, dont la vocation est de maintenir en chauffe (avant le transport) un stockage de bitume par des panneaux solaires à haute énergie. La solution d’efficacité énergétique développée dans le cadre de ce projet, porté par un industriel et l’Université internationale de Rabat (UIR), permet de réduire de plus de 20% la consommation énergétique de charbon.

Dans le même ordre d’idées, il importe de préciser que pour le résidentiel, l’amélioration de l’isolation des bâtiments ainsi que les smart grids génèrent des économies d’énergie et une diminution des coûts, aussi bien à la production qu’à la consommation.

Innovation financière : Un cas d’école
Au Maroc, la réalité du terrain montre que pour plusieurs entreprises, l’investissement initial peut constituer une barrière pour décarboner leur activité via la production d’énergies propres ou par le truchement de l’efficacité énergétique.

Dans l’optique de lever cet obstacle en faveur de l’accélération de la transition énergétique des entreprises marocaines, Tamwilcom s’est allié à plusieurs partenaires, dont les banques, pour mettre en place un produit spécifique, dénommé «Green Invest».

De l’avis de Ahmed Baroudi, PDG de la Société d’investissements énergétiques (SIE), cette offre financière innovante permet de transcender la problématique de l’accès des entreprises au financement à même de verdir leurs activités. À noter que Green Invest, un financement conjoint de Tamwilcom avec les banques, peut atteindre 40% au maximum du montant de l’investissement avec un plafond de 10 MDH, assorti d’un taux avantageux de 2,5%.

Le reliquat est financé avec la banque partenaire sans que cette part ne puisse être inférieure à celle de Green Invest. De plus, pour multiplier leurs chances d’obtenir ce crédit de syndication, les entreprises peuvent recourir au contrat (d’assurance) de performance énergétique, sachant qu’il existe également la garantie de Tamwilcom.

Par ailleurs, au-delà du caractère innovant de cette offre financière, adaptée au financement de la transition énergétique des entreprises, l’enjeu de la sensibilisation et de la communication autour de ce type de produit est fondamental. Pour cause, nombreux sont les dirigeants de PME industrielles, au fait des avantages des énergies renouvelables et des vertus de l’efficacité énergétique, et qui pourtant méconnaissent l’existence de la palette d’offres de financement vert disponibles au Maroc.

Toujours dans le cadre de l’innovation financière en faveur des énergies renouvelables et de la sobriété énergétique, selon Mohammed Amine El Hajhouj, DG de Innovative Energy & Efficiency (INEE), filiale de la CDG spécialisée dans l’efficacité énergétique, les entreprises marocaines ont la possibilité d’être financées par le groupe CDG, sans plafond.

Toutefois, le TRI (taux de rentabilité interne, permettant d’évaluer la rentabilité d’un projet d’investissement) est déterminant pour le niveau du financement des projets verts, soutenus par la CDG.