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En Couv’. Des partenariats pour transformer «l’essai énergétique»

Le cap énergétique du Maroc est fixé depuis plus de 15 ans. Ce qui est un avantage comparatif majeur. Toutefois, davantage d’efforts sont à déployer pour multiplier les partenariats stratégiques avec des acteurs mondiaux et des opérateurs privés. Éclairage.

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L’existence d’un immense potentiel en ressources naturelles, conforté par une moyenne de 3.000 heures d’ensoleillement par an et vitesse des vents élevée avec un facteur de charge supérieur à 65% dans le Sud, etc., place le Royaume dans une situation confortable pour jouer, d’ici quelques années, les premiers rôles à l’échelle mondiale en termes de production d’énergies propres.

Sous cet angle, tout l’enjeu pour le Maroc, qui s’est fixé l’ambition de porter à 52%, d’ici 2030, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, est de trouver les mécanismes idoines pour transformer l’essai énergétique.

Ce qui permettra au pays de s’affranchir de sa dépendance énergétique élevée (à hauteur de 90%), de diversifier son économie, tout en contribuant à la sécurité énergétique mondiale, via l’export. Un créneau générateur de devises et donc salvateur pour la balance des paiements.

Lors de la 4e édition du Forum international des énergies, qui s’est déroulée récemment à Casablanca, les partenariats stratégiques ont été identifiés comme un puissant levier, à même de permettre au pays d’exploiter promptement son immense potentiel en matière d’énergies renouvelables. Rien que le potentiel éolien du Royaume, encore inexploité, est estimé à plus de 190 GW (190.000 MW).

À l’évidence, eu égard aux multiples milliards de dollars qui seront nécessaires pour exploiter ce potentiel énorme en plus de celui du solaire, une plus forte implication des investisseurs et des opérateurs privés, pourvoyeurs de technologie et d’innovation, est une condition sine qua non.

Multiplier les PPP et intéresser le privé
Jusque-là, la capacité totale installée au Maroc à base d’énergie renouvelable n’excède pas 5.500 MW. C’est dire la marge de progression et la nécessité d’accélérer le rythme d’implémentation des projets de production d’énergies propres.

Le retour d’expérience du Maroc montre que les plus grands projets de production d’énergies renouvelables ont été réalisés avec la grande implication du secteur privé et des opérateurs internationaux (voir encadré). À titre illustratif, le plus grand parc éolien d’Afrique qui se trouve au Maroc est exploité par l’opérateur privé Nareva.

C’est dire la centralité du secteur privé pour la production d’énergies renouvelables qui, selon Reda Hamedoun, directeur exécutif de Nareva, a faibli au cours des dernières années en comparaison aux années 2010.

«L’augmentation annuelle de l’intégration des énergies propres dans le réseau au Maroc était de l’ordre de 300 MW. Ce qui est moindre aujourd’hui», confie-t-il. Dans le même ordre d’idées, selon Anas El Bouyousfi, PDG de Suncorp, spécialisée dans la distribution et l’installation de matériel photovoltaïque, la demande des industriels en énergie photovoltaïque (solaire) est telle que le nombre d’entreprises existant au Maroc est encore dans l’incapacité de satisfaire la forte demande.

De là, la pertinence de bâtir un écosystème propice à l’émergence de nouveaux acteurs nationaux ou internationaux ne fait pas de doute. Pour Hicham Bouzekri, ancien cadre chez Masen et fondateur de African Technical Advisors, au-delà du potentiel du Royaume susmentionné, tout l’enjeu est de transformer l’essai énergétique en adressant des problématiques, telles que la création d’emplois, et surtout ériger le pays en un exportateur net d’énergie.

Selon le patron d’entreprise, sur les 190 GW de potentiel éolien à exploiter au Maroc, l’Offre Maroc d’hydrogène vert pourrait permettre d’installer une bonne partie de cette capacité. Non pas uniquement pour l’exportation mais aussi dans l’optique de combler le besoin de création d’emplois et d’industries nouvelles, notamment par la mise en place d’une filière d’électrochimie plus propre que la pétrochimie.

L’hydrogène vert ou H2 vert pourrait également être utilisé au Maroc pour décarboner le transport, l’industrie de l’aluminium, l’acier et l’ammoniaque. À l’évidence, la concrétisation de cela n’est possible qu’avec une étroite collaboration entre l’État et les opérateurs privés. Ce qui est d’autant plus crucial, si l’on sait que les énergies renouvelables en phase d’exploitation génèrent peu d’emplois par rapport aux industries lourdes. D’où l’importance de leur prolongement industriel à l’échelle nationale.

H2 vert : Une vision holistique salutaire
Le prix du kilo d’hydrogène vert (source d’énergie intarissable), situé entre 2 et 2,30 dollars dans certaines régions du Maroc, semble constituer un avantage comparatif majeur pour l’usage industriel de ce vecteur énergétique.

Toujours est-il que de l’avis de Nawfal El Fadil, directeur exécutif de Masen (Agence chargée de piloter les EnR au Maroc), avant la phase de production massive d’hydrogène vert, il est nécessaire de s’assurer que le pays peut produire la molécule d’hydrogène verte la plus compétitive. Cette assurance, selon lui, sera la résultante du travail et du retour d’expérience des opérateurs privés évoluant dans plusieurs domaines (automobile, aéronautique, etc.).

Toujours de l’avis de l’ancien DG d’EDF Maroc, la circulaire de mise en œuvre de l’Offre Maroc d’hydrogène vert a donné de la visibilité aux opérateurs et investisseurs privés concernant leurs engagements vis-à-vis de l’État, les incitations, le foncier mis à leur disposition et l’intégration industrielle.

De plus, l’État a résolument fait le choix, sur le volet de l’intégration industrielle, de laisser une marge de manœuvre aux investisseurs pour proposer le type d’industrie à développer. Notons tout de même que certains pays, comme l’Arabie saoudite, imposent aux investisseurs privés dans le domaine du H2 vert de développer des industries spécifiques dans des régions déterminées.

«La circulaire a l’avantage d’être holistique. Masen et les autorités ont reçu une quarantaine de demandes de projets dans le cadre de l’Offre Maroc hydrogène vert», s’est réjoui, récemment à Casablanca, le directeur exécutif de Masen.

Dans la même veine, précisons qu’au Maroc, la dynamique de la production des molécules vertes est impulsée par le projet Chbika (région Guelmim-Oued-Noun), porté par TotalEnergies et ses partenaires étrangers. Il vise à construire 1 GW (1.000 MW) de capacités solaires et éoliennes terrestres qui alimenteront la production d’hydrogène vert par électrolyse d’eau de mer dessalée et sa transformation en 200.000 tonnes par an d’ammoniac vert à destination du marché européen.

 


L’alliance probante avec Acwa Power
Selon Omar Alaoui Mhamdi, directeur de Acwa Power Maroc, aujourd’hui, pour produire le kilowattheure le plus compétitif dans le domaine des énergies renouvelables et surtout dans les années à venir, le Maroc doit s’allier aux acteurs mondiaux dont les solutions innovantes sont un gage de compétitivité.

D’ailleurs, le groupe Acwa Power, présent dans 13pays, est un acteur clé dans le Royaume puisqu’il y a développé avec Masen le parc solaire Noor, avec à la clé deux technologies innovantes (CSP et PV).

Opérant également dans l’éolien au nord du Maroc avec un parc de 120 MW, Acwa Power est précurseur dans le photovoltaïque dans le sud du Maroc, notamment à Boujdour et à Laâyoune.