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En Couv’. Ces dix projets qui vont changer la face du Maroc
Dans le domaine de l’eau, du transport, de l’industrie, de l’énergie, de l’aménagement industriel et urbain…, une série de chantiers ont été lancés ces dernières années. Certains sont déjà arrivés à terme, d’autres en cours. Ils vont tous transformer le pays.
Énergie, eau, transport, industrie, aménagement urbain…, il est des projets qui, pour certains, ont été lancés il y a des années, et qui, une fois achevés, vont complètement changer la face du Royaume. Certains dépassent le contexte national et sont de dimension régionale, et même internationale.
Imaginons un peu le bond en avant que fera au Maroc la réalisation du projet du Gazoduc Afrique Atlantique qui, dans une première phase, le gisement gazier GTA, exploité conjointement par la Mauritanie et le Sénégal, alimentera l’industrie nationale en gaz et, plus tard, permettra d’acheminer le gaz nigérian vers l’Union européenne.
Cela représente d’abord de l’électricité propre à coût compétitif produite dans les centrales à cycle combiné de Béni Mathar, Tahaddart et Al Wahda, dont la construction vient tout juste d’être lancée et dont la capacité de production est de 990MW. C’est aussi de l’énergie abondante pour les industries du ciment, de la sidérurgie, de la chimie et de la parachimie…
C’est l’aboutissement d’une aventure qui démarre dès cette année avec l’entrée du Maroc dans le club des pays producteurs de GNL. Les premiers mètres cubes vont sortir du gisement de Tendrara avant la fin de l’année, avec un peu plus de 283.000 m3 par jour, pour des réserves estimées à 10,67MMm3. Deux autres sites de production sont programmés, Anchois, en off-shore, au large de Larache et Guercif. Tous seront reliés à un réseau national de pipelines qui sera greffé sur le Gazoduc Afrique Atlantique.
Mais bien au-delà de ses retombées économiques, et même bien avant l’achèvement de sa construction, ce gazoduc est synonyme de la consécration de la marocanité du Sahara pour tous les pays membres du projet. Il consacre également le rôle du Maroc en tant que hub énergétique, permettant à la fois d’alimenter l’Europe en gaz et l’Afrique subsaharienne en énergie électrique.
De l’électricité renouvelable en plus. En effet, la mise en service d’un autre projet, Noor Midelt en l’occurrence, initié depuis 2018, qui une fois finalisé devrait produire l’équivalent de la consommation d’une agglomération de plus de cinq millions d’habitants, soit 1.600MW. Ce qui en fait la plus grande centrale solaire au monde.
Avec celle de Ouarzazate, ce sont plus de 7 millions de Marocains qui seront approvisionnés en électricité propre. Le Royaume pourra atteindre 52% comme part des énergies renouvelables dans le mix énergétique bien avant terme, soit 2030.
En réalité, ce sont plusieurs projets qui ont été lancés simultanément comprenant à la fois l’énergie solaire, dans ses deux technologies les plus connues, éolienne, y compris un projet pilote off-shore, et gazière, ainsi que les STEP dont le troisième projet vient tout juste d’être lancé, en plus bien sûr de l’énergie hydroélectrique produite dans les barrages en cours de construction.
En parallèle, le gouvernement travaille sur deux autres chantiers d’envergure, le stockage et le transport. Sur ce dernier volet, il est utile de rappeler que la construction d’une ligne de très haute tension (3 gigawatts) reliant le sud et le centre du Royaume est de nature à permettre de transporter l’électricité propre produite dans les provinces du Sud, mais également de faciliter l’interconnexion électrique régionale à l’échelle de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de certains pays de l’Europe occidentale.
Une métamorphose qui s’accélère
Pour ce qui est du stockage, et en plus des STEP, dont deux sont déjà en fonction, et une troisième en projet à El Menzel (Sefrou), la station Noor Midelt prévoit également un système de stockage dans les batteries. Lesquelles batteries seront produites dans la gigafactory de Kénitra qui entrera en production dans un an et demi.
Un autre chantier majeur, soit dit en passant, qui sera alimenté en composants de batteries dans un premier temps à partir de l’usine de Cobco (Al Mada-CNGR), qui vient tout juste de lancer la production des cathodes à Jorf Lasfar, mais aussi et surtout depuis la ville technologique, Cité Mohammed VI Tanger-Tech.
En évoquant justement cette cité, après un faux départ en 2016, à cause du choix des développeurs, le projet a été remis sur de bonnes bases quelques années plus tard. Aujourd’hui, sur les 36 lots aménagés dans le cadre de la première phase, une dizaine ont déjà été pris, et les projets installés sont à un stade très avancé.
Le projet est en soi un modèle de ville technologie ouverte sur l’industrie 4.0. En parlant de l’industrie, à Tanger ou partout ailleurs dans le pays, y compris l’industrie de défense qui prend forme grâce aux deux zones dédiées, on évoque en premier lieu l’énergie et le transport.
Dans le premier cas, deux projets sont en cours de réalisation, le réseau des pipelines à développer dans le cadre du projet du Gazoduc Afrique Atlantique et la station Noor Midelt avec ses 1.600 MWh d’énergie renouvelable. Dans le domaine du transport, la LGV Kénitra-Marrakech est le déclenchement d’une métamorphose du réseau ferroviaire avec à la clé la mise en place d’un écosystème industriel dédié.
Dans le même sillage, la voie express Tiznit-Dakhla, en cours de finalisation, et le port Dakhla Atlantique sont de nature à faire au Maroc un bond en avant en matière de connectivité, principalement avec l’Afrique subsaharienne. La région de Dakhla abrite également un projet novateur, qui est la concrétisation du nexus énergie, eau-agriculture, avec la nouvelle station de dessalement adossée à un parc éolien et devant irriguer une superficie de plus de 5.000 hectares.
Un autre modèle à développer, en combinaison avec l’interconnexion entre les bassins hydrauliques du Nord et du Centre ainsi que les technologies d’irrigation de pointe, devrait permettre au Royaume de s’acquitter des aléas de la météorologie tout en assurant pleinement sa souveraineté hydrique et alimentaire.
Autant de chantiers et bien d’autres qui vont littéralement révolutionner le Maroc, transformer son économie, sa politique énergétique et agricole et même en matière de défense. En d’autres termes, un pays ayant garanti sa souveraineté alimentaire, hydrique et énergétique tout en se positionnant comme un hub régional et une porte d’entrée incontournable vers l’Afrique.
