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En Couv’. De la localité à la mondialité : 20 start-up qui s’internationalisent (3/4)
Des startuppers qui s’illustrent à l’échelle continentale et bien au-delà. Qui sont ces fondateurs qui partent à la conquête du monde ? Dans quels domaines opèrent-ils ? Et quels marchés visent-ils ? En voici quelques-uns : L’oeil du Caméléon, Mobiblanc, Kwiks, Shrimp Green water (SGW) et Wanaut.
Les yeux doux aux PME
C e diplômé de l’EST-Fès en électromécanique a d’abord passé 5 ans dans le domaine de l’aéronautique, avant d’enchaîner en tant que qualiticien chez le groupe Addoha pendant plusieurs années. En 2017, il quitte le groupe Koutoubia pour lancer son cabinet d’audit, où il réalise notamment des études de marché pour le compte de sa clientèle. Il décide alors de digitaliser le processus qui, selon lui, prend beaucoup trop de temps pour la rédaction des rapports. C’est là que lui vient l’idée de lancer sa start-up spécialisée dans les études de marché, les sondages, les enquêtes mystères et la collecte de données de marché. Grâce à son logiciel, elle propose un service personnalisé à ses clients en adoptant le principe du crowdsourcing. «Notre mission est de démocratiser les études de marché qui représentent pour beaucoup de PME un luxe qu’elles ne peuvent pas s’offrir. Nous pouvons leur proposer des services à prix bas mais surtout leur permettre d’avoir accès à l’information en temps réel grâce à un dashboard digital», précise le fondateur. La start-up a été notamment accompagnée dans le cadre du programme 212 Founders et a pu décrocher une levée de fonds. Une manne non négligeable pour financer sa croissance à l’international, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
Saga africaine
Après avoir obtenu son diplôme de l’École Mohammedia d’Ingénieurs et un master en management du transport aérien, il fait ses armes chez la Royal Air Maroc. Grâce à cette expérience, il développe une expertise pointue en matière de transformation, et cofonde, en 2010, avec Youssef
El Alaoui, la start-up Mobiblanc, une société spécialisée dans les services numériques. «Depuis notre création, nous avons fait le pari de nous développer à l’international, en mettant notre expertise technologique au service des marchés africains, où le mobile est très répandu et où la finance et les télécoms sont en plein essor. Actuellement, nous sommes actifs sur la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Togo, la Mauritanie et la Guinée», énumère le cofondateur.
La stratégie de Mobiblanc de «nearshoring» en Europe lui permet de proposer des prestations de qualité en mode «best-cost». D’ici 2024, l’entreprise ambitionne de développer sa présence à l’international avec pour objectif de réaliser 50% de son chiffre d’affaires hors du Maroc. Côté financement, Mohamed Benboubker assure qu’un soutien a été accordé par la Banque maghrébine d’investissement et de commerce extérieur (BMICE) qui encourage l’intégration intra-Maghreb via des lignes de crédit, ainsi que par le programme «Primo Exportateur» du ministère du Commerce marocain, qui a subventionné partiellement leurs actions marketing liées à l’export.
Un CV si vite
Ingénieur de formation, ayant étudié à Bordeaux, Amine Khayatei travaille pendant plusieurs années en France, avant de s’envoler pour Dubaï et vers les pays de l’Est. Ces années d’expérience l’ont conduit à une évidence : les entreprises ont un accès limité aux bases de données de candidats, telles que Monster et eFinancial, et les coûts sont exorbitants. Une situation qui l’a inspiré à créer sa première start-up en 2015.
«À l’époque, les entreprises avaient un besoin urgent de CV et nous avons développé un concept novateur de FastSourcing au Maroc. Grâce à une plateforme, nous étions en mesure d’envoyer 5 CV correspondant aux attentes du client en seulement 30 minutes. Cependant, l’émergence de LinkedIn a bouleversé le marché, nous obligeant à repenser notre modèle», note-t-il.
En 2021, il lance Kwiks. L’objectif? Mettre en place la plus grande communauté de recruteurs et chasseurs de têtes en Afrique, sous la marque Kwiks FastRecruiter community. «Aujourd’hui, nous connectons cette communauté de 350 recruteurs africains avec les TPME locales et internationales. Notre objectif est de permettre à ces recruteurs de travailler sur des besoins en recrutement à l’international tout en générant d’importants revenus». Mais son développement ne s’arrête pas là. La mise en place d’une marketplace va permettre à la start-up de connecter sa communauté en pleine croissance avec des marchés européens, tels que la France, la Belgique et l’Angleterre, mais aussi vers le marché EMEA (Europe Middle East and Africa), notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, en connectant les recruteurs de ces régions avec ceux de l’Inde et de l’Égypte.
Des crevettes et des femmes
Alors que les industriels sont généralement confrontés au challenge du traitement de leurs eaux usées, Samia El Ouali et son associée Nadia Eladlani se sont penchées sur une solution pérenne. Les chercheuses ont mis au point un procédé permettant de capter des métaux lourds dissous dans les eaux rejetées par les industriels. La particularité de son système d’épuration d’eaux usées ? Il est à base de chitosane (sorte de capteur des matières grasses), extrait de… carapaces de crevettes.
Diplômée de l’École normale supérieure de Marrakech et étudiante en cycle doctoral, Samia El Ouali a co-fondé sa start-up en mars 2023. «La demande est de plus en plus présente pour les industriels en recherche de nouvelles technologies pour se conformer aux normes environnementales de plus en plus strictes. On travaille notamment avec des entreprises, des agriculteurs, des maisons d’hôtes…», énumère Samia. A travers la valorisation des déchets organiques, la start-up leur propose des filtres capables d’éliminer les excès de sels, métaux lourds, chlore et autres produits polluants.
Grâce à l’appui du programme de l’INDH à travers une subvention de 100 KDH et à la participation à des hackathons, la jeune pousse va pouvoir agrandir son cercle de clientèles avec pour objectif d’exporter ses produits en Afrique et en Chine où les discussions sont bien avancées.
Au sommet de sa forme !
Cet ingénieur de l’École des mines fait d’abord ses armes chez Total Energies avant de rejoindre Renault consulting, filiale du groupe éponyme, et le groupe Gefco pendant trois ans. Ce passionné d’alpinisme va par la suite lancer sa start-up spécialisée dans le monde du sport, avec pour mission de valoriser l’expérience sportive et culturelle. «Ma passion personnelle pour l’alpinisme m’a conduit à constater que la majorité des Marocains ignorent la richesse du milieu alpin marocain, qui compte plus de 3.000 sommets ! J’ai voulu mobiliser des Marocains passionnés par la montagne», s’enthousiasma-t-il. En 2020, il crée un média avec pour objectif de jeter un regard jeune et décalé sur l’ensemble des disciplines sportives et leurs acteurs jusqu’alors marginalisés par l’environnement médiatique. En quelques mois, il produit plus d’une centaine de contenus, auxquels il associe des marques soucieuses du développement économique et social par le sport, et qui offrent une tribune pour les athlètes et acteurs sportifs. Wanaut est aussi une vitrine à l’international. Preuve en est les 50% du chiffre d’affaires sur l’année en cours réalisé à l’étranger, notamment en France. Une récente levée de fonds de 2 MDH va lui permettre d’accroître sa visibilité au niveau national et international, notamment au Moyen Orient.




