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Carrière

Formations courtes : Une voie royale pour les cadres

Face à la cadence effrénée des transformations métiers et technologiques, les formations longues cèdent du terrain aux formats courts, ciblés et opérationnels. Cycles exécutifs, certificats spécialisés ou modules intensifs : les établissements d’enseignement supérieur multiplient les offres sur mesure.

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Dans un monde où l’obsolescence des compétences va plus vite que les réorganisations d’entreprises, les cadres n’ont plus le luxe d’attendre. La formation continue, surtout lorsqu’elle est courte, ciblée et orientée résultat, s’impose comme un réflexe de survie professionnelle.

«Dans un contexte de transformation accélérée des métiers, les cadres n’ont plus le luxe de repartir pour deux ou trois ans d’études. Les formations courtes, voire certifiantes, leur offrent un concentré de savoirs immédiatement mobilisables, sans mettre leur carrière entre parenthèses.

D’autant plus qu’elles leur permettent d’évoluer rapidement au sein de leur structure ou ailleurs», note Rachid Oumlil, directeur de l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG-Settat). Et de poursuivre que «les formations longues, type MBA ou masters spécialisés, bien qu’encore prisées, sont désormais complétées, voire concurrencées, par des formats plus courts, plus ciblés et souvent plus accessibles».

Ces programmes express (de quelques jours à quelques mois) permettent aux managers de renforcer une compétence clé, d’adopter de nouveaux outils ou de pivoter vers un nouveau domaine sans interrompre leur parcours professionnel.

Surfant sur cette demande, les établissements de l’enseignement supérieur marocain ont développé ces dernières années une offre riche et dense de certificats, cycles exécutifs et formations courtes sur mesure.

Rabat Business School de l’UIR a compris très tôt l’intérêt de cette tendance. Sa division Executive Education a mis en place un éventail de programmes courts: management stratégique, leadership et intelligence émotionnelle, cybersécurité pour dirigeants ou encore business analytics. Les formats sont condensés (entre 3 et 8 jours), les contenus pensés pour des décideurs, et les intervenants choisis pour leur ancrage terrain.

Même stratégie à l’ESCA École de management, qui propose des Executive Certificates autour de la transformation digitale, du pilotage de la performance, du design thinking ou encore du management de projets agiles. Des formats hybrides qui mêlent présentiel intensif et modules en ligne, souvent étalés sur 2 à 3 mois.

«Le but est de permettre à des professionnels en activité de rester dans le rythme sans sacrifier leur performance au travail», souligne un intervenant.

À Casablanca, l’offre se diversifie
Du côté de l’Université Internationale de Casablanca (UIC), l’offre de formation courte s’est étoffée autour de blocs de compétences: négociation commerciale avancée, lean management, gestion de projets, finance pour non-financiers, ou encore techniques de coaching.

La plupart de ces formations s’étalent sur deux à cinq jours et sont ouvertes aussi bien aux cadres d’entreprises qu’aux entrepreneurs ou consultants indépendants.

HEM Business School n’est pas en reste: l’institution propose régulièrement des sessions intensives sur des sujets comme la transformation digitale, le marketing digital & e-business, IFRS ou encore la gestion de projets. Autant de thématiques dans l’air du temps, portées par des profils experts et accessibles à des tarifs compétitifs.

Ces formations visent à renforcer l’employabilité des cadres, mais aussi leur capacité à accompagner le changement dans leurs organisations. Management hybride, inclusion, développement durable, cybersécurité, intelligence collective… Les écoles de management marocaines adaptent rapidement leurs contenus aux défis du terrain.

Résultat: un apprentissage ancré dans la réalité des entreprises, qui séduit aussi bien les jeunes managers en quête d’ascension que les cadres expérimentés souhaitant redonner un souffle à leur trajectoire.

Un marché en pleine structuration
Alors que les formations courtes étaient autrefois perçues comme des «bonus» de fin d’année ou des actions ponctuelles de montée en compétence, elles deviennent désormais des investissements stratégiques. Certaines entreprises vont jusqu’à négocier des parcours personnalisés avec leurs partenaires académiques.

«Le retour sur investissement est visible : montée en performance, gain de motivation, fidélisation des talents», analyse une DRH dans le secteur bancaire.

Si la plupart de ces programmes donnent lieu à des certificats délivrés par les écoles, certains intègrent également des accréditations internationales ou des validations de blocs de compétences compatibles avec une reprise d’études plus longue. De quoi séduire les cadres qui veulent avancer par paliers et construire une trajectoire académique au fil de leur carrière.