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Agriculture

Siam 2025. Maroc-France, une alliance fertile autour de l’agriculture

Une dynamique positive et un partenariat solide. C’est le propre des relations commerciales entre le Maroc et la France. Dans le secteur agroalimentaire, la France reste l’un des principaux fournisseurs et clients du Maroc.

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Le partenariat entre le Maroc et la France continue de monter en puissance. La dernière visite du Président français Emmanuel Macron, du 28 au 30 octobre 2024, a marqué un tournant majeur, au point d’élever ces relations bilatérales au rang de «partenariat d’exception renforcé». C’est parmi les raisons pour lesquelles le Salon international de l’agriculture de Paris a mis le Maroc à l’honneur.

C’est la première fois, en 61 années d’existence, que cet évènement met à l’honneur un pays étranger. Le Maroc est également invité d’honneur lors du Sommet mondial de l’élevage dans son édition de cette année, qui sera tenue du 7 au 10 octobre prochain, à Clermont-Ferrand en France.

Il s’agit du salon annuel qui réunit des professionnels du monde entier pour échanger autour des idées novatrices, présenter leurs animaux d’exception, découvrir les dernières innovations et promouvoir les meilleures pratiques dans le domaine de l’élevage. Et pour rendre la pareille, le Maroc met en avant la France lors du SIAM, preuve de la consolidation de longues années de coopération sur tous les plans.

D’ailleurs, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint un record historique en 2024. Ils ont progressé de 6% pour atteindre 14,8 milliards d’euros. Selon l’Administration des douanes françaises, les transactions ont plus que doublé en dix années.

Ce qui fait actuellement du Maroc le premier partenaire en Afrique et le 2e dans la zone MENA, après la Turquie. Pareil pour le Maroc, pour lequel la France est le premier partenaire en Afrique.

En tout cas, les importations de la France ont progressé de 13% à 7,4 milliards d’euros l’année dernière, avec toutefois un repli de 2% des importations des produits agricoles, notamment les céréales, en lien essentiellement avec une mauvaise récolte, mais aussi une forte concurrence du blé russe.

Rappelons toutefois qu’en 2023, le Maroc était le 5e plus gros importateur de céréales de la France, avec un montant de 562 millions d’euros, soit 2,3 millions de tonnes. Le podium revient à la Belgique, la Chine, l’Espagne et les États-Unis. Parallèlement, le Maroc est la 2e destination du blé tendre français, juste derrière la Belgique.

10 ans d’excédent commercial
En face, les exportations des produits marocains se sont élevées à 7,4 milliards d’euros, représentant un léger recul de 0,7%. Mais il s’agit d’une progression de 50% en 5 ans et de 80% en 10 ans. Pour la France, les importations du Maroc représentent l’équivalent de celles du Canada et du Brésil additionnés. Il faut dire aussi que la balance commerciale a penché, l’année dernière, du côté de la France avec un excédent de 47 millions d’euros, après dix ans au profit du Royaume. Si l’on se réfère juste à 2023, le déficit commercial avait atteint 842 millions d’euros.

En termes de produits agroalimentaires, le Royaume se positionne en 9e fournisseur de la France. Les produits agricoles représentent ainsi près de 20% des importations françaises du Maroc, tout juste derrière les produits de la construction automobile avec une part de 25%. En face, le Maroc se place en 14e position parmi les acheteurs de produits agroalimentaires français. Ainsi, la France s’approvisionne surtout de produits agricoles, dont les fruits et légumes, avec une part de 8% derrière l’Espagne (19,5%) et devant les Pays-Bas (7,4%).

Pas que la tomate…
Le produit phare est la tomate, qui reste dominante avec un poids de 72% des tomates importées par la France. Qui plus est, ce produit représente 60% des fruits et légumes marocains importés par l’Hexagone. Cela, grâce notamment à l’accord de libre-échange entre le Maroc et l’Union européenne, signé en mars 2012, et qui a institué une exonération des droits de douane sur la tomate marocaine.

Mis à part la tomate, la France importe également du Maroc une quantité importante de concombres et de courgettes, pour lesquels le Royaume est le deuxième fournisseur de l’Hexagone. Cela dit, ce sont les poivrons et piments qui arrivent en deuxième position (7%) derrière les tomates, avec juste derrière les pastèques (6%).

Au-delà du commerce stricto sensu, des conventions de partenariat ont été conclues entre les deux pays. Pour rappel, lors de la 16e édition du SIAM, plusieurs conventions, protocoles d’accord et accords-cadres ont été signés, dans les filières des céréales, du lait, de l’élevage, des oléagineux, ou encore dans le domaine universitaire.

En somme, c’est une feuille de route pour le développement de la coopération et du partenariat dans les domaines agricole et forestier qui a été mise en place, en vue d’en faire un levier pour atteindre un développement durable mutuellement bénéfique, favorisant l’émergence de collaborations politiques, sectorielles, économiques, techniques, technologiques, pédagogiques et scientifiques concrètes.

Les objectifs sont communs : promouvoir une sécurité et une souveraineté alimentaires tout en assurant une gestion durable des ressources naturelles.


L’agriculture digitale au cœur de la coopération
La collaboration ne s’arrête pas en si bon chemin. À l’occasion du SIA de Paris, les deux pays amis ont signé une convention de partenariat pour promouvoir l’innovation et le transfert du savoir-faire dans le secteur de l’agriculture digitale.

Le partenariat scellé entre la «Ferme Digitale» et le Pôle Digital du ministère de l’Agriculture marocain est une étape clé dans le renforcement de la coopération franco-marocaine dans le domaine de l’AgriTech, avec comme objectif principal de faciliter les échanges d’expériences en matière de technologies agricoles, de transfert de compétences et de savoir-faire dans ce secteur.

Les deux parties se sont aussi engagées à renforcer la visibilité et l’intégration des start-up et fournisseurs de technologies, tant au Maroc qu’en France.