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Edito

État social : Une révolution marocaine

Le chantier de l’État social avance et se construit sur des fondements solides. Le Marocain n’est plus laissé-pour-compte quand il traverse une phase de vulnérabilité ou de maladie. Il est désormais pris en charge par les pouvoirs publics qui s’attèlent à mieux cibler les aides et leurs destinataires.

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Et voilà que l’on s’apprête à entamer le dernier mois de l’année 2024 ! Ça passe à la vitesse de la lumière, non ? La bonne nouvelle, c’est que le mois de décembre coïncide avec deux anniversaires à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du développement humain du Royaume.

En ce mois-ci, le Maroc fête la deuxième année de l’amorce de la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire et la première révolution autour du soleil du programme d’aide sociale directe. Il va sans dire qu’il s’agit de deux piliers fondamentaux dans ce projet de consolidation de l’État social. Il n’est pas présomptueux de dire qu’il s’agit d’une révolution en matière sociale.

Garantir une couverture des soins pour quasiment tous les Marocains, au/du public comme au/du privé, en plus de fournir un revenu minimum aux plus démunis…, sont aujourd’hui une réalité et non plus un rêve en couleur. Car même quand ces droits élémentaires pour garantir une vie digne aux citoyens sont devenus l’objet d’une vision royale, l’incompétence et la nonchalance des précédents gouvernements laissaient une impression de «missions impossibles».

L’équipe de l’Exécutif qui a pris les manettes fin 2021 a démontré le contraire. Après seulement un an aux affaires, à coup d’efforts colossaux, que ce soit sur le plan législatif, budgétaire et organisationnel, le régime d’Assurance maladie obligatoire a été effectivement généralisé. Les chiffres rendus publics cette semaine par la commission chargée du pilotage de la réforme du système de la protection sociale sont probants. AMO Tadamon couvre désormais plus de 11,1 millions de bénéficiaires et 3,8 millions d’autres sont sous le régime AMO Travailleurs non-salariés (TNS).

Idem pour le Programme d’aide sociale directe (PADS) qui, depuis son lancement en décembre dernier, a profité à 4 millions de familles, comprenant 5,4 millions d’enfants et 1,2 million de seniors. Ce système visant à améliorer le niveau de vie des ménages a été rendu possible grâce à l’activation du Registre national de la population et du Registre social unifié, restés pendant de longues années dans les tiroirs.

Mieux encore, ce programme se hisse désormais en modèle, soutenu par les bailleurs de fonds internationaux. En témoigne le protocole que vient de signer la Banque mondiale avec l’Observatoire national du développement humain (ONDH) pour le suivi et l’évaluation du PADS.

Le chantier de l’État social avance et se construit sur des fondements solides. Le Marocain n’est plus laissé-pour-compte quand il traverse une phase de vulnérabilité ou de maladie. Il est désormais pris en charge par les pouvoirs publics qui s’attèlent à mieux cibler les aides et leurs destinataires. Il n’est plus question de dilapider l’effort budgétaire en déversant à l’aveuglette des subventions, mais plutôt de les concentrer sur les ménages qui ont besoin de soutien.

Ce système de solidarité dans la redistribution, à son tour, ne peut reposer que sur une équité dans la collecte des impôts. Mais ça, c’est une autre histoire… Car dans le domaine fiscal aussi, le Royaume vit une autre révolution tranquille.