Affaires
Agadir : L’appétit grandissant des opérateurs privés
Beach and sun, ocean waves, trekking et hiking, tourisme d’affaires, ainsi que nature et découverte et bord de mer pour le tourisme interne, sont les six filières et clusters géographiques couvrant les potentialités de la région.
Un vent d’espoir souffle sur la station balnéaire d’Agadir. La feuille de route qui a été présentée récemment par la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, aux institutionnels, élus et professionnels de la région colle véritablement au profil et aux ambitions de la destination. «C’est comme si elle a été faite spécialement pour cette région», lance un acteur du tourisme à quelques professionnels d’Agadir.
Doublement des capacités aériennes avec une stratégie de déploiement concerté, renforcement de la promotion, consolidation et mise à niveau de l’offre hôtelière… c’est justement tout ce dont a besoin la destination Agadir et sa région qui constitue un maillon fort du secteur du tourisme national.
La station balnéaire d’Agadir, qui représente 1/3 de la capacité litière nationale et occupe le rang de première destination balnéaire du Royaume, souffre cependant de la fermeture d’une partie de ses établissements.
Selon les professionnels, bien plus de 5.000 lits sont fermés ou en difficulté. Dans ce contexte, les solutions envisagées par la nouvelle feuille de route, telles que le fonds de reprise sous la forme juridique d’OPCI dans le cadre d’un partenariat public-privé seront sûrement un moyen pour mettre fin à l’activité à deux vitesses que vit la destination depuis des années.
Beach and sun, 3,5 millions de touristes
Dans cette destination, les leviers spécifiques de développement identifiés par la nouvelle feuille de route du tourisme sont au nombre de six. Outre le beach and sun, l’ocean waves, les filières qui devraient porter le tourisme dans le Souss-Massa sont les produits nature, trekking et hiking et le tourisme d’affaires. Ceux de nature et découverte, ainsi que le bord de mer sont identifiées pour le tourisme interne.
Les potentialités touristiques de la région sont en effet plurielles et jouent un rôle de premier ordre dans le paysage touristique national. Selon les perspectives chiffrées de la nouvelle feuille de route, sur les 5 millions de touristes qu’ambitionne le Maroc à l’horizon 2030 dans la filière beach and sun, Agadir et Taghazout disposent d’un potentiel pour drainer 3,5 millions de touristes dans ce segment à cette échéance. Au niveau de la filière Ocean waves, Agadir et Taghazout pourraient attirer à cette même échéance 500.000 touristes, soit 50% de ce qui est escompté à travers cette filière à l’horizon 2030, à l’échelle nationale.
Pour atteindre les objectifs escomptés, les opérateurs de la région d’Agadir réclament cependant, encore et encore, plus d’aérien. Si les nouvelles dessertes aériennes annoncées pour relier Agadir au marché scandinave sont une belle nouvelle pour un retour de ce marché sur la destination, à partir de l’hiver prochain, les professionnels soulignent que pour l’heure Agadir n’a même pas récupéré 35% du trafic aérien enregistré avant 2019 avec ses marchés émetteurs étrangers. «Il faut adapter l’offre aérienne à la demande des touristes et associer les professionnels à la mise en place des liaisons», souligne Guy Marrache, co-président du groupe Tikida. Pour Said Dor et Driss Boutti, respectivement président de la Chambre de commerce d’Agadir Souss-Massa et président de l’Union régionale de la CGEM, le développement de l’activité touristique à l’échelle locale passe par un renforcement du cadre réglementaire que ce soit en termes des hôtels fermés comme pour l’animation nocturne. Il s’agit par-là de mettre fin aux nuisances qui marquent l’activité de la destination et retrouver un Agadir festif et attractif.
