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23 septembre : Récit d’une journée décisive

De l’ouverture des bureaux de vote jusqu’à l’annonce des résultats quasi définitifs au cœur de la nuit, retour sur une journée électorale riche en rebondissements.

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Une participation qui peine à décoller, une polémique à Tanger, la liesse au PAM, le retour en force du PJD et l’attente fébrile au RNI et à l’Istiqlal… Récit du déroulement d’un scrutin qui redessine l’échiquier politique et ouvre déjà la voie aux tractations pour la formation de la future majorité.

9h10 Dans les bureaux de vote

Dans un bureau de vote rural de la province de Benslimane, un électeur marque un temps d’arrêt : l’isoloir n’en est pas vraiment un, puisqu’il ne se referme plus. «On a retiré les rideaux cette fois-ci pour empêcher certains de photographier leur bulletin et d’en envoyer l’image», explique l’un des responsables. Le souci de transparence est bien là, sans que la discrétion soit sacrifiée : l’électeur peut toujours cocher son bulletin à l’abri des regards avant de le glisser dans l’urne. Celle-ci est d’ailleurs déjà bien remplie en ce début de matinée. Certains bureaux ont même connu une réelle affluence dès l’ouverture.

11h45 Premier chiffre officiel de participation

Par la voie de l’agence officielle, le ministère de l’Intérieur publie le premier taux de participation : 4,23% à 10 heures au niveau national, soit deux heures après l’ouverture des 40.694 bureaux de vote répartis à travers les 12 régions du Royaume. C’est légèrement mieux qu’en 2016, où les autorités avaient annoncé 4% au même point d’étape, sur 13,4 millions d’inscrits. Un démarrage honorable, pourvu que la dynamique se confirme…

12h55 La participation marque le pas

C’est officiel : le taux de participation annoncé par le ministère de l’Intérieur s’établit à 11,34% à midi. On est loin des records : c’est même moins qu’en 2021, où 12% avaient été enregistrés à la même heure. Une nuance de taille s’impose toutefois : le 8 septembre 2021, les électeurs étaient appelés à un triple scrutin, à la fois législatif, communal et régional. Comparé à 2016 et à 2011 (respectivement 10% et 11,5%), le niveau de participation de 2026 reste dans la norme.

14h10 Polémique à Tanger

Le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Tanger annonce l’ouverture d’une enquête judiciaire au sujet d’une vidéo montrant une urne transparente contenant des enveloppes blanches. Le magistrat fait référence à une séquence relayée sur les réseaux sociaux. «Le ministère public a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire sur cette affaire, afin d’établir les faits et d’en tirer les conséquences juridiques qui en découlent», indique le communiqué du parquet.

15h40 L’engouement se fait attendre

Le taux a presque doublé depuis midi, mais l’engouement tarde toujours à se manifester : la participation atteint 21% à 15 heures au niveau national, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur. Le département de tutelle assure que «l’opération de vote se poursuit et se déroule dans des conditions normales, selon les informations qui parviennent des différentes préfectures, provinces et préfectures d’arrondissements du Royaume».

18h40 Un point d’étape inquiétant

Le taux de participation à 17 heures tombe enfin. C’est sans doute le point d’étape le plus significatif pour dégager une tendance, et le chiffre n’a rien de réjouissant : 28% seulement, l’un des niveaux les plus bas observés lors des dernières législatives. Relevé à deux heures de la fermeture des bureaux, il ne présage rien de bon pour la participation finale.

22h10 Participation définitive à 38%
«Selon les informations recueillies auprès des provinces, préfectures et préfectures d’arrondissements du Royaume, le taux de participation au niveau national a atteint 38,02%», annonce officiellement le ministère de l’Intérieur.
C’est l’un des niveaux les plus bas jamais enregistrés : seulement 6 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, sur 15,8 millions d’inscrits, soit un tiers en moins par rapport à 2021.
Une déception pour l’exercice démocratique…

22h50 L’Istiqlal fait profil bas

Au siège central du parti de l’Istiqlal, l’ambiance n’est pas à la fête. Les membres du comité exécutif qui se succèdent devant les caméras se disent pourtant confiants, compte tenu «des liens historiques du parti avec les citoyens et de la forte adhésion observée pendant la campagne». Une adhésion qu’ils espèrent voir se traduire dans les urnes, afin que la formation obtienne «la place qu’elle mérite».

23h20 Attente chez le RNI

Au siège du parti, Mohamed Chaouki multiplie les déclarations à la presse. Il affirme suivre le dépouillement avec sérénité : d’après les premiers résultats remontant des circonscriptions, plusieurs candidats du parti ont remporté leur siège. Il se dit «satisfait des premiers résultats» et attend les chiffres officiels «avec confiance». Les visages, pourtant, sont fermés…

23h30 Soirée de fête au PAM
La ruelle menant au quartier général du parti est quasiment bloquée : les militants sont venus en masse célébrer la victoire. Les dirigeants, qui compilent les résultats des différents bureaux de vote, sont persuadés d’avoir gagné et savourent déjà leur plébiscite.
Mehdi Bensaid, lui-même élu dans sa circonscription, s’offre même une danse de la victoire avec ses partisans.

23h45 Le PJD célèbre sa «remontada»

Abdelilah Benkirane est sous le feu des projecteurs. Le visage des grands jours, il annonce, ravi, que son parti est arrivé en tête dans plusieurs circonscriptions. Les cadres de la formation estiment que le PJD «retrouve sa place légitime» sur l’échiquier politique. Ils rappellent qu’en 2021, réduit à seulement 13 députés, le parti avait malgré tout continué à peser dans l’opposition. Désormais, ils entendent contribuer davantage à l’intérêt général du pays, «que ce soit dans l’opposition ou au gouvernement».

03h40 Laftit au pupitre

Après de longues heures d’attente, le ministre de l’Intérieur se présente enfin devant les médias officiels pour livrer les résultats quasi définitifs.
Le taux de participation est légèrement revu à la hausse, à 38,08%, et le classement confirme le ressenti général dans les états-majors. Le PAM sort vainqueur avec 97 sièges, loin devant le RNI et l’Istiqlal (au coude-à-coude, respectivement 66 et 65 élus). La remontée du PJD se concrétise, quant à elle, avec 54 députés. C’est donc parmi ces trois formations que le PAM devrait choisir ses alliés pour constituer la future majorité.