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Souss-Massa : Une vingtaine de stations monoblocs de dessalement
Ce chantier s’inscrit dans le cadre d’un programme de 203 stations monoblocs à travers le Royaume. Dans la région, 8 ont déjà été réalisées et le tout devrait être livré avant l’été 2025.
La région Souss-Massa continue à être touchée par le stress hydrique. L’investissement dans des sources en eau non conventionnelles s’avère ainsi encore incontournable dans un objectif de sécurisation de l’approvisionnement en eau, particulièrement en milieu rural.
Les études réalisées ayant établi que «même en mobilisant la quasi-totale des apports en eau de surface, les besoins en eau ne pourront être satisfaits, à l’horizon 2050, qu’au prix du recours à la mobilisation des eaux non conventionnelles, notamment le dessalement d’eau de mer et la réutilisation des eaux usées épurées».
Aussi, les actions phares actées au niveau du Plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) s’articulent autour de la construction de nouvelles stations de dessalement dans le Souss-Massa. C’est dans ce contexte que la Régie autonome multiservices d’Agadir (RAMSA), absorbée désormais par la SRM Souss-Massa, a lancé, dans le cadre d’une première phase, l’aménagement de huit stations monoblocs de dessalement d’eau de mer, avec un débit de 70 litres/seconde.
Ces unités sont aujourd’hui en exploitation, précisent les représentants du maître d’ouvrage. Dans ce programme, l’objectif est de réaliser 24 stations au total dans la région, pour un débit global de 286 litres/seconde, précisent les responsables du dossier.
À noter que ce sont 203 stations monoblocs de dessalement et d’unités mobiles de déminéralisation à travers les 12 régions du Royaume qui seront mises en place dans le cadre de ce même programme, d’un coût global de près de 3 milliards de dirhams.
Un budget couvrant à la fois les travaux et l’assistance technique. La livraison de ces stations monoblocs de dessalement et de déminéralisation devrait intervenir entre 2024 et 2025. Le tout devrait être achevé avant l’été 2025.
Dans le Souss-Massa, celles-ci sont programmées pour alimenter en eau potable notamment le nord du Grand Agadir, ainsi qu’une partie des villes de Tiznit, Taroudant et Tata, avancent les responsables du dossier.
Dans ce programme, les maîtres d’ouvrage ont fait appel à l’expertise marocaine tant au niveau de la partie ingénierie qu’en matière de fabrication. Sur ce dernier plan, seulement une petite partie des équipements est fabriquée à l’étranger.
Pour l’heure, quelques-unes des stations programmées sont en phase d’essai, certaines au stade de mise en service et d’autres en phase d’étude. À terme, ce programme de 203 stations à travers le Royaume offrira un débit de 1,263 litre/seconde, soit entre 3 et 50 litres/seconde par unité de dessalement et de déminéralisation.
À noter qu’une station monobloc est une installation compacte et intégrée qui combine plusieurs processus pour convertir l’eau de mer ou saumâtre en eau douce. Ses avantages : elle est compacte, efficace et adaptée aux zones côtières.
Outre ce chantier d’implantation de stations monoblocs de dessalement, l’extension de la station de Chtouka est aussi au programme. Cette extension, prévue pour bien plus tard, a été avancée.
Le programme ayant été révisé eu égard à la situation hydrique actuelle. Aussi, le projet d’extension pour atteindre une capacité de 400.000 m3/j devrait aboutir à une mise en service en 2026 pour faire face aux besoins grandissants du Grand Agadir, indique une source proche du dossier.
D’une capacité initiale de production de 275.000 m3/j, dont 150.000 m3/j pour l’eau potable et 125.000 m3/j pour l’irrigation, il est prévu de porter cette capacité à 400.000 m3/j, à raison de 200.000 m3/j pour l’eau potable et 200.000 m3/j pour l’irrigation.
Le coût de cette extension est d’environ un milliard de dirhams. À terme, cette extension profitera à quelque 1.500 exploitations au niveau de la région de Chtouka pour répondre à la demande en attente actuellement de quelque 1.100 ha. Depuis sa mise en service, l’usine de dessalement de l’eau de mer implantée dans la province de Chtouka Aït Baha est indéniablement une aubaine pour le Souss-Massa.
Sans ce projet d’envergure destiné à la fois aux fins de production d’eau potable et d’irrigation agricole en faveur du Grand Agadir, la région serait en manque d’eau. Mise en service en 2022, cette infrastructure a depuis toute son importance dans le quotidien des Gadiris et a permis de maintenir l’activité économique de la région et plus particulièrement du périmètre de Chtouka où elle est située.
C’est, en effet, un investissement structurant et stratégique tant pour le Souss-Massa que pour le Royaume en entier. Pour rappel, sa zone d’implantation génère plus de 85% d’exportation de primeurs, dont plus de 97% d’exportations de tomates. L’unité a ainsi permis de sauvegarder dans la région de Chtouka un investissement de 3 milliards de dirhams, des milliers d’emplois, 20 millions de journées de travail par an et une valeur ajoutée de plus de 9 milliards de dirhams.
Sur le plan environnemental, l’apport à travers l’unité de dessalement est de 70 millions de m3 injectés annuellement dans la nappe de Chtouka.
Pour rappel, cet investissement d’envergure, d’un coût global de 4,4 milliards de dirhams, dans le cadre d’un partenariat public-privé, est le fruit de la mutualisation des efforts et des moyens entre le ministère de l’Agriculture et de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).
À l’échelle mondiale, la station de dessalement de Chtouka Aït Baha se distingue par son classement en se positionnant en quatrième place en termes de capacité de production. C’est aussi le premier projet du genre du point de vue mutualisation, production d’eau potable et d’irrigation.
