Influences
Mondialito : Dix jours avec le Wydad aux USA
Trois matchs disputés, trois défaites encaissées, des supporters toujours au rendez-vous, un «Wac Day» célébré, des stades connectés et performants… Récit d’un parcours décevant, mais riche en enseignements.
La Coupe du monde des clubs organisée aux États-Unis a certes été une leçon pour le Wydad Athlétic Club, qui a montré bien des lacunes à combler.
Toutefois, la ferveur des fans qui ont joué un grand rôle dans la promotion de la diplomatie sportive est restée intacte. L’organisation de la compétition, la connectivité des stades, la logistique, elles, sont un modèle à suivre.
Prestations de faible niveau
On peut lui trouver tous les prétextes : températures très élevées, nouvelles recrues à quelques jours du Mondialito, arrivée tardive d’Omar Al Somah aux États-Unis (le jour du 1er match), affrontement des cadors, malchance, fléchissement après l’accident de voiture de l’entraîneur Amine Benhachem…, le Wydad Athlétic Club n’a pas offert à son public, à ses supporters et à toute personne qui s’est déplacée aux États-Unis les prestations attendues ou espérées.
L’équipe est sortie sans victoire du Mondial des clubs, dans sa nouvelle version avec 32 clubs, suite à trois défaites consécutives, contre Man City (2-0), la Juve (4-1) et enfin Al Aïn (2-1). Les joueurs s’en excusent, promettent de fournir davantage d’efforts, espèrent une meilleure équipe. Le public, lui, exige la reddition des comptes, des explications du président du club, notamment Hicham Aït Menna.
«Together Forever»
Des flammes, des fumigènes, des feux d’artifice, des tambours, des chants, des slogans… Tout cela aux USA, au cœur des rues de Philadelphie et de Washington, mais aussi à New York, au Time Square. Qu’est-ce qu’on n’aura pas vu avec les Winners ! Ils n’ont pas manqué de montrer leur fidélité tout au long de ces trois matchs.
Dès qu’ils se donnent rendez-vous à une place, des milliers de supporters affluent. Les Wydadis d’ici et d’ailleurs portent la même voix, nourrissent la même ambition, vibrent d’un même amour inconditionnel pour leur club, unis sous les mêmes couleurs rouge et blanc, par une passion qui dépasse les frontières, les générations et les épreuves.
L’expérience aura été très courte pour un club historique qui a tant à donner encore. Mais le «Together Forever» animera pour encore très longtemps leur appartenance.
Le virage s’ouvre aux familles
Ce qui est frappant lors des matchs du Wydad, c’est la présence de plus en plus marquée des familles dans les tribunes. Mis à part les ultras et les résidents du virage, des parents accompagnés de leurs enfants ou encore des familles entières viennent assister aux rencontres disputées.
Ce qui témoigne d’une évolution marquante dans le profil du public. Le stade devient un lieu de rassemblement familial, dans un monde de football réservé autrefois uniquement à la gent masculine. Et c’est ce qu’a offert justement le Wydad : un club qui rassemble et unit les générations.
Un Wac Day à Columbia

Après avoir été annoncé de manière non officielle à Philadelphie, à la place de City Hall Birth Apron où a été mise en place une fan zone, la veille du premier match contre les Citizens et où un maillot a été offert à la maire Cherelle Parker, représentée par son adjointe, le District de Columbia a proclamé officiellement le 8 mai comme étant la journée du Wydad, ou encore «Wac Day». Cette date coïncide avec celle de la création du club en 1937.
Les membres du club ont offert un maillot floqué au nom de Muriel Bowser, maire du District de Columbia, en signe de gratitude pour cet hommage au club.
Le soft power wydadi

L’ambiance wydadie a été relayée par plusieurs organes de presse. «Une marée humaine rouge», a qualifié le «New York Post» la marche des supporters du Wydad vers le stade avant le match contre Manchester City. L’impact visuel et sonore des Winners a été tellement fort qu’ils ont été salués sur les réseaux sociaux par des supporters de Man City eux-mêmes. Pareil pour le dernier match contre Al Aïn.
Le «Washington Post» a évoqué l’ambiance «impossible à ignorer» malgré une chaleur étouffante. «On aurait cru un derby nord-africain déplacé en pleine capitale américaine».
Et pour couronner le tout, Gianni Infantino, président de la FIFA, a remercié le Wydad et a qualifié la participation du club d’honorable «qui rajoute plusieurs points positifs à un pays passionné de football». Ce que le Wydad a reconfirmé, c’est que la diplomatie sportive est un levier incontournable.
Accès au stade, un modèle
Les stades dans lesquels se sont déroulées les compétitions de la Coupe du monde des clubs sont un modèle à suivre. Tout est bien organisé. Aucun détail n’est laissé pour compte.
À l’entrée, la sécurité est renforcée à coups de scanners et de chiens renifleurs, les passages sont fluides tant pour les membres de la presse nationale et internationale que pour les téléspectateurs, des cartes de signalisation sont disponibles pour indiquer l’utilité de chaque endroit, les ascenseurs sont mis à disposition avec un personnel dédié à bord, chargé d’orienter et aider chacun à rejoindre facilement le lieu souhaité.
Tout se passe sans le moindre incident. Ce qui n’a pas empêché les Winners d’y accéder avec leurs matos : fumigènes et tifos, mais uniquement au Lincoln Financial Filed, à Philadelphie. Ceci a valu au club une amende de 400.000 DH.
Cashless et fluidité
Les stades disposent de toutes les commodités nécessaires. Rien ne manque à l’appel. Des sanitaires en nombre suffisant et propres sont répartis dans chaque tribune, et restent accessibles même lors des pics d’affluence.
Côté restauration, plusieurs stands sont ouverts avant, pendant et après les matchs, proposant une large gamme de produits : snacks, boissons fraîches, spécialités locales ou repas complets.
Chaque espace est conçu pour fluidifier la circulation et réduire le temps d’attente, afin que les fans ne manquent rien du spectacle sur le terrain. Le paiement adopté est le cashless. Même à l’intérieur des gradins, un personnel est chargé de proposer des boissons et des repas aux spectateurs qui ne souhaitent manquer aucune minute du match.
Connectivité et logistique
La connexion des stades aux moyens de transport est des plus exemplaires. Chaque enceinte, qu’il s’agisse du Lincoln Financial Field à Philadelphie ou de l’Audi Field à Washington, est entourée d’un vaste réseau d’accès : bus, métro, taxis, VTC, navettes rapides (certaines gratuites), pour assurer le déplacement des spectateurs à leur lieu de résidence.
Tout cela est entouré de parkings immenses pour voitures personnelles, loin des places de stationnement des moyens de transport public. Tout est bien pensé de sorte qu’une heure après la fin des matchs, les spectateurs se dispersent, ne créant ni embouteillage ni chaos.
Mondialito assez méconnu
Parce que tout n’est pas parfait, en dépit de tout ce tapage qu’a fait le Wydad avec ses Winners, ou encore les matchs des autres équipes, la Coupe du monde des clubs reste assez méconnue par les Américains. Elle est perçue comme un tournoi secondaire, sans la portée émotionnelle du Mondial et l’intérêt de chaque nation à cette compétition d’envergure, et ce, malgré la présence de grands médias américains.
C’est un secret de Polichinelle. Aux USA, le football a une faible popularité comparée à des sports nationaux comme le basketball ou le baseball. Combien de fois avons-nous été arrêtés par des Américains souhaitant comprendre de quelle compétition s’agissait-il !
Il n’empêche que certains établissements de restauration diffusaient les matchs en direct, au grand bonheur des spectateurs qui n’ont pas pu accéder aux stades.

