Influences
Lucile Ighil : De Paris à Casablanca, le parcours d’une réflexologue inspirée
Dans les deux centres de Casablanca et Rabat, Space Center et Soukoune, Lucile Ighil offre des soins qui reconnectent le corps, le souffle et l’être…
Lucile Ighil porte un nom qui résonne avec ses gestes. En amazigh, «Ighil» signifie, entre autres, colline, sommet, mais aussi bras. Un nom prédestiné, presque symbolique, pour celle qui explore les reliefs du corps avec la précision d’un guide de montagne : ses mains lisent les pieds comme des cartes vivantes et ses soins aident à gravir les hauteurs du corps et de l’âme.
Cette jeune trentenaire, arrivée tout récemment en 2025 au Maroc, est passionnée de médecine chinoise qu’elle a découverte, dit-elle, «à l’âge de 15 ans. Déjà, j’étais sensible aux massages, aux autres manières de se soigner. J’ai fait beaucoup de recherche sur la médecine chinoise et je me suis retrouvée dans ce domaine. J’ai alors pensé que ce que je faisais n’avait pas de sens, je suis allée vers la médecine chinoise et l’aide des personnes malades».
Une véritable reconversion pour cette jeune diplômée en marketing digital. Elle suit «une longue formation à Paris pour la réflexologie plantaire et le Chi Nei Tchang, mais plusieurs autres formations ponctuelles ont été également nécessaires pour acquérir des protocoles, se former au bien-être et avoir des techniques plus précises».
Formée à Paris, où elle exerce dès 2018, Lucile Ighil, portée par l’envie de semer le mieux-être dans le pays natal de son époux, elle choisit de s’installer au Maroc.
À Casablanca et Rabat. Deux villes, deux centres et une même philosophie : faire parler le corps à travers ses silences, ses douleurs et ses blocages. «Notre corps est notre compagnon de toute une vie et il faut en prendre soin avant que des signaux soient émis et que n’apparaissent des douleurs qui peuvent être handicapantes», explique Ighil.
Au Soul Space, un centre de ressourcement, ouvert depuis 2023 au CFC, le très huppé quartier financier de Casablanca, on ne prend pas rendez-vous, on s’offre un moment. Quarante-cinq minutes ou une heure de son temps pour se livrer aux mains de Lucile qui allie savoir-faire ancestral et écoute intuitive. Dans sa coquette cabine de soins, on ne soigne pas seulement le corps, on apaise aussi l’âme.
Réflexologue confirmée, elle pratique également le Chi Nei Tchang, «un massage énergétique du ventre visant à libérer les émotions enfouies et à équilibrer les organes internes», explique-t-elle.
En réflexologie plantaire, technique de la médecine chinoise, chaque zone du pied correspond à un organe, une émotion ou un déséquilibre possible. Ighil les aborde comme on suit un sentier : avec patience, attention et respect du rythme naturel…
Quand les pieds parlent, le corps se libère…
À chaque pression, elle aide le corps, via les 7.000 terminaisons du pied, à retrouver ses chemins d’équilibre, une façon de mener ses patients vers leur propre sommet intérieur.
Une séance de 45 minutes qui coûtera 400 dirhams. Le Chi Nei Tchang est un massage pratiqué sur le ventre, la cage thoracique et le dos.
Objectif : détoxifier le corps, faire circuler l’énergie (Chi en chinois) et éliminer les toxines grâce à des gestes d’acupression. Une séance de 45 minutes est facturée à 750 dirhams.
Pour son autre prestation, le massage holistique, une combinaison de plusieurs techniques se concentrant sur les points de tension, il faudra payer 400 à 650 dirhams pour le rééquilibrage des émotions en cherchant les nœuds musculaires et faire circuler l’énergie.
La séance dure 60 minutes. Les massages se font avec de l’huile d’abricot mélangée à un peu d’huile de menthe poivrée. Alors que pour la réflexologie plantaire, on utilise du beurre de karité, parce que plus hydratant et plus gras convenant aux pieds.
Si à Paris ces techniques se développent depuis deux ou trois années grâce aux réseaux sociaux, au Maroc, elles ne sont pas encore très bien connues.
«Ce n’est pas encore dans les mœurs. Il y a, pour l’instant, quatre ou cinq praticiens dans les villes de Rabat, Casablanca et Marrakech. C’est une niche qu’il faut développer», indique la jeune réflexologue qui compte bien contribuer à cette dynamique.
Pour l’heure, “ses consultants”, comme elle les appelle, «ne connaissent pas ou très peu ces techniques de la médecine traditionnelle chinoise qui répond à des problématiques émotionnelles ou physiques. Certains, pragmatiques, vont, en cas de problèmes, chercher et découvrir ces pratiques sur Internet, d’autres, c’est grâce au bouche-à-oreille».
Un canal qu’Ighil entend mettre à contribution pour communiquer sur «ses prestations qui ne sont pas encore démocratisées au Maroc». Preuve en est la demande qui demeure encore très timide. «Au centre de Rabat, j’ai quatre à six séances par semaine.
À Casablanca, je reçois trois personnes par jour», dit Ighil, qui recevait 8 personnes par jour à Paris où les séances coûtent plus cher (90 euros pour la réflexologie plantaire et le Chi Nei Tsang et 75 euros pour le massage holistique). La demande provient principalement des femmes, car elles sont, de l’avis de la réflexologue, «plus sensibles à leur mieux-être et à l’écoute de leurs émotions».
Ighil a également travaillé avec des enfants et des adolescents même si ce n’est pas son cœur de cible. Il faut préciser que ces techniques ne peuvent être pratiquées sur tout le monde. «On ne peut les faire sur des personnes ayant des cancers, par exemple, sauf en cas de rémission, mais avec beaucoup de prudence et sous contrôle médical. Sont aussi exclus les patients ayant des problèmes cardiovasculaires et les femmes enceintes», souligne Ighil.
Ces pratiques, non encore reconnues par les médecins en France ni au Maroc, ne font l’objet d’aucune prescription médicale et ne sont pas remboursables. Mais sont-elles efficaces ? «Elles font du bien !», affirme Ighil, en soulignant que cela marche pour le côlon irritable, les intestins enflammés, le stress et l’anxiété.
Cette passionnée de médecine chinoise, souhaitant aller plus loin dans la vulgarisation de ses pratiques, prévoit l’ouverture de son propre centre à Casablanca, dans un premier temps, pour offrir des soins et pour former et transmettre son savoir-faire.
Bio express
Passionnée par la médecine chinoise, c’est naturellement que Lucile Ighil a quitté son travail en marketing digital pour se tourner vers la réflexologie plantaire.
En 2020, elle entame une formation en Chi Nei Tsang chez Terrazen. Une expérience qui l’a lancée vers la route d’autres formations et spécialisations. Venue en 2025 de France, elle suit son mari dans son pays natal, le Maroc, où elle souhaite vulgariser ces pratiques.
