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Culture

Freak Beats : Inez Atili, le temps du papillon

Avec «Farasha», Inez Atili ouvre un nouveau chapitre où le papillon devient symbole de patience, d’éclosion et de liberté. Nourrie de ses propres histoires comme de celles qu’on lui confie, l’artiste maroco-néerlandaise affirme aussi son attachement à la darija, cette langue dans laquelle elle dit parvenir à exprimer ses émotions avec le plus de justesse.

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Il y a désormais un papillon dans l’univers d’Inez Atili. Pas seulement comme motif esthétique ou comme joli symbole à accrocher à une chanson. Chez l’artiste maroco-néerlandaise, la «frasha» raconte plutôt un moment, celui où quelque chose finit par éclore après avoir attendu son heure.

C’est dans cet état d’esprit qu’arrive «Sabri Chwiya», un certain morceau. «Chaque femme a sa storyline, son temps, sa saison, son jour», explique-t-elle. Un temps pour sortir, un autre pour danser. Derrière la légèreté apparente de l’image se dessine une idée qu’Inez semble aujourd’hui vouloir davantage explorer dans sa musique : les histoires n’arrivent jamais toutes au même moment.

Les siennes, d’abord. Mais pas uniquement. Inez puise dans ce qu’elle traverse autant que dans ce qu’on lui raconte. Une confidence d’amie, le récit de quelqu’un rencontré ailleurs, une histoire entendue au détour d’une conversation peuvent ainsi finir par trouver leur chemin jusqu’à une chanson. «Parfois, ça vient de ma propre histoire, parfois je prends celles des autres», résume-t-elle.

«Sabri Chwiya» appartient à cette matière-là. Inez ne cherche d’ailleurs pas à lui assigner une émotion unique. Elle voudrait qu’une chanson puisse tout contenir à la fois, jusqu’aux sentiments contradictoires. «Elle peut te faire pleurer, te faire rire, te faire danser, tout en même temps». Une manière de refuser les cases émotionnelles autant que les cases musicales.

Cette liberté passe aussi, de plus en plus, par la langue. Inez ne cache pas son attachement à la darija. Non par stratégie, mais parce qu’elle y trouve quelque chose de plus immédiat lorsqu’il s’agit de faire sortir ce qu’elle ressent. «Si tu me demandes mon avis, je peux mieux exprimer mes émotions quand je chante en darija», confie-t-elle.

Un choix qui n’a rien d’anodin pour une artiste dont le parcours s’est construit entre plusieurs cultures et plusieurs sonorités. Là où cette pluralité pourrait pousser à choisir une direction définitive, Inez semble préférer circuler entre les mondes. Avec, aujourd’hui, une proximité particulière avec cette langue marocaine qui lui permet de dire les choses sans détour.

Le papillon peut alors continuer sa route. Chez Inez, il ne raconte peut-être pas tant une arrivée qu’un passage. Une artiste qui avance à son rythme, attrape les histoires qui l’entourent et les transforme en chansons. Quitte à demander, comme le titre de son morceau, encore un peu de patience.