Culture
Inez Atili : «Je ne force aucune porte et je n’en ferme aucune non plus»
Née entre deux cultures, portée par une voix à la fois intime et envoûtante, l’artiste maroco-néerlandaise s’impose sur la scène pop avec une élégance rare et une authenticité désarmante.
Vous portez en vous le Maroc et les Pays-Bas dans votre voix. Ces deux cultures se sont-elles déjà affrontées frontalement dans votre gorge ?
Pas le moins du monde. Pour moi, c’est une richesse. Ce sont deux univers différents, deux langages distincts, et c’est précisément quand on les réunit que la magie opère. C’est cet entre-deux, cet espace entre deux rives, qui fait toute la beauté de la chose.
Avec vos sœurs Chirin et Nada dans le game, comment évitez-vous que la comparaison ne vienne tout bouffer ?
Nous ne ressentons pas cela entre nous. Bien sûr, il existe toujours le bruit extérieur, mais nous en rions volontiers. On nous dit souvent que nous nous ressemblons beaucoup, particulièrement avec Chirin, au point que l’on nous prend parfois pour des jumelles. Pourtant, nos voix diffèrent sensiblement : la mienne est plus éraillée, plus brisée, tandis que la sienne est d’une douceur presque angélique.
Il y a une élégance retenue dans votre manière de performer. Puissante, jamais ostentatoire…
Honnêtement, je suis simplement très timide et toujours extrêmement nerveuse avant de monter sur scène. Ce n’est pas intentionnel, c’est probablement juste le stress et la timidité que vous percevez.
Mais si cela est perçu comme de l’élégance, je le prends volontiers !
La mode modeste dans l’industrie pop d’aujourd’hui : une contrainte ou un nouveau terrain de jeu ultra-sensuel ?
Bien avant que cela ne devienne une tendance, c’était déjà mon style.
Il suffit de regarder mes premières vidéos. Ça n’a jamais été une contrainte, c’est simplement ainsi que je me sens le plus à l’aise, et c’est de là que naît ma confiance.
Cet album à venir, le voyez-vous comme un chapitre clos ou comme une porte laissée légèrement entrouverte ?
Ni l’un ni l’autre. Je le vois comme un voyage, et je suis simplement en train de le parcourir. Je me dirige vers ce qui m’est destiné. Je ne force aucune porte et je n’en ferme aucune non plus.
Si vous deviez décrire cet album à travers un seul parfum, une seule lumière ou une seule ville, que choisiriez-vous ?
Je choisirais Marrakech pour la ville. On y retrouve tout : la fête et l’élégance, les soirées animées comme les moments de calme, la musique, le chaos, les saveurs et la richesse culturelle, le tout en multiples strates. Pour la lumière, ce serait celle d’un feu tricolore. Quant au parfum, ce serait l’ambre : à la fois calme et puissant, profond et chaleureux, qui s’adoucit délicatement avec le temps.
