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En Couv’. Des start-up prêtes à révolutionner l’éducation

L’EdTech, secteur encore en pleine exploration de son potentiel, connaît une croissance mondiale impressionnante. Au Maroc, des entreprises comme Hopez et SmartProf Business jouent un rôle de premier plan dans cette révolution, malgré des obstacles significatifs.

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S’il existe bien un secteur qui ne mesure pas encore ses potentialités, c’est bien celui de l’EdTech. Le marché mondial de l’éducation connaît une croissance fulgurante. En 2021, sa valeur était estimée à environ 254 milliards de dollars, et les prévisions indiquent qu’elle pourrait atteindre près de 605 milliards de dollars d’ici 2027, avec un taux de croissance annuel composé d’environ 16,5%.

Cette dynamique est largement attribuée à l’essor de l’apprentissage en ligne, une tendance accélérée par la pandémie de Covid-19 qui a précipité la transition vers des solutions éducatives numériques. Des plateformes telles que Coursera, Udemy et Duolingo enregistrent chaque année des millions de nouveaux utilisateurs, tandis que les entreprises investissent massivement dans la formation en ligne pour leurs employés.

En Afrique, son potentiel est immense. Bien que le continent soit confronté à des défis significatifs en matière d’accès à une éducation de qualité, l’EdTech offre de nouvelles perspectives, notamment dans les régions où les infrastructures éducatives traditionnelles sont insuffisantes.

En 2024, l’Afrique représente environ 3% du marché mondial du secteur, mais cette part est en forte progression, avec des estimations indiquant que le marché pourrait dépasser 4,3 milliards de dollars d’ici 2027. Des start-up comme Klassroom (Kenya), ScholarX (Nigéria) et Funzi (Afrique du Sud) se distinguent par leurs solutions adaptées aux réalités locales.

Que ce soit à travers des modules d’apprentissage mobile ou des applications de préparation aux examens, ces entreprises, souvent soutenues par des programmes d’incubation et des fonds internationaux, répondent aux besoins d’une population jeune et dynamique avide d’opportunités d’apprentissage.

De même que son développement en Afrique ne se limite pas à l’enseignement traditionnel. De nombreuses initiatives visent également la formation professionnelle et l’entrepreneuriat. Avec plus de 60% de la population africaine âgée de moins de 25 ans, l’éducation numérique joue un rôle crucial dans l’amélioration des compétences et l’employabilité.

Selon l’Unesco, près de 50 millions d’enfants africains en âge scolaire ne sont pas scolarisés, l’EdTech pourrait être une solution clé pour combler cet écart.

Des pépites marocaines en devenir
Le Maroc n’est pas en reste dans cette dynamique. Des start-up comme Hopez, NowEdge, Sboot et SmartProf Business jouent un rôle crucial dans la modernisation du système éducatif marocain. En intégrant la technologie dans les pratiques éducatives, ces entreprises rendent l’apprentissage plus accessible et efficace.

Par exemple, Hopez a su s’imposer grâce à son application phare TocToc, qui utilise des vidéos courtes et des techniques de gamification pour rendre l’éducation plus engageante. En intégrant l’intelligence artificielle, TocToc personnalise les parcours d’apprentissage selon les besoins individuels des élèves, créant ainsi un environnement stimulant.

La jeune pousse a remporté l’année dernière le prix POSEAM (Prix Orange de l’Entrepreneur Social 2023), mettant en lumière son rôle pionnier dans l’innovation éducative au Maroc. La start-up a lancé une initiative visant à identifier les meilleurs enseignants du pays via une compétition nationale où les élèves votent pour leurs professeurs préférés.

Les gagnants auront la chance d’enseigner en ligne sur la plateforme «La Classe», rendant ainsi l’éducation accessible à tous. Pour sa part, Smartprof Business commence à se faire une place dans l’écosystème. La start-up s’est spécialisée dans la création d’académies digitales pour les entreprises, permettant à celles-ci de gérer des programmes de formation, y compris du contenu interne et des formations sur mesure.

Après près de trois ans d’activité, la start-up a connu une croissance de 300% et a levé 200.000 euros supplémentaires auprès des investisseurs. Elle compte parmi ses clients des références, telles que Bank of Africa, Attijariwafa, L’Oréal et Orange Maroc.

Rivaliser avec la Fintech ou l’Agritech
Cependant, malgré ces opportunités prometteuses, l’écosystème EdTech doit surmonter plusieurs obstacles. Le coût élevé des appareils numériques, les coupures d’électricité fréquentes et les problèmes de connectivité freinent parfois l’adoption généralisée des technologies éducatives.

De plus, la formation des enseignants et l’adaptation des contenus éducatifs aux besoins spécifiques des apprenants africains représentent des enjeux majeurs. Comme le souligne également Mustapha Faiz, co-fondateur de Smartprof Business, «le secteur de l’EdTech peine à rivaliser avec l’attractivité de secteurs comme la Fintech ou l’Agritech. Les entreprises EdTech sont perçues comme ayant une rentabilité plus lente et moins évidente.

Contrairement à la Fintech, qui génère rapidement des revenus via les transactions financières et les services bancaires en ligne, les résultats dans l’EdTech prennent plus de temps à émerger. De plus, l’éducation est un secteur hautement régulé, ce qui freine l’adoption de nouvelles technologies, surtout dans les pays en développement où les systèmes éducatifs sont souvent plus conservateurs».

Néanmoins, avec une augmentation continue des investissements et une prise de conscience croissante de l’importance de l’éducation numérique, les perspectives pour l’EdTech semblent encourageantes. Le secteur bénéficie d’un soutien accru de la part des organisations internationales et des investisseurs privés via des programmes tels que l’initiative “EdTech Hub”, soutenue par la Banque mondiale.

Le défi reste de taille : convaincre les décideurs publics et privés d’investir durablement dans ces solutions pour maximiser leur impact. Pour Yassine Laghzioui, directeur de l’entrepreneuriat et du venturing à l’UM6P et CEO UM6P Ventures, «en tant qu’acteurs de l’écosystème, il nous incombe de jouer un rôle actif pour soutenir l’émergence d’un secteur EdTech performant et durable.

Cela signifie mobiliser les ressources nécessaires pour accompagner ces start-up, mais aussi travailler à faire évoluer les perceptions sur leur capacité à générer des résultats concrets et à transformer durablement le système éducatif».