Sécurité
Chien & policier : Coéquipiers de choc
Immersion au centre névralgique de la Division de la police cynotechnique. Cette entité spécialisée devenue un maillon indispensable du dispositif sécuritaire global de notre pays.
Meilleur ami de l’Homme, le chien, pour le policier, est un véritable coéquipier. Limier hors pair maîtrisant l’art de renifler, combattant courageux et dévoué…, il constitue avec son maître un duo unique rassemblant expertise humaine et capacité animale.
Au Centre de la police cynotechnique à Rabat, des dizaines de chiens policiers suivent leur formation, bien entendu avec leurs maîtres, leurs coéquipières, les cynotechniciens spécialisés de la DGSN. Ensemble, ils passent des heures à s’exercer pour installer un lien fort de confiance et d’osmose.
«La confiance du chien se gagne en prenant soin de lui. Le rendre obéissant passe par plusieurs étapes, dont la première est de comprendre ce qu’il aime et anticiper ses réactions. Quand le chien comprend qu’on prend soin de lui, il se donne au maximum», explique Mohamed Denguir, cynotechnicien spécialisé.
Chiens spécialisés
Une série d’exercices est effectuée dans ce centre quotidiennement pour développer et renforcer cette relation particulière entre les techniciens cynotechniques et les canidés. L’idée est de développer les disciplines de recherche olfactive de ces chiens de différentes races qui peuvent avoir une ou plusieurs spécialités. Il y en a qui sont des pros dans la détection d’explosifs, d’engins pyrotechniques, d’armes à feu ou de munitions.
D’autres, de véritables champions dans la recherche de drogues et de produits stupéfiants. Normal, les canidés peuvent distinguer plus de 500.000 molécules odorantes, soit jusqu’à 125 fois plus que l’Homme. Ils sont ainsi efficaces dans la recherche de drogues, de billets de banque, ou encore la recherche de cadavres et de traces de sang humain, le pistage des traces, la recherche de personnes vivantes sous les décombres.
Aujourd’hui, les éléments de la police cynotechnique sont déployés partout. On les retrouve dans les postes-frontières, dans les services d’ordre et de sécurité des grands événements, dans les unités d’intervention, de recherche et de sauvetage, ainsi que celles d’investigation. Pas moins de 377 chiens d’une dizaine de races veillent chaque jour avec les éléments de la DGSN sur notre sécurité.
Ils sont déployés sur les 22 Brigades cynotechniques régionales couvrant l’ensemble des commandements de police où s’activent 437 cynotechniciens. Parmi eux, on compte une trentaine de femmes. «Je n’ai eu aucun souci à m’intégrer et mes collègues ont toujours été là pour me soutenir», témoigne Amal Machichi, cynotechnicienne spécialisée qui a rejoint cette division en 2023. «Les femmes sont de plus en plus présentes dans ce service. Elles prouvent chaque jour leur compétence et leur capacité à dresser des chiens», ajoute-t-elle.
Métier exigeant
Le métier est loin d’être facile : en plus d’une bonne condition physique, il exige beaucoup de patience et de disponibilité pour créer cette complicité impressionnante avec les partenaires canins. Ces derniers sont des êtres précieux, dont il faut prendre grand soin pour faire perdurer leurs prestations uniques.
C’est ainsi que depuis la restructuration de cette Division en 2016, des moyens considérables lui ont été alloués. Tout a été modernisé et remis au goût du jour pour répondre aux exigences spécifiques du métier.
Exemple avec le matériel roulant dernier cri qui répond aux normes les plus exigeantes en matière de transport des canidés : boxes aérés, spacieux et sécurisés. Autre maillon très important qui intervient dans toute la chaîne cynotechnique : la médecine vétérinaire.
Au niveau de toutes les Brigades régionales, la DGSN a recruté des médecins et a formé des aides-soignants vétérinaires pour garantir les conditions nécessaires requises : un suivi régulier en tenant compte des besoins biologiques et physiologiques des différentes races de chiens y est assuré.
La santé, le bien-être et l’épanouissement des canidés sont des conditions sine qua non pour une performance opérationnelle assurée. C’est ce qui explique le succès de la Division nationale de police cynotechnique, dont le savoir-faire et l’expertise sont désormais reconnus par de nombreux partenaires étrangers.
Le bilan depuis 2017 de la police cynotechnique est impressionnant : des centaines de kilos de drogues, des centaines de milliers de psychotropes et fumigènes et même des armes à feu et des munitions. Certains chiens policiers en service sont d’ailleurs devenus des stars avec leurs records de saisie de fumigènes, d’héroïne ou de cocaïne (voir infographie).
De bons toutous, certes ! Mais chiens méchants quand il faut maintenir l’ordre…



