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Financement : Les levées ont quintuplé en un an

L’écosystème des start-up a connu ces dernières années un développement remarquable, comme l’atteste le montant des financements en 2024, ayant atteint 70 millions de dollars.

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Les start-up au Maroc sont au cœur de profondes transformations. Si le marché est encore loin d’atteindre la maturité qui lui convient, les signaux sont pour autant au vert. En 2024, les levées de fonds par les start-up marocaines ont affiché une forte croissance, pour atteindre 70 millions de dollars contre 13 millions une année auparavant. Elles ont ainsi quintuplé en un an, selon le rapport «Africa : The Big Deal».

C’est une performance pour le moins significative que le pays réalise dans l’écosystème des start-up, parce qu’au niveau du continent africain, c’est une baisse de 7% du montant total des fonds levés qui a été constatée. Si l’on prend juste la zone Afrique du Nord, le recul est de 35% entre 2023 et 2024.

Si cet exploit est rendu possible, c’est notamment grâce aux différentes initiatives d’incubation, d’accompagnement et de financement lancées tant par le secteur public que privé. En effet, tous les projecteurs sont braqués sur les start-up et leur rôle en tant que locomotive de croissance de l’économie et de l’emploi au Maroc.

Le Royaume s’adjuge ainsi la 5e position en Afrique. Sauf qu’il reste loin de rivaliser avec les big four qui continuent de drainer des fonds considérables. Ainsi, le top 4 continental est toujours dominé par le Kenya, qui a mobilisé 638 millions de dollars, le Nigéria avec 410 millions de dollars, l’Égypte, qui a capté 400 millions de dollars, et l’Afrique du Sud, avec pas moins de 394 millions de dollars. À eux seuls, ces quatre pays ont cumulé des levées de l’ordre de 2,2 milliards de dollars, concentrant ainsi 84% du total des financements, que ce soit en fonds propres, en dettes ou en subventions. Il est à noter que ces financements sont destinés essentiellement aux entreprises exerçant dans les secteurs des technologies financières (fintech) et des technologies environnementales (cleantech).

Loin du compte mondial
Sur le plan mondial, le Maroc est encore loin du compte. Il s’adjuge la 92e place sur 100 pays selon le Global Startup Ecosystem Index (GSEI) 2024, publié par le cabinet de recherche Startup Blink, qui mesure les écosystèmes sur la base de trois indicateurs, à savoir le nombre de start-up, leur qualité et leur environnement commercial.

Au niveau arabe, le Maroc est classé 10e. Les trois premières positions reviennent aux Émirats arabes unis, qui se positionnent en 1er place au niveau régional et 23e mondial, à l’Arabie saoudite (65e), et à l’Égypte (66e).
Nul doute alors que le pays affiche des avancées notables tant en matière de création de start-up qu’en termes de montant moyen levé. Les secteurs les plus concernés sont la fintech, l’agritech, la healthtech, l’edtech… où les jeunes Marocains ont mis en lumière leur savoir-faire.

Contraintes rencontrées
Il n’en demeure pas moins que l’écosystème qui gravite autour des start-up n’est pas au complet. Pour commencer, le nombre de start-up recensées au Maroc est méconnu. On parle de quelque 1.500 avec une centaine ayant atteint un stade de maturité. L’on ne sait toutefois pas leur catégorie, le nombre de start-up par secteur d’activité… Cela d’un côté. De l’autre la réglementation reste encore rigide quant à la possibilité des start-up de lever des fonds internationaux. Celles qui l’ont fait se comptent sur le bout des doigts. Il est à signaler également que même une définition propre aux start-up et un statut spécifique aux startuppers n’existent toujours pas. Sans parler d’une fiscalité adaptée, d’incitations à la création ou encore de stimulations, de quelque manière que ce soit, à la création et au développement. S’il est d’autres contraintes, elles sont plus d’ordre macroéconomique, comme la taille du marché domestique, qui reste réduite comparativement aux leaders africains.

Les experts sont unanimes, les start-up marocaines recèlent un potentiel de croissance très important en Afrique et même dans les pays développés. Une fois que les barrières «intra-muros» levées, elles seront libérées de bien des contraintes, ce qui leur permettrait de s’exporter, d’acquérir davantage d’expérience à l’international et même de dépasser le niveau des start-up étrangères. L’éclosion des licornes serait-elle pour bientôt ?