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Entrepreneuriat féminin : Ces dames marocaines de la tech !
Les start-up portées par des femmes illustrent le potentiel remarquable des entrepreneures marocaines à impulser des changements positifs. À l’avant-garde de l’innovation, elles ouvrent la voie à une économie plus inclusive et durable, où la parité reste encore un défi à relever. Aishore, Sand to Green, Cuimer, Intervalia RH…, toutes ces start-up ont un point commun : elles sont fondées ou co-fondées par des femmes.
L’essor de ces start-up illustre non seulement le potentiel des femmes entrepreneures au Maroc, mais également leur capacité à impulser des changements positifs dans des secteurs clés. Que ce soit dans la tech, l’écologie ou les services, elles sont à l’avant-garde d’une nouvelle ère de l’entrepreneuriat, avec un impact significatif sur l’économie et la société marocaines. Prenons l’exemple de Aishore, co-fondée par Malika Ahmidouch et spécialisée dans les solutions d’intelligence artificielle, qui est devenue un partenaire clé pour les entreprises souhaitant naviguer dans le Cloud et l’analyse de données.
Avant de se lancer dans cette aventure en 2023, Ahmidouch a commencé sa carrière aux États-Unis dans une banque d’affaires, avant de revenir au Maroc où elle rejoint le groupe Intelcia pour diriger sa filiale IT Solutions, en contribuant à structurer l’offre technologique de l’entreprise. En 2023, forte de ses succès et de sa connaissance des besoins croissants en matière de gestion de données, elle décide de voler de ses propres ailes et co-fonde Aishore. Aujourd’hui, la start-up est implantée à Dubai aux Émirats arabes unis et compte déjà quelques grandes références dans les secteurs du retail, de la finance, de l’e-commerce ou encore des télécoms.
Pour sa part, Salma Kabbaj, co-fondatrice et DG d’Impact Lab, un accélérateur africain d’innovation créé en 2015, milite depuis quelques années pour le renforcement de l’écosystème des start-up africaines et soutenir l’émergence de solutions novatrices face aux défis socioéconomiques du continent. Son engagement pour le développement des entreprises innovantes l’amène à s’impliquer au sein de la Fédération marocaine de l’écosystème start-up MSEC, en tant que membre fondateur, ainsi qu’à occuper le poste de vice-présidente de la Commission start-up et transformation digitale de la CGEM.
Autre exemple, celui de Wissal Ben Moussa, la co-fondatrice de Sand to Green, une start-up spécialisée dans l’agroforesterie. Elle se concentre sur la transformation des terres arides en espaces agricoles durables, s’inscrivant dans une démarche écologique essentielle pour le développement du pays. Diplômée en ingénierie de l’industrie agronomique de l’IAV Hassan II de Rabat, Wissal a développé très tôt une sensibilité pour les enjeux environnementaux. En 2012, elle décroche un master en management de l’innovation à AgroParisTech et débute sa carrière dans une multinationale de l’agroalimentaire. Confrontée aux limites écologiques de ce secteur, elle choisit de réorienter son parcours. Son retour au Maroc marque le début de son aventure entrepreneuriale, avec la volonté de concilier ses convictions écologiques et une vision durable de l’agriculture.
Bref, les exemples ne manquent pas pour illustrer l’impact croissant des femmes dans l’entrepreneuriat marocain. Que ce soit à travers l’innovation technologique, la transformation écologique ou le soutien aux écosystèmes start-up, ces entrepreneures démontrent qu’elles sont des actrices incontournables du changement et elles ouvrent la voie à une nouvelle génération de femmes leaders, prêtes à relever les défis de demain tout en contribuant au développement durable et inclusif du Maroc.
Une parité encore en construction
Malgré quelques avancées notables, la parité dans l’entrepreneuriat, notamment dans le secteur technologique, reste un objectif encore lointain. En pleine expansion depuis plusieurs décennies, l’industrie de la tech souffre toujours d’une représentation féminine insuffisante, notamment aux postes de direction. Globalement, seulement 25 % des emplois dans la tech sont occupés par des femmes, un chiffre nettement en dessous de leur présence dans la population active mondiale. Aux États-Unis, ce pourcentage atteint à peine 28%, un chiffre qui se reflète en Europe, bien que les disparités existent selon les sous-secteurs, comme l’intelligence artificielle ou la cybersécurité.
La situation est encore plus préoccupante en matière de leadership. Selon une étude de McKinsey, seuls 15 % des cadres dirigeants dans les entreprises technologiques sont des femmes, un chiffre qui tombe à 5 % pour les CEO des grandes entreprises cotées. En 2023, seulement 10 % des CEO des 500 plus grandes entreprises américaines sont des femmes, une proportion encore plus faible dans la tech.
Plusieurs facteurs contribuent à ce déséquilibre. Le fossé s’installe dès les études supérieures : les filières STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) restent dominées par les hommes. En 2022, les femmes ne représentaient que 35 % des diplômés en STEM dans le monde. Une fois sur le marché du travail, elles font face à des stéréotypes de genre, à des environnements de travail peu inclusifs et à des écarts de salaires persistants.
Le fameux «plafond de verre» est particulièrement palpable dans la tech. Même lorsqu’elles atteignent des postes intermédiaires, les femmes peinent à accéder aux niveaux de décision les plus élevés. Les réseaux informels de mentorat, souvent dominés par des hommes, constituent un frein supplémentaire à leur progression. Au Maroc, la situation est similaire. Bien que des initiatives existent pour encourager l’accès des femmes aux filières STEM, elles restent sous-représentées dans les secteurs de pointe. Moins de 30 % des étudiants en ingénierie et en informatique dans les grandes écoles marocaines sont des femmes. Une fois sur le marché du travail, elles continuent de se heurter aux mêmes obstacles : stéréotypes, difficultés à concilier carrière et vie familiale, freinant ainsi leurs ambitions professionnelles.
Des initiatives pour briser le plafond de verre
Au Maroc, plusieurs initiatives visent à renforcer la présence féminine dans le secteur technologique. Parmi celles-ci, Women in Tech Maroc se distingue par son engagement à promouvoir les carrières féminines dans les domaines de la technologie et du digital. Ce réseau propose des programmes de mentorat, des formations et des événements pour créer des opportunités pour les femmes marocaines dans la tech. Il s’efforce également de connecter les étudiantes, professionnelles et entrepreneures, avec des acteurs locaux pour encourager une plus grande représentation féminine dans ce secteur.
Une autre initiative notable est WoGiTech (Women & Girls in Tech), qui cherche à améliorer la diversité dans la tech en organisant des événements et en offrant des plateformes de visibilité aux jeunes innovatrices marocaines. En participant à des rencontres internationales comme VivaTech, ce collectif contribue à l’émancipation numérique des jeunes filles au Maroc. Ces actions s’inscrivent dans un contexte plus global où la diversité et l’inclusion sont des enjeux centraux, notamment soutenus par de grands groupes internationaux, tels que Google et Microsoft, qui étendent leur impact à travers des partenariats locaux pour encourager les femmes dans les carrières technologiques.
