Territoires
Tourisme, autoroutes, connectivité… Casablanca se met à la page
Pour accompagner l’essor de la métropole et de sa région et améliorer son attractivité, les secteurs du tourisme, des autoroutes et de la connectivité connaissent des transformations majeures. Le point.
Casablanca accueillera le monde lors du Mondial 2030, ce qui constitue à la fois un challenge de taille et une opportunité exceptionnelle pour les opérateurs touristiques de la région. Ils pourront se tester dans quelques semaines, avec le démarrage de la Coupe d’Afrique des nations.
Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), se félicite des efforts déployés pour faire en sorte que Casablanca soit plus agréable à vivre pour ses citoyens. «Pour notre industrie, c’est un élément très important. Pour qu’une ville attire les voyageurs internationaux, il faut d’abord qu’elle s’occupe bien de ses propres habitants», a-t-il affirmé.
Le responsable fait état d’importants investissements dans les capacités d’accueil au niveau des hôtels de la métropole. «De nouveaux établissements prestigieux s’installent à Casablanca. Toutes les grandes marques internationales y sont aujourd’hui installées ou veulent y développer plus de capacités. Casablanca, on ne s’en rend pas forcément compte, est une marque extraordinaire pour conquérir le monde», a-t-il indiqué.
Pour lui, les efforts doivent désormais se concentrer sur la qualité du service: «Le travail qui est fait sur le hard est remarquable. Là où l’on doit collectivement travailler un peu plus c’est sur le soft. En tant que professionnels du tourisme, nous travaillons sur le programme Dyafa 2030. Nous sillonnons les écoles, les établissements, pour former et sensibiliser sur l’importance du service.
Il faut que Casablanca atteigne l’excellence dans l’hospitalité». Des efforts doivent également être faits sur le volet communication. «Il y a un effort à faire collectivement sur la communication autour de Casablanca. Nous produisons très peu de contenus en anglais, très peu de contenus pour la clientèle chinoise par exemple».
Un des principaux challenges à relever réside dans l’amélioration du taux d’occupation des hôtels casablancais. «Le taux d’occupation de Casablanca est inférieur à 60%, contre plus de 70% à Marrakech et Agadir. Un taux qu’il est impératif de relever pour rendre la ville encore plus attractive pour les investisseurs», a souligné le président du CNT.
Il préconise pour cela plusieurs solutions : «Des projets comme le palais des congrès, qui devient plus qu’indispensable à concrétiser, ou une arena pour l’accueil de grands événements culturels, seraient pour la métropole de véritables atouts. Une autre proposition est d’ouvrir l’aéroport de Casablanca au low-cost.
C’est un point clé qui pourrait nous faire gagner 10 à 15 points de taux d’occupation et de rentabilité pour les investisseurs. Je propose aussi d’abolir les contraintes en termes de hauteur des hôtels. Si on continue à avoir des contraintes en nombre d’étages, l’investisseur qui pourrait créer 200 emplois n’en créera que 80. C’est un sujet de réglementation».
Autoroutes : Les entrées de Casa fluidifiées
Le réseau autoroutier au niveau de la région connaît lui aussi d’importants changements, sous l’impulsion de la Société des autoroutes du Maroc, avec la réalisation de plusieurs projets structurants.
«Nous avons démarré assez tôt par le renforcement des capacités des autoroutes en service, notamment le triplement en 2024 de l’autoroute Mohammédia-Berrechid sur près de 60 km», a indiqué Mohamad Chouh, directeur expertise et innovation à Autoroutes du Maroc. En plus de ces projets, d’autres viennent d’être inaugurés ou sont sur le point de l’être.
L’autoroute Tit Mellil-Berrechid, d’une longueur de 30 km, a été lancée le 18 novembre, à l’occasion de la Fête de l’Indépendance. Au niveau des entrées stratégiques de la métropole, le nœud de Sidi Maârouf a été mis en service le même jour. «Ce nœud est névralgique. Il enregistre un trafic de 140.000 véhicules par jour.
Il a été élaboré selon une conception innovante sur 3 niveaux, combinant deux types d’échangeurs, le “trèfle” et la “turbine”, une première au Maroc ! L’objectif est de séparer les flux et éliminer l’entrecroisement qui posait beaucoup de problèmes de sécurité et de ralentissement du trafic», a détaillé le responsable.
Le nœud de Aïn Harrouda a été réaménagé selon la même logique. Ce projet comprend la réalisation de 12 ouvrages d’art et des trémies. Il sera mis en service d’ici la fin du mois de novembre.
ADM est, par ailleurs, fortement engagé pour contribuer à l’atteinte du Maroc de ces objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sachant que le transport routier est l’un des secteurs qui émettent le plus de carbone.
«Nous sommes en train d’étudier une stratégie pour le déploiement d’un réseau de bornes de recharge électrique pour accompagner l’essor de ces véhicules. Nous réfléchissons à un modèle économique viable pour l’installation de ces bornes sur les autoroutes. L’idée est d’installer une station chaque 80 km au niveau du réseau autoroutier».
Le responsable a également mis en avant le caractère stratégique de la future autoroute Casa-Rabat continentale, longue de 60 km, qui sera livrée en 2028.
Connectivité : La 5G est là…
Les opérateurs télécoms jouent également leur partition dans cette transformation. Le déploiement récent et progressif de la 5G constitue de ce point de vue une avancée majeure pour la connectivité de la ville blanche.
Les opérateurs redoublent d’efforts pour offrir une expérience client aux meilleurs standards. «Nous devons être irréprochables à l’approche de ces grands événements mondiaux, parce que nous allons être comparés à ce qui s’est fait avant. Nous en sommes très conscients. Et je peux vous dire qu’on sera au rendez-vous», a indiqué Mohamed Benali, Chief Technology & Information Officer chez Orange Maroc.
Il met en avant l’expérience du groupe Orange qui a travaillé récemment sur des événements d’une ampleur aussi importante. Au niveau local, a-t-il ajouté, Orange Maroc investit en continu depuis 25 ans sur le marché marocain pour construire des infrastructures à la fois solides et évolutives, «qui permettront de faire de Casablanca une vitrine connectée et intelligente».
Le déploiement de la 5G s’inscrit, en outre, dans la continuité d’autres nouveautés comme la fibre optique. «La fibre devient aujourd’hui un produit accessible à tous les Casablancais. Orange Maroc y a beaucoup contribué, puisque nous couvrons de 55 à 60% des ménages sur Casablanca en fibre optique. La 5G vient renforcer cette dynamique d’innovation. Et ce n’est que le début…», a-t-il estimé.
La question de la production de contenus est un sujet majeur : 99% des contenus consommés au Maroc viennent de l’étranger. «Pour attirer ces gros producteurs de contenus, nous devons avoir les ingrédients de cette attractivité. Nous en avons déjà comme la position géographique qui nous rend incontournables», soutient Benali.
«Nous avons aussi besoin d’une connectivité au monde, qui est en train d’être renforcée avec des projets très emblématiques de connexion via des câbles sous-marins. D’ailleurs, Orange Maroc va inaugurer au début de l’année prochaine un nouveau câble sous-marin qui relie Nador à Marseille. Nous avons aussi besoin d’investissements dans le cloud. Nous sommes très heureux d’être le premier acteur marocain à avoir signé avec Amazon l’année dernière. Nous allons continuer ce développement, en tra-vaillant avec l’ensemble de l’écosystème pour attirer ces acteurs», a-t-il conclu.
