Territoires
Guelmim-Oued Noun : Énergies propres, économie bleue, agriculture durable, écotourisme …
La région veut tirer pleinement profit de ses multiples atouts. Pour commencer, elle entend
déjà se positionner comme pôle national pour les énergies propres. Après l’électricité solaire et éolienne, place à l’hydrogène vert.
La vision stratégique 2035 de la région Guelmim-Oued Noun table sur un développement holistique, intégrant infrastructures, éducation, santé, en mettant un accent particulier sur la transition énergétique.
Les trois premières composantes étant présentes dans le modèle de développement des trois régions du Sud. La particularité de Guelmim-Oued Noun c’est qu’elle intègre également depuis quelques années une composante énergie.
D’abord, ce fut le projet pharaonique Xlinks, qui a en quelque sorte mis la région sous les projecteurs et donc sur les radars des grands opérateurs internationaux dans le domaine des énergies vertes.
Le projet, initié en 2018, a pour objectif de produire 11,5 GW d’énergie renouvelable, mettre en place une infrastructure de stockage sur batteries de 22,5 GWh et un câble interconnecteur à courant continu de haute tension de 3,6 GW pour transporter l’électricité solaire et éolienne du Maroc vers le Royaume-Uni.
Une fois réalisé, ce projet permettra d’alimenter 7 millions de foyers britanniques en électricité propre. Bref, les détails du projet sont connus de tous. C’est également dans cette région, à Chbika, que l’énergéticien français TotalEnergies va développer le tout premier projet de production de l’hydrogène vert dans le cadre de l’Offre Maroc.
Guelmim, qui n’était qu’une jonction et un pont entre le nord et le sud du Royaume – la porte du Sahara – est aujourd’hui en passe de devenir une locomotive de l’industrie des énergies propres du Maroc. Là encore, nous parlons d’un projet intégré dont la première phase vient d’être entamée avec la signature du contrat préliminaire avec l’État.
L’intérêt de ce projet est qu’il est d’abord mené par un consortium franco-danois. Les Danois ont, en effet, une longueur d’avance sur le reste des pays européens dans le domaine. Ensuite, l’implication effective de A.P. Moller Capital est un gestionnaire de fonds d’infrastructure qui investit justement dans les infrastructures critiques et dont le rôle sera de construire le port énergétique adossé à ce projet pour l’export vers l’Europe.
Promouvoir l’économie bleue
En gros, l’électricité renouvelable sera utilisée pour extraire l’hydrogène de l’eau de mer dessalée, puis le transformer en ammoniac vert. «Ce projet constituera la première phase d’un programme de développement visant à créer un centre de production d’hydrogène vert à l’échelle mondiale», a notamment précisé, à l’occasion, le top management de TotalEnergies.
C’est le début d’un avenir énergétique et radieux de la région Guelmim-Oued Noun. Sans attendre les autres annonces d’installation qui vont sans doute suivre, la région et l’État, à travers l’Agence nationale des ports, sont déjà à l’œuvre pour préparer le terrain. Lundi 4 novembre, dans la commune d’El Ouateya, une localité dont on va beaucoup entendre parler à l’avenir, ont été lancés les travaux de réhabilitation du port de Tan-Tan.
Ce chantier de 128 millions de dirhams porte notamment sur la réhabilitation du réseau d’assainissement, du réseau électrique et des routes, ainsi que la réalisation de l’usine de dessalement des eaux saumâtres (extensible aux eaux de mer) et d’une station de production de l’énergie solaire.
Le port de Tan-Tan est, en effet, désigné pour accompagner le développement de la filière. Et ce projet de réhabilitation du port a justement pour objectif de répondre aux besoins des projets d’investissement pour la production d’hydrogène vert et de ses produits dérivés, dans la région de Guelmim-Oued Noun dans un premier temps et les autres régions par la suite.
Autant dire que la région est déjà parée pour son décollage économique.
Jusque-là, et malgré ses atouts économiques, la région de Guelmim-Oued Noun ne contribue qu’à hauteur de 1,5% au PIB national, selon les comptes régionaux du HCP au titre de l’année 2022. La donne va bientôt changer.
Cela d’autant qu’en plus de son potentiel énergétique, la région ne tardera pas à développer son agriculture à forte valeur ajoutée. La construction du barrage Fask, le plus grand des provinces du Sud, achevé il y a une année et qui est déjà à 13% de taux de remplissage, devrait permettre d’irriguer un périmètre pouvant aller jusqu’à 20.000 hectares.
Les projets du barrage de Fask et de la voie express Tiznit-Dakhla, qui traverse la région sur un linéaire de 220 kilomètres et dont l’ouverture à la circulation est imminente, sont parmi les chantiers stratégiques qui font partie du programme de développement intégré des régions du Sud.
La région voit grand. Non seulement elle veut se positionner comme un pôle national pour les énergies propres, mais elle entend aussi promouvoir l’économie bleue en développant des activités liées aux ressources maritimes et côtières, et devenir aussi une destination pour le tourisme durable.
Objectif, tripler le PIB d’ici dix ans
Avec une enveloppe totale de 11,9 milliards de dirhams et une participation de la région de 4 MMDH, le Programme de développement régional (PDR) se consolide en 28 projets, 50 programmes et 18 mécanismes d’appui dans les secteurs de l’économie bleue, de l’agriculture durable, de l’écotourisme, de l’éducation et de la santé, entre autres.
Parmi les projets phares, l’on relève des programmes d’urgence pour la mise à niveau urbaine des 4 provinces, un programme de renforcement du réseau routier, le développement de 7 zones d’activités économiques, la création d’un pôle de compétitivité ESS, la mise en place d’un pôle universitaire autour du CHU et du CMC et la création de la «GON H2 Valley».
La vision portée par le PDR répond à des orientations ambitieuses en termes de création de valeur ajoutée, avec un objectif de 50.000 emplois créés à horizon 2035 et un PIB régional multiplié par trois.

