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Gidna : Un constructeur multimétier qui monte en puissance

Longtemps restée discrète, Gidna a construit en deux décennies un modèle multimétier, revendiquant aujourd’hui plus de 100 projets livrés. Portée par une forte accélération depuis 2022, l’entreprise change d’échelle et prépare un nouveau cycle de croissance à l’horizon 2030.

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Le marché des neuf gares du futur RER de Casablanca vient braquer les projecteurs sur un acteur encore relativement discret du BTP : GIDNA (Global Infrastructure Development North Africa), qui a remporté les travaux en deux lots, pour un montant global de 470 MDH.

Positionnée sur les travaux tous corps d’état (TCE), dès la première occurrence, de la conception à l’exécution et jusqu’à la livraison finale, Gidna intervient aujourd’hui sur plusieurs segments, dont l’industrie et la logistique, le résidentiel, le tertiaire, l’hôtellerie, la santé, l’éducation, les data centers ou encore la voirie et réseaux divers (VRD).

Cette diversification s’est construite par étape. À ses débuts en 2006, l’entreprise profite de l’essor des télécoms pour asseoir son activité avant d’intégrer, deux ans plus tard, les infrastructures et le génie civil. En 2010, elle décroche son premier marché résidentiel avec la Somed et Alliance, d’un montant de 10 MDH. Deux ans plus tard, un contrat de 100 MDH avec Saham marque un premier changement d’échelle.

Entre 2013 et 2019, la priorité est toutefois donnée moins à la course aux volumes qu’à la consolidation. Zaid Lahbabi, directeur général de Gidna, décrit cette séquence comme une période de «stabilisation et qualité», consacrée notamment à la structuration interne, à l’amélioration de l’image de marque, à la qualité des réalisations et à la maîtrise de la trésorerie.

En 2019, l’entreprise franchit une nouvelle étape en entrant dans l’écosystème OCP/SADV à travers le projet CCI (Centre de compétences industrielles). Les années 2020 et 2021 mettent ensuite le modèle à l’épreuve.

Avec la pandémie du Covid-19, la société privilégie une stratégie de stabilité et de préservation de l’activité. L’année suivante apporte une autre difficulté liée à l’envolée des prix des matières premières, dans un contexte de budgets plus contraints, que la société a pu surmonter, sans pour autant aggraver son endettement.

2022, changement de dimension
Le véritable changement de dimension intervient à partir de 2022. Jusqu’en 2024, le groupe multiplie les références auprès de grands donneurs d’ordre : UM6P, Tanger Med, BLS Tit Mellil, Sohaus, Gardenia, OCP, Marjane ou encore Colorado.

Il intervient également sur des data centers pour le compte d’Orange et inwi, ainsi que sur différents projets dans l’hôtellerie, l’enseignement et l’immobilier.

Cette montée en puissance s’accompagne de marchés de taille croissante. Parmi les grands projets réalisés, un projet résidentiel avec Sohaus, la résidence universitaire 1337 de l’OCP à Khouribga, ou encore le Royal Mansour de Rabat.

Désormais, le portefeuille est relativement diversifié. L’industrie et la logistique représentent 40% de l’activité, devant le résidentiel, qui en concentre 30%. Le tertiaire pèse 20% et les VRD 10%.

Cette croissance s’est également traduite par une extension de l’empreinte géographique de l’entreprise. Gidna revendique des réalisations à travers tout le Royaume, du nord au sud, ainsi que dans les régions du centre et de l’Oriental.

Son activité reste néanmoins fortement concentrée à Casablanca, qui génère 80% du chiffre d’affaires. Tanger en représente 10%, le solde étant réparti entre les autres villes. Au total, Gidna affiche plus de 100 projets livrés, couvrant une superficie cumulée de 450.000 m², et revendique la maîtrise de plus de 30 métiers.

Le carnet de commandes continue parallèlement de s’étoffer. Parmi les opérations en cours figurent notamment la poursuite de la construction, avec Tanger Med, d’un parking de six étages développant une superficie globale de 75.000 m², ainsi qu’un réservoir de stockage d’acide phosphorique pour Imacid, consortium maroco-indien.

L’entreprise travaille également sur une plateforme de paille à Settat avec le groupe coréen Seoil et sur les gros œuvres du projet immobilier Elie Saab à Casablanca.

Des revenus en hausse de 30%
Cette montée en puissance opérationnelle se retrouve dans les comptes. En 2025, Gidna a réalisé un chiffre d’affaires de 781,5 MDH, en progression de 30%.

Depuis 2023, son chiffre d’affaires affiche un taux de croissance annuel moyen de 55,5%. La progression est encore plus marquée au niveau des résultats. L’Ebitda atteint 97,5MDH en 2025, représentant une marge de 12,5% du chiffre d’affaires. Son taux de croissance annuel moyen ressort à 138%.

Le résultat net s’élève, lui, à 46 MDH, en hausse de 48,3%, pour un TCAM de 126%. La marge nette atteint ainsi 5,9%, contre 2,9% deux ans auparavant, soit 3 points de plus en deux ans.

Cette dynamique de croissance s’accompagne naturellement d’un renforcement des besoins en financement et des capacités opérationnelles du groupe, dans le but de soutenir durablement son développement sur l’ensemble de ses marchés.

L’entrée d’un fonds pour 300 MDH
C’est précisément à cet enjeu que répond sa nouvelle feuille de route. Une première étape a été franchie en 2025 avec l’ouverture du capital à H&S, qui en détient désormais 39%.

«L’entreprise prépare à présent l’entrée d’un nouveau fonds d’investissement, pour un montant annoncé de 300 MDH. L’objectif est d’accompagner le développement du groupe jusqu’en 2030 et de renforcer les moyens financiers nécessaires à la poursuite de sa trajectoire de croissance», explique Lahbabi.

À cet horizon, la société affiche une autre ambition : une introduction en Bourse.

Gidna ambitionne ainsi de consolider sa position parmi les acteurs de référence du BTP au Maroc. Le groupe prévoit de renforcer sa présence dans les infrastructures, les ouvrages d’art et les marchés publics, tout en poursuivant son développement dans les secteurs industriels, logistiques et tertiaires à forte valeur ajoutée.

La société entend notamment renforcer son exposition aux marchés publics, dont la part devrait atteindre 27% de son activité à l’horizon 2030. À l’inverse, le poids du résidentiel devrait être ramené à 10%.


Gidna investit dans son capital humain
La main-d’œuvre continue de représenter une contrainte pour les professionnels du BTP et Gidna ne déroge pas à ce constat. Pour fidéliser ses 3.200 collaborateurs et assurer une structuration interne, la société mise sur la montée en compétences de ses équipes à travers Gidna Campus, son académie d’entreprise.

Le dispositif s’inscrit au cœur de sa stratégie RH et vise à accompagner aussi bien le développement des compétences techniques que managériales et transversales.

Des programmes spécifiques sont notamment destinés aux chefs d’équipe et chefs de chantier, avec un accent mis sur le leadership, la transmission des savoir-faire, la sécurité, la qualité et l’efficacité opérationnelle. L’académie a également vocation à préparer les ouvriers à évoluer vers des fonctions de chefs d’équipe.